Mondkopf

Rencontre. Mondkopf, le protégé de Tsugi a bien muri

A l’occasion du festival Electrik Campus au Mans, nous avons croisé Paul Régimbeau alias Mondkopf, auteur de musique électronique et aussi du prometteur Hadès. Présent en tant que tête d’affiche de la soirée, il nous a permis de lui poser quelques questions dans l’intimité de sa loge, quelques heures avant d’entamer son DJ set.

Dans plusieurs interviews que j’ai pu lire, tu décrivais l’adolescence comme un passage difficile, tu peux m’en dire plus ?

Oui c’est un passage difficile pour beaucoup je pense. Pendant l’adolescence on cherche qui on est et d’ailleurs, je me cherche toujours beaucoup. Après, je ne l’ai pas vécu très difficilement : j’ai eu des parents cools, j’ai eu pleins d’amis, j’étais dans une petite ville tranquille, j’ai jamais senti le besoin de me révolter ou quoi que ce soit.

Est-ce qu’à ce jour tu as une préférence pour un album en particulier ?

En ce moment j’écoute beaucoup, Thou avec leur dernier album qui se nomme Heathen. C’est un groupe de sludge / metal assez cool.

J’ai pu lire que tu aimais beaucoup le métal. Selon toi, est-ce que ça a une influence sur ta musique ?

Je pense que ça m’a influencé dans le sens où ça m’a permis de me lâcher d’avantage sur scène, d’essayer de lâcher des émotions plus brutes dans ma musique.

Tes titres sont souvent chargés en émotion. Est-ce que tu tentes de t’exprimer à la musique ?

En tout cas je ne le fais pas consciemment parce que je ne me laisse jamais aller à une émotion au point de me dire qu’il faut que je la retranscrive par un morceau. En fait, je commence à faire de la musique et au fur et à mesure que je cale des accords, il se trouve que la musique se fait de plus en plus émotionnelle pour moi. Il faut que je me laisse entraîner par la mélodie qui est très importante pour moi mais l’ambiance aussi joue beaucoup. Il se trouve que si je ne ressentais pas d’émotion en faisant de la musique, je ne verrais pas l’intérêt d’en faire. Je ne fais pas ça pour la pure recherche sonique ou technique, je fais plutôt ça pour essayer de faire voyager l’auditeur.

Mondkopf
Mondkopf a soulevé le public du Mans. Photo: Cédric La Touffe.

Parmi tous tes titres, est ce qu’il y a une mélodie qui te touche en particulier ?

En général je ne réécoute jamais mes morceaux sauf au moment où je les joue en live. Par contre, au moment où je l’ai fait, le morceau « Absence » sur Hadès est peut être celui qui m’a le plus ému.

Tu as goûté aux plaisirs de la scène, est ce que tu préfères jouer en live ou profiter du huis-clos du studio ?

Les deux, j’aime beaucoup être dans ma chambre pour composer et faire de la musique mais aussi quand je vais les jouer pour les premières fois sur scènes. Après quand je les joue pendant un an, je commence à me lasser mais quand le concert se passe bien et que l’énergie est la, c’est vraiment un bon moment et on se sent vidé.

C’est une vraie performance selon toi ?

Pas forcément technique mais le fait de lâcher prise, oui.

Tu as fondé ton propre label In Paradisium, c’est dans un besoin de fuir l’industrie musicale actuelle ou alors un besoin de liberté ?

Dans un besoin liberté, je ne veux pas avoir à faire de compromis sur ma musique et pouvoir la sortir quand je veux. C’est aussi important pour moi, parce que ça me permet de sortir la musique d’amis dont j’aime le travail et de créer une sorte de petit univers autre que celui du mien.

Des groupes sont sûrement allés vers ton label, est ce qu’il y en a un qui a été une grosse claque pour toi ?

C’est tous ceux qu’on a sorti. Si on ne sort pas un projet, c’est qu’il n’y a pas vraiment eu de claques.

Si ta musique était un cocktail alcoolisé ou non alcoolisé, quel goût ça aurait ?

Je sais pas, quelque chose de doux-amer comme un Whisky Sour [citron, œuf et sucre].

Si tu devais citer trois artistes, groupes ou albums qui tournent en boucle dans ton iPod ?

Sûrement le premier album d’EyeHateGod, In The Name Of Suffering. Après, la nuit j’écoute tout le temps Bing and Ruth, une sorte de projet mêlant piano et autres effets électroniques, c’est vraiment très beau et parfait pour s’endormir. Et enfin Indian, From Old Purity. Je l’écoute en boucle dans le métro, c’est une musique très énervée, très haineuse. Je suis sur que quand on te regarde, on a pas envie de te déranger.

Propos recueillis par Florian Duperray

Laisser un commentaire