Conchita Wurst : l’album de la tolérance

Lundi 18 mai 2015, Conchita Wurst signait la sortie de son premier album homonyme. Si on oubliait qu’il s’agissait d’un homme et d’une femme dans un seul corps et si on écoutait plutôt son album que de juger l’interprète. C’est bien difficile, Conchita Wurst a marqué les esprits après sa prestation à l’Eurovision de 2014. Cette femme élancée avec cette barbe bien noire a bouleversé la vision des Européens, ébranlé Vladimir Poutine. Pourtant, avec son titre Rise Like A Phoenix, l’Autrichien Tom Neuwirth a tenté de nous faire passer un message parfois incompris : celui de la tolérance.

AlbumcoverA la façon d’un Josh Groban féminin, Conchita tient un rôle protecteur et humaniste. La première piste You Are Unstoppable s’engage sur cette voie. Elle ne se préoccupe pas de l’identité de son auditeur, sa bonne foi – presque aveugle – est complète. C’est en s’accompagnant d’une armada de cordes que le message devient puissant et réchauffe le cœur. Up For Air ne se détache pas de cet élan tandis que la piste suivante Put That Fire Out marque par sa proximité fortement assombrie, assistée d’un chœur chaleureux.

Alors que l’album poursuit ce chemin parsemé de violons, Conchita Wurst sème le trouble un instant, préférant emprunter la route de l’électro pop. Colours Of Your Love invite nos oreilles à apprécier les beats et à sombrer un peu plus sous le charme atypique de l’interprète. Cet emprunt à ce genre de musique n’est pas la seule particularité de l’album. Out Of Body Experience nous immerge dans le monde oriental. Outre cette touche exotique, le titre est très addictif. La Shéhérazade autrichienne rassure sur la mission qui lui est incombée : nous envoûter par ses contes musicaux. Les saveurs sont variables d’une piste à l’autre. La monotonie est bannie sans rappel de jugement. Le voyage n’est pas fini. L’auditeur est convié à poser ses pieds en Nouvelle-Orléans. C’est le Mardi-Gras, la parade a une invitée de marque : Conchita Wurst. Les trompettistes l’accompagnent avec joie. La fièvre est contagieuse et la chanteuse pousse la voix jusqu’au plus haut des cieux, en espérant que les anges l’entendront. Tout le monde est convié à la fête : les dieux des fous et des saints, les criminels comme les innocents.

Le retour en Europe est assez troublant. Le repos n’est pourtant pas le vœu de la chanteuse. Bien que Somebody to Love commence lentement, il sera inévitable d’être tenté de se mouvoir à travers un titre impressionnant. Le grain de voix de l’interprète est mis en valeur par un refrain tranchant et légèrement plein de bons sentiments. Firestorm rejoint l’énergie de Colours of Your Love en étant plus énergique. Comme un petit bijou, Pure calme par sa douceur et ses mille éclats. Les pistes suivantes continuent dans cette recherche de l’apaisement. On découvre Heroes (clip de l’année de l’Amadeus Music Awards) et Rise Like a Phoenix, titre qui a révélé Conchita Wurst au monde et gagnant de l’Eurovision. L’album se clôt par une chanson plus profonde et intimiste.

La force de cet opus n’est pas cette étrange femme à la barbe noire. Non, c’est sa sensibilité et sa générosité qui transparaissent tout au long des douze titres. On voyage par deux fois. L’émotion est parfois palpable. L’oreille est satisfaite sans s’ennuyer, aucune brusquerie. Il est possible pour tous de choisir son titre favoris, mais c’est assez difficile. En effet l’album Conchita Wurst frappe par la diversité des sons qui ont tous un pouvoir d’attraction.

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