Vice Versa : voyage au centre de l’enfance

Après Cars 2, Toy Story 3 ou encore Monstres Academy, une nouvelle création originale des studios Pixar était très attendue. Une patience largement récompensée, avec ce petit chef d’œuvre d’animation.

Joie, interprétée par Charlotte Le Bon
Joie, interprétée par Charlotte Le Bon

Riley est une enfant des plus heureuse. Entourée d’une famille aimante, fan de hockey et toujours prête à se faire des amis et des bêtises, elle s’épanouit tranquillement. Ce succès, elle le doit à une équipe de choc qui loge dans son quartier cérébrale. Chaque jour, Joie, Tristesse, Peur, Dégoût et Colère se mettent en quatre (ou plutôt en cinq) pour essayer de répondre au mieux à ses besoins, avec Joie qui mène la danse. Tous la protègent et veillent à ce que ses souvenirs soient bien conservés afin de développer sa personnalité. Mais lorsque la petite Riley fête ses onze ans, ses parents décident de déménager. Dépassées par les évènements, Joie et Tristesse se retrouvent perdues dans la tête de la jeune fille, et vont tout faire pour lui permettre de traverser cette épreuve…

Une histoire ingénieuse

Chaque parent et chaque enfant se demande ce qui peut bien se passer dans la tête d’autrui. Pourquoi sommes-nous ce que nous sommes ? Pourquoi réagissons-nous ainsi ? Sans être aussi philosophe, Pixar apporte tout de même une réponse à la fois poétique, drôle et surtout très enrichissante à ces questions abstraites. Pete Docter, à qui on doit les merveilleux Monstres et Cie et Là-Haut, a réussi à décortiquer la tête d’un enfant et à la personnifier,  d’une manière très efficace. Joie, Tristesse et toute la clique des émotions ont leur personnalité propre, tout en respectant leur caractère. Eux aussi sont faillibles, eux aussi peuvent être perdus comme la petite fille qu’ils protègent. Ils doivent apprendre à travailler en équipe, à trouver une harmonie. Le film retrace la période où un enfant se cherche, essaie de comprendre ce qu’il veut et ce qu’il peut faire. Il en va de même pour chacun des petits personnages. Durant leur voyage dans la tête de Riley, Joie et Tristesse visitent le quartier des pensées abstraites, le pays imaginaires où toutes les idées de Riley se développent, la boîte de production des rêves (un Hollywood métaphysique) et même l’inconscient. Un rite initiatique pour grandir et faire grandir Riley. Et aussi, un moyen pour les spectateurs de découvrir des notions de psychologie et de développement d’une manière ludique et extrêmement bien pensée. Le film laisse évidemment une grande place à l’imagination, mais apporte quand même des notions techniques de la manière la plus pédagogue qui soit : grâce au rire.

Un rendu hilarant

Vice Versa est tellement rythmé qu’on ne voit pas le temps passé. Toutes les répliques font mouches : des punchlines vraiment drôles aux phrases qui font réfléchir, en passant par les moments émouvants. Les péripéties s’enchaînent et sont toujours justifiées. Le film n’a donc aucune longueur, ce qui est assez rare pour un film d’animation. Cette réussite n’est pas sans rapport avec le casting. Les voix américaines, avec Amy Poelher dans le rôle de Joie, donnaient déjà un ton réjouissant. Mais le cast français n’est pas en reste. Charlotte Le Bon et sa voix chantante, accompagnée des superbes Pierre NineyGilles Lellouche et surtout Marilou Berry captivent directement. Petit hommage à Mélanie Laurent, qui est vraiment convaincante en Dégoût et qui semble jouer de la réputation hautaine qui lui colle à la peau.

Une recette qui marche

Avant Vice Versa, il aurait été facile de croire que Pixar avait fait le tour de la question de l’enfance. Après Toy Story, qui traite de l’impossibilité de lutter contre le temps et nostalgie, Monstres et Cie qui aide à vaincre les peurs, et Là-Haut qui parle de thèmes difficiles tels que le deuil et la reconstruction, Pixar était un peu la petite école cinématographique pour enfant. La leçon numéro 1 pour grandir. Mais ce nouveau long-métrage sait utiliser les thèmes chers au studio et les renouvelle, les développe encore plus. Toujours avec un regard d’enfant, mais un humour réfléchi et une intrigue bien pensée. C’est littéralement un coup de coeur qui touchera toutes les classes d’âges.

Petit bonus : le générique de fin, que Pixar s’amuse toujours à rendre vivant, cloue parfaitement le film, et donnerait presque envie de rester assis pour le revoir une seconde fois.

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