A l’affiche : 108 Rois Démons ou les 1001 erreurs

A la croisée des chemins artistiques, cette libre adaptation d’un conte chinois en un film d’animation n’est pas une franche réussite. Nous donnons notre avis plus que mitigé.

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Lorsqu’on parle d’animation, les œuvres des studios américains Diney-Pixar et DreamWorks ou encore du japonais Ghibli reviennent souvent. Les Français ne sont pas non plus en reste puisque Le Roi et l’Oiseau, Les Triplettes de Belleville et Persoplis furent respectivement réalisés par Paul Grimault, Sylvain Chomet et le duo Vincent Paronneau et Marjane Satrapi.

Mais ne comptez pas sur Pascal Morelli pour ajouter son nom au palmarès de l’animation française.

Treize ans après une adaptation en demi-teinte du héros de Hugo Pratt, Corto Maltese, le français, spécialiste des dessins animés télévisés, signe son deuxième long-métrage. Exit les aventures exotiques à travers le globe, place à une Chine médiévale en proie au complot. Le roman chinois Au bord de l’eau sert de base scénaristique à l’équipe de Pascal Morelli : à la mort du roi, le jeune prince est pris sous l’aile d’un vieux sage et d’un groupe de bandits afin de déjouer un complot.

Partant d’une bonne intention, 108 Rois Démons rate malheureusement le coche. Durant les 104 minutes que dure le film, les problèmes s’enchaînent, quelques uns bénins mais d’autres beaucoup plus sérieux. Le premier défaut visible à l’écran repose principalement sur sa direction artistique : associer des avatars numériques à des tableaux peints servant de décors n’est ni une bonne idée sur le papier, ni une bonne idée à l’écran. Même si, individuellement, les animations et les arrières plans sont pourtant réussis,  leur association rend l’animation finale confuse dans certains mouvements voire même risible avec certains personnages.

Seulement, ce choix particulier n’est pas le seul aspect négatif du film. Le plus gros point noir réside dans son manque criant de rythme, nuisant à l’ensemble du long-métrage. Dans un premier temps, c’est l’histoire qui est impactée car la monotonie de la trame narrative et les longueurs de certains passages nous font vite oublier certains points du récit. Qui plus est, l’absence totale de dynamisme des scènes d’action et l’utilisation systématique du ralenti lors des combats renforcent la lenteur générale du film. L’affrontement final illustre parfaitement ces défauts.

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D’autres problèmes, plus légers, font également leur apparition tout au long du long-métrage. Cependant, la difficulté de patienter jusqu’au générique de fin peut vite se transformer en une sympathique petite chasse aux erreurs : il vous suffit de juste de dénicher les multiples blagues plus que douteuses, les abondants visages non-modélisés ou encore les nombreux défauts d’animation.

Si vous êtes à ce point joueur, vous pouvez également tenter de déceler les innombrables similitudes (ou clins d’œil) à d’autres œuvres et notamment Le Seigneur des anneaux. Si vous êtes attentifs, vous pourrez remarquer que le groupe de bandits des 108 Rois Démons partage bien des points communs avec la Communauté de l’anneau. Tout comme elle, les brigands chinois se regroupent autour d’un jeune homme portant un anneau à son cou (Frodon) sous l’initiative d’un vieux magicien qui n’apparaît qu’en cas de grande nécessité (comme Gandalf).

Bien que l’originalité artistique soit de mise, le résultat final se montre trop confus et ennuyant pour être appréciable à regarder. Vous qui cherchez un bon film d’animation made in France, passez votre chemin.  

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