Le retour en grande pompe du Pitchfork Music Festival

Du jeudi 30 octobre au samedi 1er Novembre, les habituels enfants qui  meublaient le parc de la Villette ont laissé place à une armée de jeunes branchés à l’occasion de la 4ème édition du Festival Pitchfork. L’évènement le plus important de cette fin d’année accueillait une tripotée de groupes à la pointe de l’actualité, entre rock, électro, pop, folk et R’n’B. Nous nous y sommes rendus vendredi, avec à l’affiche : Perfect Pussy, D.D Dumbo, Son Lux, Future Island, , Chvrches, St Vincent et Belle and Sebastian. Introspection.

Dans la grande Halle, où le magazine musical le plus influent de la terre a posé ses bagages pour nous offrir le seul festival Pitchfork d’Europe, deux scènes se confrontent. A la première heure, les Américains de Perfect Pussy ouvrent le bal aux rugissements des guitares saturées et aux cris perçants de la chanteuse Meredith Graves, livrant un hard rock à la limite du supportable. Ils offrent une performance dynamique devant un petit parterre de spectateurs un peu déboussolés. Sans mélodies ni notes véritablement reconnaissables, leurs chansons ne forment qu’un amas de sons crispants qui aiguise notre nervosité. Étonnante programmation qui prouve que les choix du programmateur Julien Catalasont éclectiques.

La suite est bien plus abordable et dénote franchement avec Perfect Pussy.

Le chanteur D.D Dumbo prend la relève et apaise nos nerfs frétillants. Il livre une performance intime, en tête à tête avec le public, armé de sa guitare, de son looper, et de son tambourin. Le jeune artiste Australien chante d’une voix profonde et douce sur un rythme inspiré du blues et des mélodies travaillées proches de la musique tribale. Il adoucit les mœurs durant 30 minutes puis se fait piquer la vedette par Son Lux qui pointent le bout de leurs nez de l’autre côté du hall.

Véritable révélation, leur performance était vraiment convaincante, rappelant à certains moments Animal Collective dans le rythme  et dans les sonorités colorées à la Merriweather Post Pavillion, tandis que la voix du chanteur ressemble beaucoup à celle de Brandon Flower, leader des Killers. Durant cette explosion de couleurs et de fraîcheur, le public s’entasse de plus en plus et l’ambiance prend de l’ampleur.

On en avait presque oublié que ce soir c’était Halloween. Future Island est là pour nous remettre au goût du jour. Ce groupe Américain de rock indé fait une entrée remarquée, tous de costumes vêtus. Ce soir The Wicked Witch of the West colle ses accords de basse sur le loup-garou à la batterie tandis qu’un vampire met le feu aux planches.

Voici venu le temps de se presser vers la Green stage afin de ne rien rater du spectacle que nous a promis . La chanteuse Danoise est en pleine forme ce soir dans son personnage de squelette qui n’a rien à envier à celui de Lady Gaga dans « Born This Way » ! En véritable show girl, elle électrise la foule dans un set magnétique plein de charisme et d’énergie. On a notamment le droit à ses danses possédées et robotiques puis à un petit tour dans la foule, livre ici l’une des meilleures performances de la soirée.

Puis CHVRCHES débarque et là, c’est l’apothéose de la soirée. En promo depuis plus d’un an, ils livrent ce soir leur dernier concert en France. En live, les chansons de leur album The Bones of What You Believe prennent une ampleur magistrale et explosent littéralement pour se révéler taillées pour la scène. Les lourds sons de synthé 80’s font danser la foule très réceptive captée par les jeux de lumières puissants et colorées  fidèles à leur identité visuelle.

Pour clôturer ce deuxième jour de festival, Belle and Sebastian font leur grand retour. Ils effectuent un set chaleureux par leur folk discrètement teintée de touches électro. Ce soir ils annoncent la sortie d’un nouvel album attendu dans le courant de l’année 2015 et nous offrent généreusement trois titres inédits à paraître sur leur nouvel opus.

C’est sur cette note touchante que la grande halle de la Villette se vide peu à peu. Chanceux sont ceux qui reviennent le lendemain pour assister au live de celui qu’on a nommé « Le Roi du Pitchfork Festival » Caribou.

Photos: Tom Spray and else on Pitchfork.com

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