Interstellar

Interstellar : la forme sans le fond

Quatre ans après Inception, Christopher Nolan revient sur le devant de la scène pour s’adonner enfin à la science-fiction pure et dure avec le très médiatisé Interstellar.

« Tous prêts à dire au revoir à notre système solaire ? »

Interstellar

Synopsis : Dans un futur pas si lointain, alors que la Terre se meurt, Cooper se voit confier la mission de retourner dans l’espace afin d’explorer une faille dans l’espace-temps. L’ex-pilote de la NASA devra alors abandonner sa famille pour partir dans un long voyage intergalactique afin de trouver une nouvelle planète potentiellement vivable et ainsi espérer donner une seconde chance aux Humains.

Projet initialement lancé par Spielberg en 2006 mais abandonné pour des raisons de calendrier, Interstellar sort finalement près de huit ans plus tard grâce à la collaboration familiale des frères Nolan (Christopher à la réalisation aidé de Jonathan à la réécriture du scénario). Enfant de la génération des Star Wars et autres classiques de science-fiction, Nolan nous livre ici l’une de ses œuvres les plus ambitieuses tant sur le plan personnel que cinématographique.

Considérés comme froids et dépourvus de sentiments, ses films précédents peinent à émouvoir mais le réalisateur tente de changer la donne ici en liant Cooper (le très en vogue Matthew McConaughey) à ses enfants et plus particulièrement à sa fille (Mackenzie Foy puis Jessica Chastain). Cependant les émotions ne sont pas aux rendez-vous malgré les nombreux échanges vidéo entre le père et sa fille. Pour ce qui est de l’œuvre en général et plus particulièrement du scénario, le film change constamment de direction, oscille entre plusieurs humeurs. En effet, alors que le début du film se rapproche plus d’un Soleil Vert de Fleischer, on est directement propulsé dans une expédition scientifique spatiale à la Sunshine de Boyle pour finir dans une scène « fourre-tout » proche de la métaphysique d’un 2001.

Interstellar

Presque comme un hommage aux films avec lesquels il a grandi, l’œuvre cinématographique de Nolan possède des références multiples: la forme de la station spatiale Endurance pour 2001: L’Odyssée de l’Espace, TARS rappelant fortement le robot Gerty de Moon ou encore la forte présence du schéma familial vu dans les premiers Spielberg. Tellement de références, que le film peut sembler perdre son but: marquer le spectateur. Entre masturbation intellectuelle (coucou les théories glissées à la va-vite à peine expliquées) et une fin des plus stupides, le film possède quand même des qualités.

Car oui, je vous mentirai en disant que le film ne vaut strictement rien. Au contraire, les belles images de contemplations spatiales que nous offre Hoyte Van Hoyteman (directeur photo de La Taupe ou encore Her) sont sublimes tout comme certains décors. La BO signée Hans Zimmer raviront les plus mélomanes d’entre vous, même si certains thèmes reviennent trop souvent. Également appréciable, le caméo de Matt Damon, absent des génériques pour ne pas gâcher la surprise.

Au final, Christopher Nolan se réfère à beaucoup trop d’œuvres de ses prédécesseurs pour parvenir à faire quelque chose de cohérent et de marquant tout au long des 169 minutes d’Interstellar même si le tout reste plaisant, par moment.

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