Blind Digital Citizen, l’avant-garde de la chanson française

Les Blind Digital Citizen sont nos bébés à nous de la chanson française. Veinards ou tout simplement audacieux, ils sortent aujourd’hui leur premier album. Verdict.

Alors que les Inrocks les qualifie d’électro-pop, on préfère penser qu’ils restent novateurs et possèdent une vraie signature qui leur est propre. Et la confirmation nous parvient lors de l’écoute de leur tout nouvel album « Premières vies », sorti tout juste aujourd’hui.

Une affaire de différence

Si vous nous lisez régulièrement, vous avez peut-être découvert le groupe Blind Digital Citizen il y a un an, lors de divers comptes-rendu de concert, chronique, playlist… on ne cessera de clamer notre amour pour leur « spoken word », une sorte de slam placardé sur une musique atypique, électro et soul sentimentale.

Définitivement affrétés depuis « War », le troisième EP des parisiens, les musiciens se font remarquer la même année par Le Fair, un dispositif national de soutien au démarrage de carrière et de « professionnalisation en musiques actuelles ». Pourtant, ils étaient loin de leur premier coup d’essai. Et gageons que l’élasticité de leurs capacités à produire quelque chose d’absolument inédit les emmène à aller chercher encore plus loin dans le délire des rythmiques issus des synthétiseurs.

Pour écouter un extrait de l’album, « Dvek » :

Et on vous met ça là, « Dvek » en live qu’on avait pris il y a un an :

Brassens, Ferré, Bashung… les chanteurs français peuvent être fiers d’une nouvelle génération qui prend la relève. La voix de François, le chanteur de Blind Digital Citizen, résonne en écho, telle une claque, aux instruments présents dans le morceau Dvek, notre préféré. Peru, l’intro de l’album est une jolie visualisation kaléidoscopique de l’album, tout en synthé et en douceur. Seul le détail compte. La partie instrumentale est soignée, les paroles maitrisées et libérées : « Ravi que ça vous plaise, c’est quand qu’on baise ? C’est quand qu’on crève ? » peut-on entendre dans Ravi, alors que Parachute nous ensorcelle jusqu’au bout de l’album (et de la nuit, aussi).

C’est carrément difforme, « bizarre », comme diraient des potes qui baignent H-24 dans la musique commerciale, biberonnés chaque jour aux morceaux taillés pour le format radio. Sans doute que Blind Digital Citizen ne trouvera pas de sitôt sa place dans une programmation chez NRJ et Virgin Radio, parce que leur musique apparait comme l’avant-garde de la chanson française slammée. Mais au moins, quand elle sera diffusée sur les ondes de radios commerciales, on pourra se dire qu’en France, ceux qui tiennent la diffusion musicale par les deux bourses, seront ouverts à de nouvelles explorations et aventures musicales. Qu’ils pourront enfin proposer à un public lassé par le pop rock diffusé en boucle sur les chaines. Et franchement, on n’attend plus que ça.

A noter sur votre agenda, calendrier, post-it : la release party de l’album au Petit Bain à Paris le 23 avril, avec Iñigo Montoya et Caandides.

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« Premières vies », le premier album de Blind Digital Citizen. Sorti le 30/03 sur le (très raffiné) label Entreprise.

4 réflexions au sujet de « Blind Digital Citizen, l’avant-garde de la chanson française »

  1. Je l’ai ai vu en concert il y a quelques jours, il sont excellents. Si vous avez l’occasion de les voir allez y, laissez vous entourer pas leur son et par les paroles scandés par François… en tout cas ne vous arrêtez pas à une écoute sur un laptop.
    Pour le qualificatifs je dirais ColdWave, mais le minimalisme en moins. Un genre de ColdWave-Psychédélique, j’ai le droit ?

    1. Allez, je vous l’accorde ! 😉
      Personnellement je ne pourrais pas me prononcer sur un genre de musique. C’est tellement particulier, les chansons apportent chacune une matière supérieure et en retire une autre, qu’il y a de quoi se poser des questions sur ce qu’on est en train d’écouter. C’est pour ça je pense, que je n’ai pas voulu rentrer trop en détail dans cette brèche ouverte vers laquelle le groupe nous précipite.

    1. Vous faites bien de me parler du groupe Ange, dont je n’avais aucune connaissance avant votre commentaire, merci de la découverte.
      Et Bashung je l’ai cité ! Ce que je vois, ici, par avant-garde, c’est certes, le recyclage, mais aussi la superposition de la voix, du vieux synthé, aux sonorités aujourd’hui recherchées sur la nouvelle scène. Blind Digital Citizen, ce n’est pas seulement le vieux fantôme de Bashung et de Gainsbourg.
      C’est leur volonté d’aller dans le vulgaire, de piocher ça et là des nappes d’influences qui leur correspondent. Et c’est surtout leur charisme et appropriation de la scène.
      Si vous avez l’occasion de les voir au détour d’un concert, je vous y encourage, pour peut-être réussir à vous convaincre, car souvent il faut directement aller à la source.
      Avouons quand-même que ce n’est pas non plus quelque chose qu’on aurait l’habitude d’écouter à la radio…

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