THE LAST MAN ON EARTH, antiguide de survie

Le 3 mai dernier s’achevait sur la chaine américaine Fox, la première saison de la nouvelle production du duo Phil Lord et Chris Miller. Retour sur 13 épisodes de solitude, d’immaturité et de gueule de bois. Attention : légers spoilers.

Insatiablethe last man on earth, le duo très en vogue Lord-Miller continue de surfer sur leur prestige et leur renommée. Après avoir ressuscité la série télé 21 Jump Street en deux films bien déjantés et animé les jouets danois dans La Grande Aventure Lego, les deux compères décident de parodier les films post-apocalyptiques et pseudo-survivalistes avec leur dernière création : The Last Man on Earth. Pour ce faire, ils décident de s’associer à Will Forte, acteur aux multiples casquettes puisqu’il est à la fois interprète, réalisateur et scénariste de la série.

L’histoire débute en 2020. La Terre se voit complètement dépeuplée à la suite d’un virus qui décima ses habitants. Seul Phil Miller, adulte raté, réchappe à cette épidémie. Pensant être le seul être survivant, il parcourt les Etats-Unis à bord de son camping-car à la recherche d’âme qui vive. Il récupère au passage quelques trophées en tout genre : il réquisitionne le tapis de président de la Maison Blanche, emprunte le pyjama d’Hugh Hefner, dérobe deux ou trois tableaux d’une valeur inestimable ou encore vole un crâne de dinosaure. Ne trouvant personne, il décide de recommencer une nouvelle vie et de s’installer dans sa ville natale : Tucson, Arizona. Et c’est ici que la série débute, soit le point de départ de maladresses, de gaffes et d’autres expériences loufoques.

Les 13 épisodes d’une vingtaine de minutes chacun qui composent The Last Man on Earth s’enchaînent parfaitement dans un ton léger et enfantin voire même parfois narquois. Cette comédie aux faux-airs de sitcom repose malheureusement plus sur le talent et le jeu de ses acteurs que sur son écriture. Le potentiel dramatique de la série s’estompe peu à peu pour laisser place au comique grâce aux captivants interprètes ainsi qu’à leurs personnages. D’abord seul, notre antihéros tente de survivre en ne comptant que sur lui-même mais il s’avère être un parfait incapable : régime alimentaire à base de chips et de bière, construction d’une tour en Jenga, baignade dans une piscine remplie de Margarita, … Bref, inutile d’être un génie pour comprendre qu’il n’aurait pas vécu très longtemps. Et c’est à ce moment précis, où Phil, se sachant condamné et souhaitant mettre fin à ses jours, qu’une Eve moderne apparaît en le personnage de Carol (Kristen Schaal, pétillante).

The Last Man on Earth

Puis, au fur et à mesure des épisodes, une communauté se crée autour de notre antihéros un brin stupide et s’étoffe (pour ne pas trop en révéler). Ses déboires sont désormais collectifs et les problèmes de la vie quotidienne se règlent à plusieurs. Mais c’est sans compter l’égoïsme total et les mensonges répétés du grand enfant qu’est le héros de l’histoire. Ne pensant qu’à sa propre personne (et au sexe), il tente par tous les moyens d’assouvir ses envies et besoins. Et c’est bien là le seul point négatif de la série. A chaque nouvelle arrivée d’un(e) survivant(e), le schéma narratif se répète : nouvel(le) arrivant(e), nouvelle technique, nouvelle leçon d’humilité plus ou moins comprise. Mais qu’importe, la série ne se prétendait pas concurrencer les cadors télévisuels humoristiques tels que Louis ou autre Modern Family.

the last man on earthAu final, c’est dans ses moments les plus intimes (comprenez : boire un verre au bar avec ses nouveaux potes : ballons, balles et autres référentiels bondissants tout droit sortis de Seul au Monde qu’il critiquait quelques instants avant) que le personnage que joue Will Forte se dévoile vraiment. Malgré sa simplicité d’esprit et ses maladresses répétées, Phil Miller se révèle être tout autant attachant qu’un Joey Tribbiani. Car oui, égoïste et hypocrite au possible, il n’en reste pas moins un être humain doté de sensibilité comme il peut le montrer avec Carol.

Au potentiel d’apparence assez faible, The Last Man on Earth se révèle être une excellente surprise (si bien que la Fox a d’ores et déjà commandé une deuxième saison). Malgré l’aspect très répétitif des actions ou la personnalité de Phil Miller, la série a au moins le mérite de proposer une bonne dose de fraicheur dans les grosses productions de début d’année.

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