Quand la gaité lyrique accueille un spécimen en voie de disparition : Panda Bear

Retraité du collectif zoologique de Baltimore, ce gros nounours peu démonstratif inaugure une tournée mondiale pour défendre son excellent 5ème album « Panda Bear meets the grim Reaper ». Il était de passage à Paris pour un concert évènement à la Gaité Lyrique le 6 Mars dernier .

De son vrai nom Noah Lennox, Panda Bear (droite) débute sa carrière comme membre fondateur d’Animal Collective au côté d‘Avey Tare (David Portner, centre), Geologist (Brian Weitz, gauche) et Deakin (Josh Dibb) au début des années 1990. Groupe qui se situe dans la veine expérimentale influencé par la house, la techno, Aphex Twin et la musique psychédélique.  En 2004, il produit son premier album solo « Young Prayer » suivi par d’autres perles rares telles que « Tomboy » en 2011. Adulé par une minorité de fans, Panda Bear reste tout de même assez méconnu du public jusqu’à la sortie de       » Random Access Memories » de Daft Punk pour lequel il signe « Doin It Right » en collaboration avec le duo français. Maintenant, il mène une vie paisible avec femme et enfants quelque part dans les rues de Lisbonne à part lorsqu’il met les pieds dans la capitale pour jouer à guichet fermé. 

En première ligne, JDSC03150ib Kidder et ses musiciens attaquent à grand coup de chansons sans queue ni tête, sans début ni fin, aux mélodies inexistantes et riffs simplistes. Un fossé se creuse entre le public  et les pseudo hippies new-yorkais  qui, faces à une foule sceptique et  condescendante, terminent leur set la tête basse et les oreilles baissées, cible de quelques moqueries et insultes de certains spectateurs malveillants. Ambiance glaciale dans la salle. Deux clans se forment dans le public, les hostiles et le défenseurs de Jib Kidder .

Néanmoins, tous sont liés par leur admiration  pour Panda Bear, artiste qui à lui seul pourrait presque être l’objet d’une secte tant il est unique et fascinant, tant l’aduler c’est faire partie d’une fervente minorité de gens aux goûts souvent indéfinissables et « étranges ».
Il
fait son entrée d’une manière si simple que cela semble incongru. Il salue timidement son public et débute avec le titre phare de son dernier album « Boys Latin ». Prestation musicale parfaite. Ensuite il joue en bloc sans coupure quelques autres chansons de son dernier opus « Butcher Baker Candlestick Maker » toujours impartiale et extrêmement concentré jouant de son petit vibrato qu’il ne sort qu’en live.

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Puis il renchérit avec le très entêtant « Cross Words » qu’il accorde sublimement avec « This Side of the Paradise », transition digne de la jungle de « Merriweather Post Pavillion » d’Animal Collective. L’expérience planante continue sur des morceaux tels que « Sequential Circuits » et le presque pop « Faces in the Crowd » en passant par « Come to you Senses » et termine sa première partie du set avec « Acid Wash » .

Il quitte la scène momentanément sans épiloguer puis reviens pour jouer quelques morceaux de son précédent album « Tomboy ». Les premières notes de « Late Night at Jetty » émoustille le public sorti de son lourd sommeil psychédélique. Puis « Scheherazade » replonge la foule dans une langueur interminable, le concert ne pouvait pas se terminer sur cette note tiède comparé au court festin qui l’a précédé! Et heureusement, c’est sur le pétillant « Surfer’s Hymn » que Panda Bear clôturera son unique concert Parisien, avant de repartir comme il est venu, timidement, sans artifice ni révérence.

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C’est à un drôle d’animal dont on avait affaire ici. Un musicien qui ne communique avec son public qu’à travers des sets travaillés, planants, d’une perfection vocale fascinante. Un être touchant qui nous offre une expérience inoubliable, mais quand même, comme on ne sait jamais, et qu’à tout moment tu peux faire un AVC, le concert est visible sur Arté concert : http://concert.arte.tv/fr/panda-bear-la-gaite-lyrique

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