The Stumps : « C’est jamais de la faute du public mais toujours de la tienne »

En juin, Efflorescence Culturelle est partie à la rencontre d’un trio prénommé The Stumps. The Stumps, c’est un groupe à la musique colorée et moderne avec en ligne de mire, des clips travaillés avec le plus grand des soins. Il faut dire que le visuel est depuis toujours, la colonne vertébrale du projet. Et c’est dans un bar, place de la République, avec le festival OÜI FM en arrière-plan, qu’on les a rencontrés.

the stumps

Salut The Stumps ! Pour commencer, les présentations.

William: T’as deux William, un guitariste et un bassiste, et tu as Axel, qui lui est batteur. Dans ce groupe, tout le monde chante même si William (le guitariste) chante un peu plus que les autres. On essaye de faire en sorte que les voix se mélangent.

Il y a quelques jours, vous avez dévoilé le clip de « Jack The Ripper ». Vous avez alors choisi un film en noir et blanc, qui pour le coup, se détache complètement de votre musique très pop, très moderne. Vous semblez accorder beaucoup d’importance au visuel, je me trompe ?

William (Bassiste): Non c’est vrai. En fait, disons qu’on attache beaucoup d’importance sur deux choses qui sont très différentes, c’est la musique et l’image. Dans l’image, on essaye d’avoir quelque chose qui est assez coloré, assez punchy. Et c’est vrai qu’avec « Jack The Ripper », on n’est plus tellement dans cette tonalité, même si l’esthétique est toujours là. L’acteur principal, c’est quelqu’un qui a une vraie image, qui influence, je pense, pas mal d’acteurs comme Jean Dujardin par exemple. C’est un enchaînement d’images qui finalement, même si elles sont en noir et blanc, reste quelque chose de travaillé et de soigné. Il faut savoir qu’il y a 8 films en tout, et tous sont très esthétiques. Donc oui, il y a une grande envie d’avoir une image soignée pour tout ce qu’on fait.

W(g): « Jack The Ripper » représente la mort, alors on voulait faire quelque chose de vintage, noir et blanc. On s’est dit, pourquoi ne pas faire un détournement de vieux films en faisant une histoire originale.

Et pourquoi le thème de la mort ?

W(g): On se fout de la mort en fait.

Axel: C’est pour montrer qu’on n’en a pas peur alors qu’on en est peut-être morts de trouille ! (rires)

Comment avez-vous vécu votre première expérience live ?

W(g): C’était il y a très longtemps !  En fait, avant on faisait du punk mélodique et on avait joué dans mon lycée, on devait être en seconde. On a tellement allumé, que par la suite on jouait partout, dès que l’occasion se présentait.

W(b): On n’était pas très exigeants alors on jouait vraiment n’importe où !

W(g): …dans tous les bars de merde (rires), où tu sens tout et n’importe quoi, où on te paye même pas. Et tout ça, ça n’était pas juste dans les bars parisiens ! C’était dans les caves des bars parisiens (rires). Puis au final, on a tellement aimé qu’on a continué. On est passés par La Flèche d’Or, la Maroquinerie, les festivals, et tout ça a confirmé notre amour pour la scène; même si aujourd’hui on la laisse un peu de côté pour nous concentrer sur les clips.

D’ailleurs, en parlant de festivals, lequel vous fait rêver ?

Axel: Oh ba un bon Coachella ! Après c’est sûr que si on parle des intouchables, on peut tous les citer !

W(b): Il y aussi le Big Day Out en Australie même s’il a pas mal perdu en notoriété.

W(g): En tout cas, ce sont des festivals qui nous font rêver ! Même là tu vois, il y a le Festival OÜI FM, donc franchement si on peut y jouer un de ces quatre, on dit pas non !

Comment vous la vivez la scène ?

Axel: On est assez anxieux mais au bout de deux morceaux, dès qu’on retrouve le public, on est lancés.On essaye de transmettre notre énergie au maximum, il faut que ça bouge.

W(g): C’est comme un animal que t’apprivoises. Au début, t’as un peu peur mais en fait tout se passe bien. Au final, le plus important c’est l’échange avec le public. Les plus mauvais concerts, c’est pas là où tu fais une mauvaise note, c’est là où tu n’as pas d’échange avec le public. Être en face de lui, et avoir l’impression de ne pas parler la même langue. C’est jamais de la faute du public, mais toujours de la tienne. C’est assez révélateur de ton humeur du jour. Imagine tu fais un saut en parachute. Tu sais que ça va être génial, mais t’as peur. Mais une fois jeté dans le vide c’est bon tu kiffes. Je pense que c’est à peu près la même chose. Le plus gros piège aussi, c’est quand tu montes sur scène et que t’essayes de faire pro… Quant tout est trop calculé, soit ça rate, soit ça marche moins bien. Il ne faut pas avoir trop de contrôle sur la situation sinon ça foire. La dernière fois, on a quitté la scène en lâchant un sample d’Allelujah alors que c’est hyper prétentieux ! ça passe ou ça casse (rires). Mais bon, on tient à rester spontanés !

Avec qui aimeriez-vous faire des featurings ? 

W(b): On n’y a jamais pensé ! (rires)

W(g): Ben en fait on est assez consanguins ! On n’est pas trop entourés d’artistes. Les gens autour de nous sont banquiers… (rires)

W(b): C’est la première fois qu’on nous pose la question… En plus, niveau musique on est tellement exigeants, que ça peut sembler compliqué. D’autant plus qu’ils faut qu’on soit tous les trois d’accord. Je nous vois plus dans les clips effectivement. Par exemple, tu nous fais venir Matthew Mcconaughey, franchement j’suis content !

W(g): En plus, ça pourrait lui filer un bon coup de pouce dans sa carrière (rires)

Axel: C’est qui Matt…

W(g): Celui qui joue dans Dallas Buyers Club.

W(b): C’est vrai que comme dit William, on est assez consanguins donc on a du mal à partager notre créativité… Peut-être pour un remix, comme ça le mec a qui on refile le morceau peut le refaire à sa manière.
Axel: Mais faire venir des acteurs oui, parce que nous on n’aime pas trop être dans les clips, on est plutôt derrière. Mais ouais faire venir un mec serait une super idée… tu viens de nous donner une super idée !

J’ai vu que vous ne souhaitiez pas faire d’album… en tout cas pour le moment. Mais du coup, y a-t-il un titre en préparation ?

W(g): Un album, tu peux l’auto-produire… et ça coûte beaucoup d’argent. Du coup, je me dis que si on dépense autant, vaut mieux mettre l’argent dans des clips, parce que ça nous fait plus kiffer ! En revanche, si on te file du fric pour que tu fasses un album, nous on va dire ok ! Mais là ce qu’on aime, c’est les clips, le visuel.

Axel: En fait on a envie de créer plutôt que de s’arrêter à l’album. ça prend du temps, faut l’exploiter… Du coup, là on va faire les choses de façon concevable.

W(g): On n’a pas de morceau d’album, on considère tous nos morceaux comme des singles.

W(b): Après, entre un mec qui fait un album, et un mec qui l’écoute, ça ne doit pas avoir la même signification. Mais en tant que public, j’aime bien avoir un album entre les mains et écouter les titres à la suite en entendant quelque chose de cohérent et en me plongeant dans un univers pendant une heure.On le fera, mais pas tout de suite.

Axel: On est dans un circuit assez libre finalement, on peut faire ce qu’on a envie.

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