Magic in the Moonlight, un rayon de soleil

L’air se rafraîchit, les feuilles commencent à tomber… Il est donc temps pour Woody Allen de revenir sur le devant de la scène avec son nouveau film annuel : Magic in the Moonlight.

Magic-in-the-Moonlight-Emma-Stone

Stanley est, à ses heures, le très grand et célèbre Wei Ling Soo, un magicien de renom dans les années 1920. Malgré ce travail hors du commun, l’illusionniste est foncièrement cynique et terre-à-terre. Jusqu’à ce qu’il rencontre la lumineuse et illuminée Sophie, une « prétendue » médium qu’il n’arrive pas à démasquer et dont les charmes sont indiscutables. A son contact, Stanley pourrait bien renouer avec la magie, la vraie…

Prenez un personnage acariâtre, cynique et désabusé. Donnez-lui une répartie cinglante. Ajoutez à ce mélange un personnage féminin charmant et souriant, au style atypique et à l’insouciance attendrissante. Mêlez le tout à une grande période historique gentiment rétro et à un pays connu pour son romantisme comme la France. Félicitations, vous venez de concocter un Woody Allen ! Mais c’est comme un chocolat chaud en plein hiver ou un téléfilm de noël au mois de décembre : ça revient tous les ans, ce n’est pas forcément original, mais c’est exactement ce dont nous avons besoin.

Bien-sûr, Magic in the Moonlight possède ce petit « je-ne-sais-quoi » qui le rend unique, qui nous emporte, malgré nous. Comme son personnage principal, Woody Allen s’en tire toujours avec un tour de passe-passe. La fin est, par exemple, bien plus soignée que d’habitude. Le réalisateur est souvent décrié pour ses fins floues ou frustrantes qui peuvent aller jusqu’à gâcher une partie de l’intrigue. Mais cela ne s’arrête pas là. Cet énième long-métrage est une véritable bouffée d’air frais, du début à la fin. Il s’oppose nettement au brillant mais néanmoins pesant Blue Jasmine grâce à sa légèreté exceptionnelle. Aucun drame ni grande désillusion à signaler. Et c’est bien ici que le cinéaste, connu pour son pessimisme à toute épreuve, innove. Comme si il voulait s’octroyer une nouvelle jeunesse !

Cela se ressent également dans le choix du casting. Notamment grâce à Emma Stone, solaire et enchanteresse, qui ne laissera personne indifférent. Elle tient ici un rôle vif et malicieux qui correspond bien à sa personnalité et qui lui va comme un gant. Quant à Colin Firth, il est presque étonnant de ne pas l’avoir vu dans un précédent film de Woody Allen. Avec sa mine renfermée, son air renforgné mais son grand cœur et ses répliques tranchantes ponctuées d’un accent anglais charmant, il correspond parfaitement à Stanley. Le cadre du film est aussi un de ses arguments les plus séduisants. Ceux qui ont aimé Midnight in Paris apprécieront ce nouveau film aux allures vintages. Les costumes, la campagne verdoyante française, les vieilles Ford et la bande-son Charleston : tout nous rend nostalgique et curieux de cette période que nous n’avons pourtant pas connu.

Magic in the Moonlight illumine donc les salles obscures de cette semaine et est à ne surtout pas manquer.

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