the walk joseph gordon levitt

The Walk, le faux-pas

Robert Zemeckis, le papa de Retour vers le Futur, le créateur du classique Forrest Gump, est de retour. Mais devant ce biopic du funambule Philippe Petit, on tombe vite de haut.

The Walk
Même Joseph Gordon-Levitt est pris de vertiges.

Philippe Petit n’a qu’une passion dans la vie : marcher sur un fil. Entre deux arbres, puis entre les deux clochers de Notre-Dame, il veut aller toujours plus haut. Lorsqu’il découvre les Tours Jumelles de New-York, il aperçoit son nouveau rêve : franchir l’espace entre les deux gratte-ciel sur son fil. Pour cela, il monte un plan digne d’Ocean’s Eleven qui n’est pas sans danger…

Sois beau, et tais-toi

En regardant une première fois la bande-annonce, on ne peut qu’être estomaqué. L’acteur Joseph-Gordon-Levitt, au sommet du monde moderne, allongé sur un fil à des centaines de mètres du sol. Pas besoin de savoir l’histoire pour avoir envie de foncer dans les salles de cinéma : la prouesse technique (en 3D pour les plus téméraires) suffit à appâter le spectateur. Avant les crédits, on s’imagine vivre une expérience à la Avatar ou Gravity, avec une utilisation de la 3D qui va révolutionner le genre. Malheureusement, si le visuel donne effectivement le vertige, le scénario ne vole pas haut.

Du focus jusqu’à l’overdose

Philippe Petit est un personnage détestable. Mégalomane, égocentrique, « drama-king »… Robert Zemeckis fournit un portrait peu avantageux, qu’il semble appuyer par une réalisation (trop) centrée sur son personnage principal. Les rôles secondaires sont à peines approfondis, superficiels. Impossible de s’y attacher et de comprendre leurs motivations. Mais le plus gros hic, c’est que ce focus sur Philippe Petit semble extrêmement injustifié. Chaque scène est entre-coupée d’un face-caméra du héros en haut de la statue de la Liberté (Ne nous demandez pas pourquoi) où il explique exactement tout ce qui se passe dans la séquence. On a l’impression de regarder le film avec notre tante un peu trop bavarde qui tient à commenter chaque passage et à les analyser en temps réel. En plus d’être agaçant, ce choix casse le rythme de l’intrigue et nous fait une overdose d’un personnage déjà peu sympathique.

The walk Vous avez dit too much ?

L’intrigue, quant à elle, tire beaucoup trop sur le fil. Prendre deux heures pour raconter cette anecdote, certes impressionnante, est beaucoup trop. Surtout lorsque la séquence où Philippe marche dans le vide dure déjà 25 minutes. Le reste se donne des airs de films de gangster, avec l’élaboration d’un plan pour s’introduire dans les tours. Du déjà-vu, avec en plus certaines incohérences dans les péripéties. Ce côté « too-much » se retrouve aussi dans le jeu des acteurs, que l’on ne comprend pas. Joseph Gordon-Levitt, acteur de grand talent, sur-joue. Trop expressif, trop grandiloquent, il contribue à rendre le personnage antipathique et exaspérant. Dans les seconds rôles invisibles, on retrouve une Charlotte Le Bon sobre et efficace, mais qui n’a pas la place pour montrer ce dont elle est capable. Déception aussi du côté de Ben Kingsley, qui se voit attribué un rôle de « maître sage » de funambulisme à la Karaté Kid qui commence à lasser.

En résumé, The Walk est une très grande déception, qui malgré un visuel réussi, ne nous envoie pas au septième ciel.

Une réflexion sur « The Walk, le faux-pas »

  1. Hello Louise,

    Je me suis sentie un peu seule après cette terrible déception alors que le film à été plutôt bien accueilli par la critique et je te remercie pour ton article.

    Je partage totalement ton opinion et me suis également demandée si ce portrait peu reluisant de Philippe Petit n’était pas voulu.

    Ce film est agaçant et ennuyant à souhait !

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