Cotton-Claw-©Laurene-Berchoteau

Cotton Claw : « Ce projet n’existera plus quand il n’y aura plus de plaisir »

Ne les confondez surtout pas avec David Guetta. Si ces gars là lèvent les bras, la musique s’arrêtera. Lilea NarrativeZo aka la chauve sourisYoggy one et Zerolex forment le quatuor de Cotton Claw. Leur credo ?  Un beatmaking bien senti et exclusivement joué en live. Ils étaient à Pano le 4 avril dernier,  on les a rencontré.

Nos copains Sourdoreille ont capté leur venue à Panoramas.

EC : Alors pour vous Pano c’était quoi avant ce soir ?

Zerolex : Des gens bourrés à 21h, c’est la Bretagne (rires) ! En vrai on nous en avait dit beaucoup de bien.

Lilea : On connaissait de nom, on n’y avait jamais joué.

Si nos sources sont bonnes, vous avez participé au prix Chorus. Vous confirmez ?

Lilea : Oui, on a postulé et on l’a gagné ! Du coup on a passé une bonne semaine chan-mé sur Paris et on termine par Pano : c’est la cerise sur le gâteau, c’est nickel.

A quel moment vous vous êtes dit « tiens, on va se mettre ensemble » ? Vous aviez déjà des projets solos ?

Yoggy : On s’est rencontrés dans des soirées organisées par Zoo et une bande de copains en 2007 ou 2008. Plus tard, sur une soirée au Cargö, on a tapé un bœuf tous ensemble. Notre façon de faire notre musique c’est d’essayer de vraiment jouer, pas de simplement tourner des boutons, mais on ne peut pas tout faire tout seul, on est vite limité. Et puis on avait envie de faire un truc rock’n roll où tout est joué en live comme un groupe. L’occasion était trop belle. Lili nous a réunis, on a tapé des résidences. Notre projet a commencé sur du live. Premier concert en décembre 2012, on bossait ensemble depuis 6 mois. Après avoir sorti un EP, on a bossé sur un album qui est sorti le 20 avril.

Vous continuez à tourner en solo à côté ?

Lilea : Pour l’instant, l’accent est vraiment mis sur Cotton. Il est au premier plan. C’est trop difficile de faire les deux. On a une vraie envie pour ce projet à quatre. Il y a des choses qui se préparent pour l’été et la rentrée. On prend du plaisir. Ça n’existera plus quand on n’aura plus de plaisir. Pour l’instant ce n’est pas le cas, et ce n’est pas près de s’arrêter.

C’est pas compliqué de bosser à 4 ?

Zerolex: Je pense qu’à quatre il y a une difficulté parce qu’il faut mettre tout le monde d’accord. Après ça a aussi ses avantages. Si un de nous a une galère sur quelque chose, il y a les trois autres qui vont donner des idées et ça va débloquer le truc. Finalement je trouve que c’est plus un avantage qu’un inconvénient. Y a pas de clashs parce qu’on se dit tout. Si y a un truc qui plaît pas, on passe à autre chose.

Zo aka la chauve souris : Y a quelque chose de particulier dans ce projet de toute façon. Depuis le début, on s’amuse beaucoup. On n’est pas rentrés dans une routine. Du coup même si c’est pas facile de composer à quatre, les tensions durent trois secondes.

Lilea : Si on veut un truc particulier, qu’on a envie de triper, on a nos projets à nous.

Les membres de Cotton Claw ont posé pour nous.
Les membres de Cotton Claw ont posé pour nous.
Pourquoi Cotton Claw ?

Lilea : Parce qu’il y a une consonance plutôt cool. Cotton, c’est un truc un peu feutré. Claw c’est la griffe, donc un truc un peu plus sauvage. Et puis ça nous plaît au niveau de la sonorité. Il y a un côté à la fois sexy et en même temps un peu rentre dedans, un peu plus incisif, un peu plus sec et un peu plus dynamique.

Est-ce que J Dilla est une inspiration ?

Zo aka la chauve souris : Pas dans ce projet là mais il a quand même révolutionné le hip hop instrumental. Il a apporté ce truc très humain dans la production des instruments. Donc on s’en est forcément inspiré dans nos projets solos. Et même si ce projet est une extension lointaine de notre travail perso, il y a quand même quelque chose de J Dilla qui est toujours là.

Lilea : Jay Dee, c’est plus une influence qu’on a dans nos parcours mais qui n’est pas présent sur CC de manière claire. On vient de là mais on s’en dédouane. CC c’est vraiment un projet particulier qu’on a travaillé pour avoir une esthétique, une identité un peu plus club, un peu plus house, avec des trucs qu’on kiffe, qu’on n’exploitait pas dans nos projets à nous.

Comment êtes-vous arrivés dans le monde de la musique ?

Yoggy : Grâce à ma mère qui écoute du Julio Iglesias (rires). Plus sérieusement, Zooo a des projets hip-hop depuis 10-15 ans. Moi j’ai fait une formation classique avec 10 ans de violon.

Est-ce qu’il y a un peu de concurrence dans le milieu du beatmaking ?

Lilea : Chacun défend son truc. Mais il n’y a pas de concurrence. On n’est pas du tout dans la compétition, pour nous c’est des conneries.

Est ce qu’il y a un leader ?

Zo aka la chauve souris : Non, il n’y a pas de leader.

Lilea : Je suis à l’initiative du truc mais au niveau créatif, musique et prise de décision, on fait tout à quatre. Il est important de dire qu’en réalité on est six. Ils sont une extension de nous. On a vraiment travaillé avec les techniciens son et lumière pour avoir une écriture morceau par morceau Ils font partie intégrante du groupe mais dans l’ombre.

Le fait que vous travailliez beaucoup avec les techniciens lumière signifie-t-il que vous accordez énormément d’importance au visuel ?

Yoggy : On a gagné le prix Chorus donc on a une bourse pour bosser sur un nouveau show. Il va y avoir une grosse scénographie, un gros jeu lumière pour bientôt.

Y a-t-il d’autres projets ?

 Lilea : Il y a plein de dates à venir [NDLR : Ils ont été annoncés aux Eurockéennes et aux Solidays]. On va passer un bel été.

Propos recueillis par Anaïs Seznec et Adèle Urvoy

 

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