The Drums révélés par Les Vieilles Charrues

Pas vraiment nouveaux, pas tout à fait célèbres en France et pas moins inconnus, The Drums, un groupe américain de rock, déversait son coulis pop sur la scène Grall aux Charrues, sous la pluie de mi-juillet.

Dimanche 19 juillet, il est 18h42. Il pleuviote du crachin breton quand le guitariste brun, Jacob Graham, la coupe au bol, suivi du second guitariste Adam Kessler foulent le devant de la scène Grall. A l’arrière, Connor Hanwick, le batteur, se pose distinctement devant ses caisses à résonance. Quant à Jonathan Pierce, la petite bouille blonde au micro du groupe, il fera monter l’attente du public. Des festivaliers venus, pour la plupart, par curiosité. C’est au premier couplet qu’il pointera son nez sous un ciel qui s’encombrait à mesure de l’avancée du set.

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Parapluies, ponchos, sac à poubelle et même parasols peuplent le public pendant le concert. Crédit : Lucile Moy

A 19h pile, quand de l’autre côté du festival, sur la scène Kerouac, les premières sonorités épiques promues par London Grammar parcourent le site, la pluie s’intensifie. On ne vous dira pas que c’est la faute de Hannah Reid, la chanteuse, mais on assumera plutôt que le mélange musical n’était pas de rigueur. On s’est donc concentré sur les têtes américaines pour délaisser les anglais menés par la leadeuse blonde. Une tête d’affiche alors particulièrement attendue. Il s’avérera plus tard, qu’en passant à la fin du concert des anglais, l’engouement escompté s’est plutôt fait attendre… un peu trop même. On attend toujours. C’est dire !

A 100 mètres de là, à Grall, nos Drums et lipsticks bombardent le public des singles qui leur ont fait connaitre la gloire. Avec ça, ils auraient pu tomber dans l’oubli en même temps que « Let’s Go Surfing » en 2008. Avec leurs mélodies toujours entêtantes, avec « Money » en passant par « Days », ils nous plongent dans des averses mélancoliques pleines d’amour. Saccagés, ils nous font découvrir « Encyclopedia » avec ses futurs hymnes, « I Can’t Pretend » déjà culte, et « I Hope Time Doesn’t Change Him ».

Méritaient-ils seulement la Grall ?

La question mérite quand même d’être posée. Au même titre que Madeon le samedi soir qui avait mobilisé une audience importante. Les américains pouvaient-ils prétendre à une plus grande scène aux Charrues ? Probablement, à en croire leur expérience – peu réservée – des festivals ; le Reading et le Leeds festival en 2010. Cette même année, c’est le festival des Inrocks qui s’offrait le luxe de les inviter aux côtés de Beach House, Local Natives ou encore Warpaint. L’année suivante, ils envahissent la Belgique au festival Dour, le Japon au festival Greenroom en 2012. A en croire leur histoire de scène, ils ont des bagages.

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Un petit smile de Jonathan pendant le final de « Down By The Water ». Crédit: Lucile Moy

Mais leur relative absence depuis leur album « Portamento », paru en 2011, a engendré un regain d’intérêt pour ceux qui les ont attendu trop longtemps. Maintenant il leur incombe un nouveau défi. Reprendre confiance en leur potentiel ? Non, ça ils en étaient dotés, et le magazine Pitchfork, d’approuver : en 2009, The Drums étaient élus « Meilleur espoir 2010 » par ses lecteurs. Il leur faut simplement et férocement reprendre leur place sur une scène qui leur avait manqué et qui s’attristait de leur éclipse.

Leur présence aux Charrues, c’est surtout l’occasion de les redécouvrir. De se remémorer leur musique qui les avait placé en haut des charts des chansons pop en 2009. C’est aussi l’opportunité de faire la connaissance de leur dernière sortie, « Encyclopedia ». Envoûtant. Sûrement l’un des meilleurs moments du festival avec un final gardé pour les concerts sous la pluie avec « Down By The Water ».

> Suggestion de lecture : « Les Inrocks : Pourquoi The Drums est toujours un groupe passionnant »

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