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Nathan Cahen, réalisateur nomade

A 26 ans, Nathan Cahen voit déjà les choses en grand. Jeune réalisateur parisien, il veut faire du cinéma son métier. En attendant, il fait ses armes dans la publicité.

nathan cahen portraitUne caméra, un micro et de la motivation. Souvent, tout tient en trois mots ou en trois volontés. C’est comme ça que tout commence chez Nathan Cahen, un jeune réalisateur qui essaye d’attirer l’attention sur son travail. Un travail composé de courts-métrages et de publicités pour la plupart. Un travail « préliminaire » qu’il espère voir remplacé d’ici « deux ou trois ans », quand il sera « prêt », dit-il, avec la réalisation de longs-métrages. Et pour ça, il a déjà quelques idées en tête.

« Je me suis orienté vers une licence en histoire de l’art. Ça m’a vite gonflé, j’ai arrêté six mois après ». Nathan Cahen sait ce qu’il veut et ce qu’il vaut. Les études longues, ça ne sera pas pour lui. « Je suis alors entré à l’École supérieure d’études cinématographiques (Esec), poursuit-il. Ça m’a apporté de bonnes bases ». Comme ces impatients chroniques qui tremblent à l’idée de passer dernier dans la queue à la caisse du supermarché, Nathan, incapable de tenir en place son diplôme en poche, enfourche son sac sur le dos. Direction New-York avec un trépied et un appareil photo, un Canon 5D.

Là bas, il réalisera « Gangster », un premier court-métrage de dix minutes. Une réalisation qui permettra d’entrevoir le « Cahen style » : une photographie esthétique, un cadrage soigné, une image qui parle et remplace les dialogues interminables. Mais qu’en est-il du fond ?

« Dans le cinéma, je suis à la fois très ouvert et son contraire. Dans le sens où j’aime voir dans les films ce que je n’aime pas voir en réalité. Les bagarres, par exemple. Sur l’écran, si le cadre est bon, le geste devient beau et gracieux. On arrive à capter autre chose qu’une lutte violente entre individus », songe Nahan Cahen. Visiblement inspiré par une image qui peut se désolidariser du son et du sens, le jeune réalisateur ne montre pas d’hésitation à tenter de déconstruire les codes. Il idolâtre même les réalisateurs des années 80-90 qui ont changé la donne du cinéma des années 70. Un cinéma plus vieux que Nathan reconnaît « avoir du mal à aimer ».

Les années 80-90, c’était la période des magnétoscopes et des cassettes qu’on devait rembobiner pendant vingt minutes. Une décennie où l’empire d’Hollywood s’est révélé avec des réalisations d’une nouvelle trempe : le film de science-fiction et d’action. Des années où des réalisateurs aujourd’hui cultissimes, ont fait rêver Nathan, gamin : « j’ai adoré Scorsese, Tarantino et De Palma ». « Aujourd’hui, je pense que mon réalisateur favori, c’est Nicolas Winding Refn, celui qui a fait ‘Drive’. Il a tout ce que je veux faire plus tard. Des beaux cadres et des histoires qui n’en sont pas vraiment. Avec des effets sonores ».

On le remarque dans « Gangster », les influences des années 90 avec un Tarantino au sommet de sa forme, se ressentent dans les réalisations de Nathan. Sur « There Is No Place Like Home », un autre tournage qui a nécessité de se déplacer à New-York -ainsi que pour « Subway »-, les images n’ont pas de sens, prises en rafale, elles ne coïncident pas avec la voix off. Le montage est déconstructible de toutes parts. Pourtant, on sait qu’un message veut être délivré. Monté de punchlines sur le voyage, sur New-York, une ville que le réalisateur affectionne particulièrement, une leçon de vie est donnée : il n’y a pas meilleur endroit que chez soi.

Pour Nathan, il est important de « créer une atmosphère à travers l’image ».  Si sa force réside dans la prise d’images, il avoue qu’en matière de scénario, il a « très peu d’idées créatrices ». Pour la réalisation du court-métrage « Pupute en Do Mineur », il s’est basé sur le scénario d’un ami.

Saisir la moindre opportunité

Nathan Cahen fait partie de ces jeunes réalisateurs à qui le temps parait trop lent. Déjà, à 23 ans, il crée sa boite de production, KN Films. Elle voit le jour par hasard, parce que pour emprunter une caméra sur un tournage, il doit dépendre d’un organisme. Chose faite, il souhaite à l’avenir pouvoir changer de casquette à volonté. Passer de réalisateur à producteur, il voit à travers KN Films, l’opportunité de sortir des films de scénaristes et réalisateurs pour lesquels il aura un coup de coeur. « J’ai reçu beaucoup de propositions jusqu’à maintenant, mais le coup de foudre ne s’est pas opéré ». En attendant, Nathan se sert de son site de vitrine pour exposer ses projets. Et de son talent de communicant pour que les sites d’information parlent de lui. Efflorescence Culturelle a craqué.

Parce qu’il est jeune est qu’il a vécu l’arrivée d’Internet, il sait se saisir des enjeux que représente une telle plateforme. « Le meilleur moyen de faire mes armes, c’est de toucher à tout, à la communication de mon entreprise, à l’administration du site, à la réalisation, à la trésorerie. C’est fructueux niveau expériences. Pour l’instant, j’essaye de gagner ma vie avec des publicités et des clips que je réalise à droite à gauche, ce qui me vaut de la publicité pour mon travail. Mais à terme, d’ici deux ou trois ans, j’aimerais me poser avec un projet plus sérieux de long-métrage ou de documentaire », explique-t-il.

De la publicité au clip en passant par des vidéos pilotes humoristiques à la Cyprien. Quand on lui demande quels sont les retours, il explique qu’il a « beaucoup de retours positifs », mais qu’il tient compte davantage des « négatifs ».

Sa réalisation à l’occasion des trente ans de la quatrième chaîne hertzienne. « Groland », le talk show déjanté de Canal +, tous les samedis soir :

 

« C’est triste d’attendre qu’une marque doive s’intéresser à toi pour que ton travail soit mis en avant »

Sa dernière création, une publicité pour la marque de sport Nike :

Si Nathan Cahen en est arrivé à travailler pour des marques aussi grandes soient-elles, c’est à lui qu’il le doit. Il lui aura fallu des années de patience. Alors qu’au commencement, le jeune réalisateur débutait sans contacts, il se félicite aujourd’hui de son avancée.

S’être lancé dans l’aventure jeune, le vidéaste en est fier. A son tour, il conseille les réalisateurs de demain :

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