Féminisme : les clichés ont la vie dure

Le féminisme, un terme qui regroupe bien des notions mais surtout bien des clichés. Et s’ils ont déjà été démentis à de nombreuses reprises, il n’est jamais inutile de les déconstruire encore une fois. Une mise au point sous fond de raz-le-bol, peut-être.

Je suis féministe. C’est une phrase que beaucoup de femmes — et d’hommes aussi, bien plus qu’on ne pourrait le croire — prononcent, par conviction, par volonté de défendre des valeurs. Le problème, c’est qu’encore aujourd’hui, le terme féminisme résonne pour beaucoup comme un mouvement extrémiste de femmes frustrées par des siècles d’oppression patriarcale. On lui associe souvent les notions de supériorité des femmes, de haine des hommes, et on a comme image ces mouvements extrémistes qui font parler d’eux dans l’actualité. Parce que ce sont les plus extrêmes qui font le plus de bruit, donc dont on parle le plus, c’est logique.

Sauf que le féminisme, à la base, ça n’est pas ça. Vous avez peut-être déjà lu des tas d’articles de féministes assurant qu’elles en avaient marre de se faire pointer du doigt. Ce billet n’est sans doute qu’une pierre de plus à ce grand édifice de raz-le-bol. Mais quand on voit certaines remarques ou certains comportements, il semble que le message ne soit pas passé partout.

defined lines robin thicke féminisme
‘Defined Lines’, parodie féministe de ‘Blurred Lines’ de Robin Thicke (capture d’écran YouTube)
Un mot qui souffre de clichés

Quand vous entendez dire lors de discussions sur les questions de sexe, de genre, de place de l’individu dans la société, ou même tout simplement de conversations sur la famille « attention à ce que tu dis, la féministe va monter sur ses grands chevaux ! »il y a de quoi se mettre en rogne. Le féminisme, comme beaucoup d’autres modes de pensée ou de vie, souffre de nombreuses idées reçues .

Évidemment, les clichés doivent bien venir de quelque part et il n’est pas question de réfuter l’existence de mouvements extrêmes, même au sein du féminisme. Seulement, les idées reçues ont la vie dure et souvent, lorsque les gens savent que l’on partage certains, voire beaucoup, des principes du féminisme, ils jugent nos choix en fonction de ces clichés. On choisit de faire des études longues et de se consacrer principalement à sa vie professionnelle, à la création d’une entreprise, on devient alors une carriériste castratrice refusant le rôle traditionnellement domestique de la femme. On n’exprime pas un désir débordant d’avoir des enfants ? On est des égoïstes qui ne pensent pas à la survie de l’espèce. En dehors d’être des choix personnels qui ne devraient pas souffrir du moindre jugement extérieur, tous ces aspects de nos vies ne sont pas incompatibles et aucun d’entre eux n’est mieux qu’un autre, il appartient à chacun de faire son choix et de ne pas porter de jugement.

Ne pas confondre misandrie et féminisme

La plus grande des idées reçues qui subsiste sur le féminisme est cette haine des hommes et cette volonté de voir la femme dominer l’homme dans la société. Seulement, il ne faut pas confondre les notions.

Le contraire de misogyne n’est pas féministe mais misandrie. Et la lutte pour le droit des femmes ne signifie pas que l’on veut renverser la société de traditions patriarcales dans laquelle nous vivons, mais bien de défendre les valeurs d’une société égalitaire. Le but n’est pas de dominer mais d’être simplement l’égal de l’homme. D’avoir le même salaire, de ne pas être refusée lors d’un entretien d’embauche, tout ça parce qu’on pourrait potentiellement avoir un enfant un jour et donc avoir moins de temps à consacrer à son travail. Et ne croyez pas que ces choses sont évidentes pour tous, ce genre de situations existe encore.

Récemment, est sorti le livre « Boy’s Out ! » de Rawia Arroum. Il prend place dans un monde dystocique dans lequel, après une révolution féministe, les femmes auraient pris le pouvoir sur les hommes qu’elles traitent comme des serviteurs, esclaves et objets pour la reproduction. On appellerait plutôt ça une société matriarcale que féministe. La fiction encore, véhicule de nombreux clichés sur des traits de personnalité, des idées féminines ou féministes. Peut-être est-ce une interprétation personnelle de l’histoire et une vision non volontaire de la part de l’auteur mais il s’agit tout de même d’une vision sexiste d’une société dominée par les femmes, qu’elle soit dans un sens ou dans l’autre. Le but ici n’est pas de dénoncer mais juste de montrer que les clichés sont tenaces et qu’il faut avoir conscience que l’idée du féminisme représente une volonté d’égalité et non de domination.

Féminisme ne va pas toujours de paire avec militantisme virulent

Comme pour toute conviction ou idée, chacun(e) l’exprime comme il/elle l’entend, au degré qu’il/elle l’entend. On n’est pas forcé d’adhérer à un mouvement ou un coloc en particulier, on peut simplement vouloir sensibiliser les autres à notre échelle, en parlant autour de nous, en donnant notre avis, tranquillement et avec civilité, lors de discussions, qu’elles soient dans un cadre privé ou non. On n’a pas tou(te)s une volonté farouche d’exprimer nos opinions lors de manifestations publiques.

En conclusion de ce billet humeur, une vidéo qui est bien intéressante si vous comprenez la langue de Willy le Barde. Et non, Emma Watson n’a pas fait que jouer dans Harry Potter !

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