Dorian Craft, la tech house made in Cannes

Dorian Craft est un jeune DJ prometteur de 25 ans. Cannois depuis toujours, il vit aujourd’hui à Paris et mixe dans plusieurs clubs étrangers. Dorian Craft a posé ses doigts sur bon nombre de platines des Alpes-Maritimes. De Juan-les-Pins à Paris, ce parcours lui vaut une notoriété grandissante dans le milieu de la tech house. Il est actuellement DJ résident au Matignon, un club de renom à Paris, et ET sort son nouvel EP sur 303 Lovers, (label de Manuel de la Mare et Alex Kenji), disponible sur Beatport. D’accord, mais qu’est-il davantage ? Rencontre.
Efflorescence Culturelle : Peux-tu résumer ton parcours, tes débuts, du Village à Juan-Les-Pins au Matignon à Paris ?

Dorian Craft : J’ai commencé le mix à l’âge de 16 ans, en 2006. Cela s’est fait tout seul, à la suite de la rencontre d’un collègue à l’internat du lycée hôtelier Paul Augier à Nice. Il m’a donné les bases du mix et m’a emmené avec lui, dans les quelques soirées où il officiait. Je faisais ses warm up (premières parties). J’ai ensuite travaillé ma technique, seul devant mes platines pendant des heures. J’ai énormément galéré au début, et même pensé arrêter car il m’était difficile de trouver des endroits dans lesquels mixer. En 2008, j’ai eu ma première résidence, à l’Imperia à Juan-les-Pins. C’était le before officiel du Milk. J’ai pu y apprendre à gérer tout seul un public, et j’y ai gagné mes premiers euros en tant que DJ. J’ai continué à jouer dans les alentours pour des événements privés, quelques soirées, notamment au Village et au Milk (Juan-les-Pins), jusqu’à rejoindre le collectif des plages électroniques en 2010. J’y ai rencontré David Bartoli, le créateur du festival, avec qui j’ai collaboré pendant 3 ans, et notamment pour le Palais club en 2011.

Faire de la musique, est-ce que c’est une affaire de chance ou d’opportunités à saisir ?

J’ai eu beaucoup de chance. J’ai également pu jouer aux Plages Electro en 2012, et je pense que ma « carrière » a vraiment débuté à ce moment. En parallèle, je passais du temps chez moi à travailler sur la production, la MAO (Musique Assistée par Ordinateur) et c’est en 2012 que j’ai sorti mes premiers sons. Dès lors, tout s’est enchaîné, j’ai pris la résidence du Babylon, avec de belles collaborations pendant le Festival de Cannes, et étoffé mon carnet d’adresses. J’ai continué à sortir mes productions tech house sur de petits labels, jusqu’à être playlisté par les pointures tel que Richie Hawtin (sur une collaboration avec mon ami Maxim Kurtys), ou Mark KnightRogers Sanchez… En 2014, j’ai pris la décision de m’installer sur Paris car j’ai eu des opportunités, puis j’ai pris la résidence du Matignon… et depuis, le travail ne manque pas !

Pourquoi ce choix de produire et de mixer uniquement de la tech house ?

Il faut savoir qu’il y a au moins deux catégories de DJ. Celui renommé pour son style, sa technique et ses productions. Ce DJ-là ne joue que son style de musique car il a une renommée qui déplace un public qui le suit pour cela, et qui n’attend que sa musique: c’est le DJ « star ». Puis il y a celui qui fait un travail disons « alimentaire », qui est généralement résident et qui est un employé. Comme tout employé, il répond aux demandes de son manager, et généralement le but est de satisfaire tout le monde, dans tous les styles car les gens viennent pour l’endroit, et non pour le DJ.

Ton style va-t-il être amené à changer dans les prochaines années ?

Pour l’instant, j’appartiens à cette 2e catégorie de DJ, et non je ne mixe pas uniquement de la tech house. Je dois jouer open format, tout en essayant de garder au maximum mon identité. Pour cela, je crée mes propres Edit de sons commerciaux, que je mixe avec des sons tech house moins connus, afin de « faire passer la pilule » de la tech house aux gens. Généralement ça marche plutôt bien. J’adore jouer de la tech house, en effet, mais j’aime bien aussi ajouter un peu de douceur dans mes sets et pourquoi pas ajouter, des sons mélodiques, planants avec des pianos qui prennent au cœur. Mon style évolue, car quand j’ai commencé, j’aimais tout ce qui était progressive house, puis j’ai découvert Erick Morillo, puis Marco Carola… donc oui, mon style évolue au fil du temps. J’écoute de tout et ne suis absolument pas fermé.

dorian craft
La pochette du dernier EP de Dorian Craft, Thug Life EP, disponible dès maintenant sur Beatport.
Tu vis dans les Alpes-Maritimes depuis ton plus jeune âge. Le département a-t-il une grosse scène dédiée à la musique électronique ?

Je trouve que le département du 06 est en effet un département qui bouge en matière de musique électronique. Bien que la tendance soit « commerciale », on voit des collectifs qui tirent leur épingle du jeu, comme Limelight qui attirent énormément de locaux à leur soirées, puis au Bal des Fous au Palm Beach. Je trouve ça génial. En fait, il y en a pour tous les goûts, avec le Bâoli, qui cible une clientèle VIP, les festivals (Plages Electro, Crossover) qui attirent un public plus large et pour toutes les bourses, et dont les chiffres de fréquentation sont excellents. Après, la Côte d’Azur est une gigantesque station balnéaire qui fonctionne surtout en saison estivale. La période hivernale est donc un peu plus calme en termes d’événements. Il faut se rappeler que Cannes a mis la barre très haut dans les années 2008-2011, avec des line up dignes des plus grands clubs au monde, au Palais.

Peux-tu nous donner des noms ?

En terme de DJ’s producteurs locaux, vous avez sûrement entendu parler de The Avener (qui était aussi un DJ résident au début), de Feder et peut être de Nicolas Masseyeff, qui sont des producteurs reconnus… Puis beaucoup de DJ’s du coin se sont expatriés, comme mon collègue Nico de Andrea, résident avec moi au Matignon, Baptiste Caffrey, résident du Queen à Paris, Sacha Muki et Tito, résident à Londres…

Quelles relations entretiens-tu avec les autres DJ’s-producteurs du coin ? Le fait de venir du même département, de la même ville, ça doit forcément créer des liens.

Les relations sont très bonnes entre collègues. J’ai même un Dropbox commun avec certains, je pense que nos ordinateurs sont identiques à 80 %… On s’échange nos musiques, et même nos plans… Quand un collègue ne peut pas jouer sur une date, on envoie les potes !

Quels sont tes projets pour les mois à venir ? Envisages-tu de partir de la région définitivement ?

J’ai pour ambition de devenir un DJ de la catégorie 1, que je vous ai énoncée plus haut. Pour cela, je travaille la production à fond, 5 jours par semaine, au moins 6h. J’ai de très beaux projets sur le feu, qui vont arriver pour début 2016. Je reviens toujours sur Cannes, quelques jours pour voir les potes et la famille, mais je pense que je n’y resterai pas pour travailler. Je vais continuer de voyager pour l’année 2016 vers Dubai, Stockholm et le US… The best is yet to come !

Propos recueillis par Tom Ferrero

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