Yelle, l’ultra pop sulfurée

Souvent injustement sous-estimée, Julie Budet alias Yelle, fête son grand retour à coup de canons à paillettes. Toujours aussi sincère et originale, la grande enfant délivre un album en forme de salade survitaminée qui ne manquera pas de nous réchauffer tout l’Hiver. C’est parti pour une avalanche d’ultra pop sulfurée.

Sa voix fluette contrebalance avec un texte habilement écrit, ambigu et incisif, entre poésie et subversion. Avec « Complètement Fou » on mélange les genres, on mélange tout mais avec cohérence. Alternant grosses machines r’n’b et passages minimalistes dans le même morceau, Yelle joue comme personne avec les codes. La production est millimétrée, on sent que chaque chanson est travaillée à l’extrême. Intensité et passion semblent être les mots d’ordre de l’album, comme une envie d’envoyer se faire foutre les règles classiques d’une pop française trop sage. Yelle n’est pas sage, avec ses deux amis Grand Marnier et Tepr, elle envoie tout valser pour danser jusqu’au bout de la nuit.

Capture d’écran 2014-10-21 à 13.08.27Yelle est toujours celle qui saura faire danser toute une salle. Son dernier album comporte toute une série de tubes dansants. Les rythmes s’entrechoquent, certaines chansons semblent être écrites pour les acrobaties les plus folles comme « Complètement fou » ou le diabolique « Ba$$in ». « Coca sans bulles » étonne et irradie par ses deux visages, « Toho » transporte par ses mélodies japonisantes, tandis que « Jeune fille garnement » nous frappe par sa violence. Avec ses mélodies obscures, « Dire qu’on va tous mourir » contraste avec ses voisins. « Florence en Italie » et les deux « Nuit de baise » l’accompagnent dans ce joli affront pendant que la machine à danser reprend son souffle.

Constamment sur le fil, la « jeune fille garnement » ne produit pas seulement des chansons ultra pop, elle sait tout aussi bien façonner des morceaux sombres et délicats où nos songes aiment se perdre. On finit en apothéose avec le bien nommé « Bouquet final », illustrant parfaitement l’ambivalence de ce disque.

Elle ose la fille, et on se demande encore comment elle peut être si incomprise en France. Souvent moquée pour ses chansons faussement naïves et « trop girly », Julie ne manque cependant pas de second degré. Aux sceptiques on conseille d’écouter plus attentivement les paroles de cette fille inclassable dans les rayons de disques.

Après une longue tournée aux States où elle rencontre un franc succès auprès des américains, qui ne comprennent rien mais qui l’adorent (le plaisir de la danse est universel), la jeune chanteuse revient enfin pour une série de concerts en France.

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