#Panoramas : festival pluvieux, festival heureux

Boue, pluie… mais aussi musique, bonne ambiance et fête: la 18ème édition du Festival Panoramas de Morlaix avait lieu du 3 au 5 avril dernier. On y était, on vous raconte.
art moderne sur le camping
Art moderne sur le camping du festival. Crédit photo : Efflorescence Culturelle


   Les 18 ans, c’est toujours grosse fiesta. Panoramas n’a pas échappé à la règle et les a fêté dignement. Deux soirées à guichets fermés, une programmation plus qu’alléchante, des copains et de la joie : toutes les conditions étaient réunies pour rendre ce week-end de Pâques mémorable. Toutes ou presque, le soleil a manqué à Morlaix en ce début d’avril. La pluie s’est invitée à sa place et a transformé le camping en un immense terrain de boue. Mais c’est le jeu et ça en valait clairement la chandelle tant la line-up était de qualité.

>> Regarder notre vidéo tournée sur le camping du festival

Il faut un début à tout. 
Connu et reconnu internationalement, le jeune canadien Kaytranada se rendait pour la première fois dans la petite ville Finistérienne. Son set rythmé a bien chauffé le public du Grand club le vendredi, le rendant plus que jamais prêt à accueillir SBCR.


Le premier live d’Opening, son premier album sorti le 6 avril, Superpoze l’avait réservé pour Panoramas. Les festivaliers venus en nombre ont su lui réserver un accueil chaleureux, se laissant guider aveuglément par les sons du jeune prodige.

Avec déjà une bonne carrière derrière lui, Brodinski n’en est plus vraiment à ses débuts. Présent le samedi soir lui aussi, il venait présenter « Brava », son premier album sorti en février dernier. Résultat : un Grand Club blindé d’enthousiastes séduits par son set pointu et dynamique.

The Geek Vrv : un live au top. Crédit photo : Efflorescence Culturelle
The Geek & Vrv : un live au top. Crédit photo : Efflorescence Culturelle
Essais transformés donc. 



Morlaix, petite bourgade mondialement reconnue ? Oui messieurs, dames ! A l’image d’Infected Mushroom et Boris Brejcha le vendredi ou encore de Tale Of Us le samedi, plusieurs artistes étrangers s’étaient donnés rendez-vous en terre bretonne pour Pâques. Tous sans exception ont ravi les festivaliers qui avaient investi en nombre le Grand Club.

Noisia, un trio néerlandais porté sur la drum'n'bass et le dubstep. Crédit photo : Efflorescence Culturelle
Noisia, un trio néerlandais porté sur la drum’n’bass et le dubstep. Crédit photo : Efflorescence Culturelle

La tradition veut qu’on invite les parents aux anniversaires importants. C’est donc avec bonheur qu’on a pu assister, le samedi, aux sets des papas de la techno française. Laurent Garnier et Etienne de Crécy (avec son projet Super Discount 3) ont largement été à la hauteur de leur réputation.

Laurent Garnier oklm. Crédit photo : Efflorescence Culturelle
Laurent Garnier oklm. Crédit photo : Efflorescence Culturelle

Au-delà des noms cités précédemment, on retiendra également de belles prestations. C’était déjà un coup de cœur et son set n’a aucunement modifié la donne : la musique de Midside nous a complètement séduites. Le brestois a offert un set généreux, parfait pour ceux qui aiment danser.

Ancien scientifique, Max Cooper a totalement réussi sa reconversion professionnelle. Difficile de ne pas tomber sous le charme de sa musique expérimentale qui invite au voyage. Preuve à l’appui : l’ambiance folle du Club Sésame samedi à ce moment-là.

Déjà habitué du public breton, Madben a su ravir une fois de plus. Il testait pour la première fois sa scénographie Cymatics. Un vrai spectacle qui embellit encore plus sa musique. En un mot ? Génial.

Après une longue réflexion, difficile de retranscrire par écrit le live indéfinissable de Savant. Une seule certitude : c’était de la folie. Il vous embarque subrepticement pour un voyage à destination inconnue. Des frissons du début à la fin.

