A Lille, le perno a bien rocké

  Il y a un pile trois semaines se tenait la vingtième édition du festival Le Père Noël Est­-Il Un Rocker (ou Pernorock pour les intimes) à Lille. Entre temps, d’enivrantes séries de partiels ont eu raison de nous.

Aline, les invités de marque du festival d'hiver.
Aline, les invités de marque du festival d’hiver.

« Drôle de nom pour un festival » me diriez­-vous sans doute. Laissez -moi quelques lignes pour vous expliquer et vous comprendrez de suite que le festival du Pernorock n’en est pas un comme les autres. Sa valeur est caritative, et son ambition est de donner un Noël aux enfants qui n’ont pas forcément la chance d’en avoir un digne de ce nom. Vous achetez un jouet neuf et l’échangez contre une place pour une soirée. Les jouets récoltés sont ensuite redistribués aux enfants défavorisés de la métropole lilloise. Au final, tout le monde y trouve son compte: vous festoyez la conscience légère, et permettez à un enfant de découvrir la véritable magie de Noël.

La particularité de ce festival au concept honorable repose également sur l’éclectisme de sa programmation. S’étendant sur cinq jours, il propose une soirée pour un genre musical. Ainsi s’enchaînent les soirées reggae, chanson française, rock, trip-­hop, pour finir avec la soirée électro.

Cette année encore, l’affiche faisait se côtoyer de jolis noms de tous les genres: du Peuple de l’Herbe à Bambounou, en passant par Cymbals ou encore Aline, tous les goûts de tous les horizons étaient goulûment servis.

Immersion dans les soirées scène française et rock.

Scène française

Ah, cette soirée, nous en attendions beaucoup ! Alors forcément, on a pas mal de choses à dire.

Zaza Fournier sur la place avec son accordéon en furie. JB

C’est la demoiselle Zaza Fournier qui ouvre le bal. A l’aise dans ses baskets, armée de son sourire et de son fidèle accordéon, elle débute son concert avec une salle à peine remplie de moitié. Mais très vite, l’espace devant la scène du Splendid se réduit par des spectateurs se faisant de plus en plus nombreux, apparemment séduits par sa bonne humeur contagieuse et son pianiste multifonctions (synthé, chant et beatbox impressionnant). La rouquine rayonne sur scène, échauffant son public doucement mais sûrement.

Aline, c’est pas la groupie du coin, mais celle d’Aline. JB

Les marseillais d’Aline prennent le relais et font monter la température de plus belle par un show plein d’énergie, mais aussi de découvertes, puisque le groupe donne au public le privilège d’écouter quelques morceaux tout chauds tout neufs du nouvel album qui vient juste d’être bouclé. Dans la tracklist, des titres comme La lune sera bleue, L’avenue des armées ou encore Mon dieu mes amis se mêlent à ceux de Regarde le Ciel et annoncent la couleur d’un album à la hauteur du précédent (et bien plus encore). Postés au tout premier rang (grosses groupies spotted), nous sommes d’accord pour dire que la claque de la soirée, c’est eux qui nous l’ont donnée.

Mustang. Toujours attendus, toujours pêchus. JB

Les trois gars de Mustang aux allures de Presley, chemise blanche, cheveux gominés et pompes cirées, prennent la clôture en main et font danser le rock’n’roll, le vrai, avec autant de classe que le faisait le King autrefois. Même ceux qui n’étaient là que pour écouter se surprennent à bouger la tête et à se trémousser les hanches. La foule bouillonne, et c’est d’ailleurs sur une reprise d’Elvis que Mustang termine cette soirée, sur une pluie d’applaudissements à s’en brûler les mains.

Rock

Le garage 60’s des lillois de Cayman Kings ouvre la soirée rock avec une énergie de pile Duracel. C’est crade, ça gueule et ça défoule : un triplé gagnant qui pose d’emblée une ambiance fiévreuse sur un public qui en redemande.

Les anglais de Cymbals savent apprécier la boisson, la bonne, la vraie. JB

Le groupe anglais Cymbals prend la suite, et aurait pu livrer un live très sympa si le chanteur avait évité de gâcher la fête en biberonnant un peu trop avant de monter sur scène. Parce que bon, c’était marrant deux minutes jusqu’à ce que le seuil du bourré extrêmement lourd et pathétique soit atteint. Et vas-­y que je m’emmêle dans les câbles du micro et que je manque de tomber de la scène à quatre reprises. Heureusement que les deux musiciens qui l’accompagnent sont là pour sauver un peu la chose. Au final, le concert est bâclé et c’est bien dommage, car on les attendait pourtant avec impatience.

En somme, le pari du Pernorock 2014 a été relevé à merveille, de par une programmation élaborée avec soin, une organisation efficace et une ambiance joviale tout du long du festival. Mais on va tout de même insister, et vous résumer cinq idées essentielles qui vont vous faire acheter vos places illico presto pour la prochaine édition:

• La programmation est super chouette et vous y trouverez forcément votre compte.

• Les prix sont ultra raisonnables, à savoir 8€ minimum pour une soirée de trois concerts.

• En semaine, les concerts se terminent à 23h30, donc pas plus tard que l’heure à laquelle vous vous couchez habituellement.

• C’est sans doute l’un des seuls festivals où vous pouvez enchainer les bières en vous disant « je m’en fous, c’est pour la bonne cause ! »

• Mais surtout: un jouet acheté = une place de concert = un enfant heureux.

Par Juliette BITAULD

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