MAD MAX: FURY ROAD ou la symphonie mécanique

Trente ans que les moteurs rutilants de voitures recomposées n’avaient pas vrombis dans nos salles de cinéma. Trente ans que Mel Gibson n’avait pas joué du shotgun au volant de son Interceptor. Trente ans que l’australien George Miller n’avait pas orchestré de symphonie post-apocalyptique pour notre plus grand plaisir.

Mad Max

« I’m just here for the gasoline. »

Très vite élevés au rang d’icône de la pop-culture, les trois épisodes de Mad Max ont su marquer son style et s’imposer comme des classiques du 7ème art mais pas uniquement. En effet, véritable instigateur des films post-apocalyptiques, la saga de Miller a façonné et influencé bien des univers et artistes notamment les séries vidéoludiques FALLOUT ou Rage entre autre.

Mad MaxConcernant les films en eux-mêmes, les trois volets sont très différents les uns des autres mais ils ajoutent chacun une pierre à l’édifice du cinéma d’anticipation. D’abord western futuriste dans une société proche du chaos (Mad Max – 1979) puis véritable ode au genre du post-apocalyptique (Mad Max 2 : Le Défi – 1981), la trilogie se conclue en demi-teinte lorsque le personnage de Mel Gibson se la joue babysitter dans les badlands (Mad Max : Au-delà du Dôme du Tonnerre – 1985). Mais qu’importe, le triptyque est désormais culte.

Mais la saga ne s’est pas arrêtée là. Dès le clap de fin de tournage du troisième épisode, George Miller n’a jamais caché ses intentions de poursuivre son œuvre. Mais ce n’est qu’en 2003 que la pré-production commence réellement : un budget est dévoilé ainsi qu’un lieu de tournage mais le projet tombe rapidement à l’eau. Puis, au fil des années, le réalisateur australien distille les informations au compte-goutte comme pour garder ses fans en haleine (reboot, changement de casting, …). Finalement, il aura fallu près de 27 années pour que le tournage de la suite des aventures de Max Rockatansky débute et pas moins de 30 longues années pour qu’on puisse enfin revoir le « Road Warrior » sur grand écran.

Nous sommes en mai 2015 et la machine Mad Max : Fury Road est lancée.

Mad Max

Contrôle technique :

En trente ans, le wasteland, théâtre de guerre des péripéties de Max, n’a (presque) pas pris une ride. Il s’est même offert un petit lifting à l’occasion de son passage au numérique. Exit le bush australien, c’est au tour du désert namibien d’accueillir les machines de l’enfer et leurs conducteurs, tous plus fous les uns que les autres. Toujours aussi sèche et poussiéreuse, cette terre impropre à la vie accueille cependant quelques oasis. Et c’est dans un de ces « havres de paix » que se retrouve Max. Arraché à son mode de vie d’errance, il servira de réserve de sang aux minions d’un dictateur avide de pouvoir, régnant d’une main de fer sur les habitants de sa Citadelle. Non sans ressources, notre héros tentera de reprendre le contrôle de sa vie dans une longue et intense course poursuite aux cotés de l’Impératrice Furiosa (Charlize Theron, grimée en guerrière amazone) face aux hordes de fous-furieux. Ces derniers, aux ordres du despote Immortan Joe (Hugh Keays-Byrne, déjà présent au casting de Mad Max, premier du nom), les poursuivront sans relâche dans près de deux heures de scènes magnifiquement orchestrées, guidées par une direction artistique de grande classe.

Mad Max Fury Road afficheCar oui, il est vrai que nous pouvons reprocher à ce Mad Max: Fury Road une certaine pauvreté scénaristique. Mais cette dernière ne sert que de faire-valoir aux effets visuels et sonores et promulgue les différentes scènes phares du film au rang de séquences bientôt cultes. Certes les plus crititques pourraient aussi reprocher de ne voir qu’une course-poursuite finale de Mad Max 2, boostée aux hormones, mais il n’en est rien non plus. Grâce à son talent, George Miller réussit à éléver sa dernière symphonie mécanique au-delà de la banale “course-poursuite doppée”. Tel un ballet motorisé, le tout est préparé et chorégraphié avec une précision chirurgicale. La mise-en-scène, digne des plus grands spectacles, nous plonge littéralement dans ce Tartare de feu et d’acier. Découpage millimitré dantesque, ambiance sonore rugissante et image léchée nous font véritablement vivre l’enfer à la première personne.

Les spectateurs en auront pour leur argent et trouveront sans aucun doute leur compte dans cette immense machine infernale qui ne s’arrête qu’à de rares ocassions. Ces courtes pauses sont les bienvenues et permettent de souffler entre deux rixes aussi brutales que jouissives et d’apprécier le travail fait sur les splendides décors. Elles permettent également de creuser la psychologie du mystérieux personnage de Max Rockatansky (désormais incarné par un Tom Hardy tout en muscle), hanté par d’étranges visions faisant écho au premier volet de la saga.

Mad Max
Tom Hardy et George Miller

En réinventant les codes de la série à chaque épisode, Miller a su créer un univers riche et ouvert qu’il exploite autant qu’il peut, tout en disséminant soigneusement de subtiles références aux précédents opus. Mais du terme de références à la notion de “clins d’oeil aux fans”, il n’y a qu’un pas : le retour de la célèbre Interceptor, le blouson en cuir semblable à celui que portait jadis Mel Gibson, … Ainsi, ce reboot (rédémarage d’une licence sur de nouvelles bases) de la franchise se veut accessible à tous, des (vieux) fans de la première heure aux néophytes découvrant une saga désormais mythique.

Moteurs hurlants et pied au plancher, le film démarre sur les chapeaux de roue et offre un long-métrage de premier ordre, tant personnel que grand public, et ce, tout du long de ses 120 minutes. George Miller réussi donc haut la main le pari risqué du reboot avec ce sensationnel Mad Max: Fury Road.

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