Neymad, le nouveau prince électro du Mans

Alors que le mélange sample et musique électronique fait un tabac depuis l’avènement de Fakear, d’autres artistes se lancent dans le même exercice. Mais dans l’ombre des grands. Zoom sur la perle de la semaine, Neymad.

neymad
Neymad en décembre dernier, lors de l’un de ses premiers concerts.

Vous avez sans doute vu passer le nom de l’artiste sur notre page Facebook. A l’occasion des fêtes de fin d’année, on partageait pendait une semaine et à onze heures nos coups de cœur français du moment. Il est désormais temps de se pencher sur un artiste qui va éminemment éclater du côté des critiques musicaux.

Premier ingrédient, le lieu de création

Une chambre. Tout commence dans la chambre de Damien, alias Neymad, compositeur pas si néophyte que ça dans la musique. « J’ai toujours écouté de la musique, j’ai des potes qui sont musiciens, dont Quadrupède, et je crois que je me suis mis à jouer un peu par curiosité ». Une curiosité vite récompensée par des heures de travail, un acharnement qui verra naitre le projet de Damien, mais à l’envers. C’est le même soulèvement que provoque sa musique à géométrie variable, jamais parallèle mais toujours perpendiculaire.

Néanmoins si le son de Neymad vous rappellera volontiers Fakear, le compositeur s’en défend. Un tas d’artistes ont découvert les samples avant Fakear. « De ce côté là, je ne pense pas m’être inspiré de ses sons parce que je samplais déjà avant de l’écouter » nous raconte-t-il. Depuis, s’il avoue avoir découvert Fakear au moment où sa renommée lui a permis d’être présent sur le devant des médias culturels, Neymad avoue son admiration pour les autres artistes français émergents tels que Superpoze. « En fait, j’ai un panel large d’influences qui m’inspirent dans ma façon de créer. Je continue à me chercher même si les derniers morceaux Thrills et Lightsome tendent plus vers ce que je suis. »

Deuxième ingrédient, un soupçon d’étincelles

Des idées. L’ingrédient principal de l’artiste qui fait recette est sûrement le moins évident. Le compositeur se sert de deux aspects des sons produits par sa musique. Les samples efficaces cadencent l’harmonie en même temps de la rythmer. De l’autre côté, la bassmusic dans un rythme très lent répond à l’énergie en la canalisant. De la dream music, deep house, du chill out dit-on. Si on devait résumer tout ça en boisson, ça donne quoi ? « Ça serait un mélange de mojito pour le soleil et le goût sucré et de whiskey-coca pour le côté plus sombre de la musique » évoque Damien après un moment de réflexion.

Un troisième ingrédient mystère

Et si Neymad était lui-même son propre composant ? « Je me suis vraiment lancé dans la musique il y a deux ans. Je postais mes réalisations sur ma page Soundcloud ». En deux ans, Damien a notamment muri avec ses sonorités mais aussi dans ses propres sonorités. « Au fur et à mesure j’ai découvert la bass music et le downtempo qui m’ont influencé dans mon processus de création » décrit Damien. Au final, aucun morceau de sa médiathèque ne se ressemble et se compare. Les influences tantôt électro, tantôt chill revêtissent des couleurs exotiques avec de nouveaux beats aux éclats rap et hip-hop. Un plus pour l’artiste qui fait valoir une musique riche et sincère.

A 28 ans, le Manceau se lance désormais et contre toute attente dans la musique. Encore inconnu, il n’y a pas de doute que 2015 sera l’année de la révélation avec quelques dates à travers la France et le travail sur un premier EP.

Les derniers sons qui passent en boucle dans sa playlist ? Burial, Lorne, Jamie XX en solo, « Quadrupède et leur dernier album Togodan », le sulfureux Shlohmo avec son nouvel album No More. « Et le dernier album de Caribou. »

Enfin, on ne peut que vous conseiller à aller jeter une oreille du côté de l’artiste qui sera vendredi 30 janvier à la soirée Oulala Club au bar Barouf au Mans en première partie de Boot & Tax.

Laisser un commentaire