« Mille éclairs » et coups de foudre pour Baden Baden

Ils s’étaient fait remarquer en 2012 avec leur premier album Coline, le trio parisien Baden Baden revient aujourd’hui avec leur deuxième bébé Mille éclairs pour rafraîchir notre playlist. Verdict.

Cover Badenbaden baden

Autant sur la pochette de leur premier album on pouvait s’imaginer une rivière qui passe sous le pont, toujours est-il qu’avec Mille éclairs, on prend l’eau à bord de la pirogue et on pagaie au rythme des résonances sonores. Et parfois, on s’échoue au gré des paroles.

Nostalgie

C’est la nostalgie qui guide le bateau du point début au point fin de l’album. Alors que Coline s’enthousiasmait plutôt sur la jeunesse et le carpe diem, le dernier opus se veut plus retenu dans les sentiments évoqués et les extravagances. Baden Baden nous livre encore une fois un album de chansons pop françaises comme il en avait l’habitude de faire. Mais le groupe ne tourne pas pour autant en rond.

Les thèmes des chansons changent. On assiste à la désillusion des protagonistes, on « plonge dans le bruit » avec Eric, le chanteur et compositeur, on craint la trentaine avec Dis Leur, on rentre dans l’intimité de personnages, on apprend à s’écouter et à comprendre le sens de l’album.

Quête

Toujours de manière poétique, le groupe prend le parti de garder sa pop aux allures de chanson, de comptine pour partir à la quête de quelque chose. Dans Mille éclairs il est question d’explorer nos émotions vécues, appréhendées, regrettées, il s’agit de remuer le couteau dans la plaie. On chante l’errance, la nuit, l’ivresse, le manque et l’absence. A ne pas écouter quand vous êtes en plein questionnement de vous-même. Dans ce nouvel album qui ne fait pas complétement le tour des émotions humaines (en même temps comment le chanter en un album ?), Baden Baden ne s’essoufflera donc jamais pour ainsi dire. Léger et volatile, le spectre de Cascadeur viendra s’ajouter dans le chœur musical de L’échappée.

Souvent assimilé à Florent Marchet, le trio réussi enfin à se passer de cette distinction certes glorieuse mais peu singulière pour un groupe qui est en tête de gondole dans ce qui se fait en matière de remaniement des paroles et de la chanson. Baden Baden, c’est un voyage chanté en français mais qui nous fait survoler des centaines de pays et de paysages. Le fleuve de l’album n’est plus français, il s’ouvre désormais aux espérances de conquête de la scène internationale.

“On est trentenaires. Baden Baden est venu sur le tard, on n’a pas abordé le groupe comme des adolescents. On a aussi grandi avec des groupes comme Radiohead. Il y a un côté plus réfléchi, pas rock’n’roll. C’est probablement une question de génération”

Avec leur nouvel album, le groupe transforme l’essai. Mélomanes dans l’âme, ils font de leur présence une évidence. D’une élégance presque anglo-saxonne en combinant anglais et français sur leur premier album, les nouveaux dandies de la chanson françaises aboutissent finalement à écrire dans la langue de Molière. Simplement et majestueusement. Chapeau.

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Pour fêter la release de leur nouvel album, le groupe sera en concert le 25 mars au Café de la Danse à Paris avant une tournée nationale. Vous pourrez entre temps aller les voir le 11 février au Grand Mix à Turcoing, le 12 au 6 par 4 à Laval, le 20 à l’Echonova de Vannes dans le cadre de la tournée du Fair. Amis Suisses et Luxembourgeois, le groupe sera de passage pour une date unique début mars.

Enregistré durant l’été 2014 à Paris par Frédéric Lefranc, et mixé à côté de Londres par Barny Barnicott (The Noisettes, Cloud Control, Editors), ce nouvel album faisait partie des albums attendus de cette année. Sorti chez Naïve Records.

2 réflexions au sujet de « « Mille éclairs » et coups de foudre pour Baden Baden »

  1. cet album fait revivre l’ado secrètement amoureux, celui qui sentait encore battre son cœur, avant que l’hiver ne l’emprisonne dans son étreinte quarantenaire. régénérescence des sentiments, tel devrait être le titre de cet album.

  2. Bel album !
    Mais en commentant « avec Mille éclairs, on prend l’eau à bord de la pirogue et on pagaie au rythme des résonances sonores. », vous ne leur faites un cadeau. C’est un bateau d’aviron pas une pirogue, et ce ne sont pas des pagaies, mais des rames… Bien plus puissant, bien plus gracieux !

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