Lost River : une réalité mystique

Le « Gos’ d’Hollywood », comme ses fans le surnomment, fait mouche en ce début d’année, derrière la caméra. Et vous n’avez pas pu passer à côté de la sortie de Lost River, un film indie à la frontière du réel.

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Dans une ville qui se meurt, Billy, mère célibataire de deux enfants, est entraînée peu à peu dans les bas-fonds d’un monde sombre et macabre, pendant que Bones, son fils aîné, découvre une route secrète menant à une cité engloutie. Billy et son fils devront aller jusqu’au bout pour que leur famille s’en sorte.

tumblr_nj7zddkVDP1qeidk7o3_1280Détroit est le décor d’un conte de fées moderne où Bones (Iain De Caestecker), adolescent anxieux veille sur son petit frère Francky et sur sa mère Billy (Christina Hendricks). Au milieu du chaos ambiant, Bones se rapproche de sa voisine Rat (Saoirse Ronan). Entre difficultés et superstitions, tous essaient d’échapper au mal qu’il soit sous la forme de Bully (Matt Smith)  ou de Dave (Ben Mendelsohn) .

Tout droit sorti de l’imaginaire de Ryan Gosling, ce premier film apparaît comme le cauchemar d’un jeune enfant mis sous pellicule. A côté d’une ville noyée sous les eaux, il nous montre un Détroit au bord de la dérive. Cette histoire de ville immergée qui lui a été racontée par sa mère semble avoir hanté le réalisateur. En effet, le Gosling chanteur, membre du groupe Dead man’s bones avait, à l’époque, chanté Buried in water avec des paroles évocatrices : Down under the ground / There’s a town there, I’ve been down there / In the middle of the lake / I hold your hand for goodness sake. 

Si les prémisses de ce film s’inscrivent dans l’histoire même du réalisateur, il faut souligner que Lost River est plein de références cinématographiques. On y retrouve du David Lynch (Twin Peaks) tout comme du Nicolas Winding Refn (Drive) . Certains y voit également du Harmony Korine (Spring Breakers), peut-être confondent-ils avec le travail exceptionnel de Benoit Debie, directeur de la photographie sur le tournage de Spring breakers et évidemment Lost River.

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Ainsi quand on jette un coup d’oeil à la filmographie du Gosling, Lost River apparaît comme un mélange entre ses films avec Derek Cianfrance et Nicolas Winding Refn.  Il est vrai que nous n’avons rien à reprocher à l’imaginaire et au symbolisme du film toutefois on remarque un léger survol de l’exploitation de l’histoire des personnages. On aurait voulu en voir plus.

Hormis ce détail, Lost River est beau, touchant. Il est le reflet du pouvoir de l’image avec certaines scènes angoissantes voire anxiogènes.  Dans un film qui avait pour titre temporaire « How to catch a monster », plusieurs questions se posent. Nous aimons à penser comme Ilios Kostou, écrivain, à qui l’on demandait « Comment on apprivoise un démon ? » que c’est  « Un peu comme le Petit Prince a apprivoisé le Renard. » C’est autour de ce thème, dans un Détroit post-crise que nous embarquons dans l’antichambre de l’American Dream.

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On ne peut faire une chronique sur Lost River sans parler de sa bande originale créée par Johnny Jewel du fabuleux groupe The Chromatics, présent dans la BO du désormais cultissime Drive. Mention spéciale à Tell Me sur laquelle Saoirse Ronan (Rat)  pose sa voix.

Lost River signe de manière élégante les débuts prometteurs du réalisateur Ryan Gosling. Les salles obscures vous attendent afin que vous puissiez y découvrir un très beau film.

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