Miaou Records : le label indépendant bordelais qui grimpe

Tel un félin conquérant et malicieux, « Miaou », – à prononcer la bouche en ovale, viendra définitivement planter ses griffes dans le paysage bordelais. Mais si, et seulement si, vous aidez pacha le chat dans sa quête de financement participatif.

miaou records

 

Bientôt un nouveau label indépendant à Bordeaux. C’est vous qui en déciderez, la concrétisation du rêve d’Hélène Larrouturou est donc de votre ressort.

Lancée le 23 février, la campagne de financement participatif sur Ulule autour du label qui se veut indépendant, fermera ses portes le 4 avril, week-end de Pâques. En vue de la crise réelle que traversent les industries musicales « matérialisées », il faut des moyens. A ce jour, le label a collecté 72% de son objectif, c’est-à-dire 4 880 euros sur 6 740. Mais techniquement, sur quels critères est calculé le budget ? Hélène nous l’explique au téléphone : « Il y aura le pressage [fabrication ndlr] du disque de Blackbird Hill, le premier groupe qu’on a signé », « la création d’un poste », et « la création du site » raconte-t-elle, la voix enthousiaste.

Après un master de communication et une fréquentation assidue des salles de concert, Hélène Larrouturou s’engage dans plusieurs stages chez des labels dont Vicious Circle, un label indépendant bordelais (lui aussi), qui vient de fêter ses 22 ans. Hélène en a seulement 23 quand elle se lance dans son nouveau projet, un jeune âge pour faire carrière : « Ceux qui se lancent, en général, ont déjà fait leur route dans le milieu, concède Hélène. Après je ne pense pas qu’il y ait de formule. Tant qu’on le sent et qu’on a la motivation, avec un pied et un réseau solide dans la musique, ça n’empêche pas d’essayer. »

A peine lancé, Miaou Records signe son premier groupe bordelais : Blackbird Hill. (Crédit photo : Marie Ballon)
Un label local à coups de cœur

A peine lancé que le désir de produire un premier artiste transcende Miaou Records. Hélène et son équipe d’amis, pour l’instant bénévoles, repèrent alors Blackbird Hill, un duo de blues rock pêchu. C’est lors de leur passage au festival Jalles House Rock, à deux pas de Bordeaux, qu’Hélène les découvre. Elle tombe sous le charme. C’est d’ailleurs par à-coups, par coups de cœur qu’elle veut fonctionner pour les prochains : « Je ne pourrais pas faire ce métier si je n’étais pas convaincue par le groupe que je produis. »

« C’est un long cheminement pour faire émerger son label, nous confiait sa créatrice. Il y a beaucoup d’incertitude, c’est le premier sentiment que j’ai ressenti. Mais c’est surtout beaucoup de jargon juridique, donc il faut s’y connaître un peu. » Seulement il faut avouer que le label a la chance de pouvoir voir le jour à Bordeaux, une terre plutôt bien desservie culturellement avec des groupes émergents à découvrir à la pelle chaque jour. Pour cette raison, les salles de concert conservent un très bon taux de fréquentation (le Bootleg, l’Iboat, la Rock School Barbey…). Il y a de belles connexions à faire avec le tissu associatif culturel et surtout musical à Bordeaux. « Je soutiens la création artistique. J’adore découvrir des artistes, ça me stimule. De ce côté-là, la musique fait vraiment partie de ma vie », expliquait-elle.

 De Domino Records à Jack White

Côté influences, Hélène Larrouturou reste fidèle à ce qu’elle produit. Baignée dans les maisons de disques indépendantes, elle attestait aimer Vicious Circle, quoi de moins étonnant ? Mais aussi Platinum Records, Talitres et Animal Faktory pour les labels francophones. « Il y a également des étrangers dont j’apprécie beaucoup le travail : Domino Records et Third Man Records, dans cette trempe. »

Musicalement, à quoi peut-on rapprocher le futur chaton soyeux « Minou » ? (Il faudrait d’ailleurs penser à le baptiser. Mina, ça le fait ?). « Dans les artistes que je ne pourrais jamais signer, j’aurais adoré avoir Fink, Lisa & The Lips et Jack White. Ce sont des artistes que j’admire et dont le projet musical n’est pas figé. J’aime ce genre de démarche, ça correspond bien à l’esprit Miaou Records. » Bref, elle nous aura convaincus, Hélène est une vraie passionnée de musique. Et ses projets d’avenir en attestent : « Si le décollage du label s’effectue, j’aimerais plus tard organiser des événements et des soirées découvertes, comme des soirées Félines », un joli concept dont son auteure est déjà fière.

Et si à la lecture de ce papier vous avez soudainement trouvé votre voie, et qu’il vous prend subitement l’envie de créer votre bijou, Hélène vous dessine les qualités primordiales à posséder : « la curiosité, c’est indéniable pour tisser son réseau, et avoir cette envie de contact ».

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Soutenez « Miaou Records » et participez à l’érection d’un label indépendant sur Ulule avant le 4 avril.

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