Rencontre avec Ex Guru : la mysticité pop

Ex Guru s’était fait connaître il y a de ça quelques semaines, avec la sortie d’EP1, leur premier EP. Intrigués par leur musique sortant des sentiers battus, nous les avons contactés afin d’obtenir quelques éclaircissements quant à leur univers musical.

Ex-Guru

Après avoir publié plusieurs reprises vivifiantes dont une d’Alt-J et une autre de Crystal Castles, le duo se décide enfin à sortir son premier EP. Sobrement intitulé EP1, celui-ci se retrouve dans les bacs (digitaux) en février dernier. A la croisée des influences, les deux Français nous ont délivré une merveilleuse surprise aux sonorités diverses, pouvant autant rappeler The XX que Air.

Fortement intrigués par ce mini-album très atypique, nous avons sollicité Geneva et Tobias, les membres du groupe, qui ont bien voulu répondre à nos questions concernant leur œuvre musicale, quelque peu insolite.

Nous leur avons demandé quelques informations concernant leur rencontre et le début de leur projet artistique. Tout naturellement, ils nous répondent qu’ils se connaissent depuis l’enfance et partagent les mêmes goûts en termes de musique, de cinéma, etc. De plus, la musique est quelque chose qu’ils ont très vite pratiqué ensemble, et ce sans se fixer de limite : « Ex Guru est né de toutes ces influences communes dans une liberté totale.  »

Concernant leur univers musical à proprement parler, ils ont choisi de mettre de coté leur ego, de s’effacer au point de devenir des artistes anonymes, à l’image du collectif FAUVE. Nulle volonté de créer un voile de mystère autour des personnages, le but est plutôt d’amener les gens à se concentrer sur leur musique. Les quatre morceaux qui composent EP1 naviguent entre des touches électro à la Air, des mélodies lancinantes proches de celles produites par The XX, le tout parsemé de quelques notes pouvant rappeler certains jeux 16 bits. Les titres se suivent donc, mais ne se ressemblent pas : « Nous voulions une atmosphère générale homogène mais où chaque morceau, on espère, se démarque à sa façon. Rien n’est plus triste qu’un album dans lequel tous les titres sont interchangeables. »

10955760_891142534239944_8353517050280257958_nMais si leur musique semble si éclectique, c’est parce que leurs influences le sont également : un peu The Knife, de Radiohead et pas mal de Carl Nieslen. Le duo souligne l’importance du compositeur danois dans le morceau The Hunt, pour le coté « martial ». Ils citent également les réalisateurs David Lynch et Spike Jones comme références cinématographiques pour le clip de Watch Out. Ils rêveraient d’ailleurs de collaborer avec eux si l’occasion se présentait. Le duo continue en ajoutant qu’il admire les artistes expérimentant sans cesse, tels que Nigel Godrich, Björk ou encore Terry Gilliam.

Enfin, lorsqu’on les interroge sur la violence et la noirceur de leurs titres, les deux Français nous répondent que ce n’était pas du tout intentionnel. Au contraire, cela les a même surpris lorsqu’ils ont écouté l’EP d’un bout à l’autre pour la première fois. Cependant, ils se défendent sur l’utilisation du terme « violent » et préfèrent parler d’ « angoisse », de « colère sous-jacente » ou bien de « menace ». Ces précisions vont donc de pair avec les images qui hantent le clip de Watch Out : une « atmosphère à la fois calme et angoissante que l’on peut ressentir dans la forêt, cette sensation désagréable d’une présence invisible qui vous observe ».

Bien loin des ténors de l’électro mais tout en assimilant les codes du genre, la musique de Geneva et Tobias s’écoute comme si on regardait un bon thriller. On frémit de plaisir, on sursaute de jouissance, on tremble de bonheur. On en redemande !

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