Isaac Delusion, l’exotisme éveillé

Ils accompagnaient Baden Baden sur la tournée du Fair, on a retrouvé Isaac Delusion dans la salle de l’Echonova. Juste après les balances [répétions ndlr], la bande de potes fait le point sur le groupe, peu après la sortie de leur album éponyme, Isaac Delusion.

Votre musique nous fait voyager et vous le savez. C’est une manière de nous embarquer à travers vos voyages et tournées à l’étranger ?

Isaac Delusion : On a une musique issue de beaucoup de styles différents. On se nourrit beaucoup de nos voyages. Le premier choc culturel que j’ai eu, c’était en Islande. J’étais un gros fan de Sigur Ros comme pas mal d’adolescents à l’époque et quand je suis allé là bas, j’ai vraiment compris leur musique. Et du coup, quand j’ai commencé à écrire de la musique, je me projetais dans ces grands espaces. Après on a pas mal voyagé avec le groupe, on a fait l’Inde, les Etats-Unis…

Dans vos précédents EP, on remarque la disposition de vos chansons comme un entonnoir : c’est diffus au début et concis à la fin. C’est la même chose sur cet album ?

Jules : Cette fois, je pense qu’on met l’entonnoir à l’envers. Je crois qu’on est très attachés à l’ambiance d’un album et au ressenti inconscient d’un album. Quand il y a une homogénéité et quelque chose de naturel qui se passe, ça en fait autre chose que juste une collection de plusieurs morceaux : ça en fait une œuvre à part entière. C’est pareil dans l’album, on ne part pas partout, il y a la voix de Loïc qui lie le tout, ça ne part pas dans tous les sens. Je crois qu’après on regrette peut-être ce côté plus disparate et patchwork. Comme on est beaucoup, on aimerait réussir à faire un album varié et subtil avec plein d’influences comme on en a aujourd’hui mais avec une ambiance qui se dégage et qui en fait un album à part entière.

Vous êtes plutôt perfectionnistes ou ne vous préoccupez que de l’ambiance ?

Loïc : On essaie d’être pointus sur des petits trucs.

Nicolas : On passe beaucoup de temps sur des petits détails mais on se laisse un peu de marge. Sur scène, c’est plus rock’n’roll. Mais quand on compose, oui, on est plus ou moins perfectionnistes, j’imagine.

Isaac Delusion c’est beaucoup d’influences, on l’entend. Savez-vous où le groupe se profile au niveau de la maturation de l’identité sonore ?

Jules : Je pense qu’Isaac Delusion a la capacité d’aller vers beaucoup d’horizons différents. Donc le travail le plus dur dans tout ça, c’est d’arriver à se concentrer et de rester assez mature pour se dire : « ça, c’est nous » ou « ça, c’est pas nous ». En fait, c’est tellement un mélange de plein d’influences que c’est super facile de se disperser. On écoute tellement de choses différentes, et même au niveau humain, on n’est pas semblables, même si on est tous super potes, tu vois, on ne se ressemble pas du tout. C’est ça qui fait l’unité du groupe.

Loïc : Je pense qu’on n’arrive pas encore vraiment à se concentrer, parce que les nouvelles compos qu’on a fait on s’est dit qu’on se concentrait sur un truc mais c’est pas encore ça. Je pense qu’il faudra faire du tri et y réfléchir sur l’album.

Si vous étiez une boisson, qu’incarneriez-vous ?

Jules : Du jus d’orange.

Loic : Un bon vieux rhum à boire sur une plage, dans une petite paillote avec des filles autour.

Nicolas : Moi je serai un grog (rires).

Bastien : Moi de la vodka-danao (rires).

Au final, est-ce que ça correspond plutôt bien à l’identité du groupe ?

Si on mélangeait tout, ça serait dégueulasse (rires). C’est horrible (rires). Mais on s’en sort bien, quand même ! (re-rires). Donc voilà, t’essayeras la mixture chez toi et tu nous diras !

Isaac Delusion Paris Trianon
Sur scène, Isaac envoute.

Sur scène, la révélation prend tout son sens. Le chanteur, aux allures de Justin Vernon, le chanteur de Bon Iver, à la fougue des Two Door Cinema Club et à la classe et contenance de Woodkid, illumine la salle. D’ailleurs, les lumières font de même, caressant notre visage au gré des titres : Midnight Sun, Children Of The Night.

Sur scène, les morceaux se font longs, lents et langoureux. L’état de transe guette. Isaac Delusion, le premier album d’Isaac Delusion, à retrouver sur le label Cracki Records.

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Prochaines dates

29.04 – Festival Printemps de Bourges w/ Christine and the queens + Izia + The Do

30.04 – Le Krakatoa – Merignac (33)

15.05 – Festival Les nuits botaniques – Bruxelles

21.05 – Le 106 w/ Salut C’est Cool – Rouen (76)

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