« Seeds ». Un nouveau tournant pour les TV On The Radio

C’était aujourd’hui. Aujourd’hui que les américains de TV On The Radio sortaient leur sixième album Seeds après trois ans de tournée – et de hiatus – avec Nine Types of Light. Le résultat est-il là ?

Quand en 2011, le cancer emporte le bassiste Gerard Smith présent dès les balbutiements du groupe en 2001, le hiatus s’impose. Le deuil, la remise en question, l’amour, le souvenir d’un ami disparu… autant de questionnements s’accumulent dans les têtes du quatuor. Tant et si bien qu’on retrouve un savant dosage misé dans le nouvel album.

Un album qui s’éparpille dans tous les sens

Il y a de ça quelques mois, la diffusion des singles Careful You et Happy Idiot premiers extraits de l’album, laissait présager un retour en grande pompe d’un groupe plus que jamais rock.

Si Nine Types of Light a été sur une bonne demi-mesure un album de ballades, aux allures d’un bon Bloc Party, avec des passages au lyrisme incontestable, le dernier bébé des TVOR est quant à lui retourné aux origines du groupe: le rock expérimental. Seeds se permet d’explorer de nouvelles dimensions et atmosphères que le groupe n’était pas allé chercher auparavant. Et ça en devient un joyeux bazar.

Pour la petite histoire, j’ai prononcé mon premier amen devant TV On The Radio en 2006 suite à leur album Cookie Moutain à la fois sauvage, martial et hyper-maîtrisé. Et c’est en fait le titre Wolf Like Me qui m’a assise. Bref, tout ça pour dire que cette impression de rentre-dedans, d’ambiance lourde et électrique qui découle au bégaiement de cet album ne se retrouve pas dans leur dernière composition.

Il est d’ailleurs très long à commencer avec Quartz, petit amuse-gueule en guise d’apéro. Puis on poursuit avec Careful You, plus électro et psyché, dérivant de l’autre morceau Love Stained qui décrivent à eux deux les morceaux les plus emprunts à l’amour en rappelant l’univers de leur dernier opus. L’album digresse d’un sujet à l’autre mais de manière logique. Si on s’applique à comprendre le cheminement de l’album, on part sur une ambiance plutôt excentrique, on rejoint des ballades, on passe par du rock avec Idiot et Lazerray voire du garage avec Winter. L’énergie s’essouffle à la fin de l’album avec un Trouble convaincant, mélancolique, lyrique « everything is gonna be OK » rappelant un groupe qui a vécu des épreuves en son sein. Seeds achève l’opus et parvient à nous convaincre moyennement.

Certes, Seeds veut surprendre avec son goût de l’éclectique largement mis en avant. Certes, leur réputation construite au fil des réalisations n’est plus à refaire. Mais à vouloir voir trop grand, TV On The Radio s’empreint de tellement d’ambiances qu’on peut parfois les perdre en chemin. Au lieu de se contenter de maintenir leur propre atmosphère, TVOR tend à perdre son identité. Jusqu’au point où on peut penser que certains de leurs titres s’inspirent davantage de The Script ou de R.E.M. Mais avec grâce il parvient sur quelques morceaux à se hisser au niveau, et pas des moindres, de Sonic Youth et des Stooges. C’est certain, le groupe a entamé un virage depuis la période de 2006, l’époque de leurs débuts.

Alors si Seeds ne sera pas l’album de l’année, on se console en se disant qu’en ce moment en n’étant pas gâtés par les sorties françaises (Maurane, Johnny Hallyday, David Guetta, Shy’m), au moins sur ce point les TV On The Radio nous auront sorti un court moment de notre morosité ambiante.

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