Malgré une programmation qui a su tenir ses promesses, on a quand même réussi à déceler quelques aspects un peu moins cools. On est des petites nanas alors les toilettes en festival, c’est la vie. Agréablement surprises à la vue de toilettes sèches – même en festoch, on pense à la planète -, on a déchanté une fois à l’intérieur. Les toilettes, sèches ou non, elles ne se battaient pas pour la palme de la propreté. Gommette rouge aussi pour le manque d’éclairage sur le chemin allant du camping au site. Il ne faut pas trop être parano parce qu’en longeant une forêt dans la pénombre, on arrive vite à se faire des films. 
Enfin la météo est indépendante de l’organisation mais les parkings en mode auto-cross, c’est pas cool pour les flippés du volant.

Auto cross sur le parking. Crédit photo : Efflorescence Culturelle.
Auto cross sur le parking. Crédit photo : Efflorescence Culturelle.

En revanche, gros gros pouce en l’air pour :

• L’ambiance ! A Panoramas, on est tous copains, les gens sont contents, déguisés et papotent musique. Le top.

• Le parti pris de l’organisation qui ne distribuait pas de programmes papiers. Au fond, tout le monde sait comment ceux-ci finissent : en boule au fond des poches (donc perdus) ou par terre. Le système des écrans, c’est plus pratique. La forêt vous remercie et nous aussi (dur dur de lire dans le noir).

• La simplicité du site ! Pour se perdre à Panoramas, il faut vraiment être très très fatigué ou complètement bigleux. Même au-dessus de trois grammes, l’individu bourré saura retrouver la scène qu’il cherche, toutes sont très bien indiquées.

• Le choix niveau restauration. On n’a pas toujours le choix entre un bon burger ou une fajitas mexicaine alors quand c’est le cas, on apprécie. Et gros kif pour l’énorme table dans la cour, c’est hyper convivial et ça fait plaisir.

• Le festival est proche de son public et ça s’est notamment ressenti par un community manager efficace. Rares sont les sets qui n’ont pas été « instagrammés ». Et surtout, la grille horaires pour indiquer les temps d’attente à l’entrée du site rend plus belle la vie de tout festivalier. Parce qu’honnêtement, qui aime attendre avant d’aller en festoch ?

Un arbre lumineux en plein festival, Noel is back. Crédit photo : Efflorescence Culturelle
Un arbre lumineux en plein festival, Noel is back. Crédit photo : Efflorescence Culturelle

► On a aussi apprécié l’effort fait niveau déco et scénographie, rendre beau un hall expo reste toujours une tâche ardue.

Pour ce qui est du public de Panoramas, il est vrai qu’il est relativement juvénile. A cela, certains y voient un inconvénient. Nous, on trouve ça chouette et peu importe leur âge, les festivaliers croisés ont tous vécu le festival à 100 %, chacun à leur manière.

Le public est bouillant, le public est vibrant. 
C’est l’impression de beaucoup d’artistes, à l’image de Don Rimini qui postait sur sa page Facebook : « Panoramas never failed. It was absolutely rad and fantastic » ou encore Etienne de Crécy qui confiait ne trouver que rarement un public aussi partant et chaud

Coely
Seule représentante de la gent féminine, la jeune Coely garde un très bon souvenir de Panoramas.

Et finalement, garder un public jeune est la preuve pour Panoramas que la promesse est tenue depuis 18 ans. Édition sur édition, les artistes proposés par la programmation déplacent plus de foule. Cette année encore, beaucoup se sont arrachés les billets à prix élevé sur leboncoin, preuve que le festival se porte bien et suffisant pour dire qu’on a déjà hâte à l’année prochaine !

Un festival qui se terminera pour certains sans les chaussures. Crédit photo : Efflorescence Culturelle
Un festival qui se terminera pour certains sans les chaussures. Crédit photo : Efflorescence Culturelle

Anaïs SEZNEC

Adèle URVOY

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