Hozier, les tréfonds d’un amour automnal

Un artiste. Une voix. Des paroles à couper le souffle. Hozier. Andrew Hozier-Byrne, chanteur irlandais s’impose depuis 2013 comme un artiste avec une voix qui compte. Le lyrisme de ses textes et son aptitude à parler de tout font de lui un artiste à part entière. Hozier parle de nous.

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Il y a quelques semaines, Hozier sortait son premier album éponyme. « Hozier », c’est lui, c’est toi, c’est moi, c’est nous. A la fin, nous sommes tous pareils, c’est peut-être pour cette raison que cet album parle à tant de monde puisque nos histoires se ressemblent. Après tout, n’est-ce pas le but de la musique ? D’être universel.

Hozier ouvre son album sur Take me to church, une chanson déjà connue de certains amateurs de musique puisqu’elle apparaissait dans l’EP précédent l’album. On peut d’ores et déjà parlé de LA chanson de l’album. L’artiste donne le ton. L’harmonie de la musique et du texte renforce le message transmis dans Take me to church. L’interprétation est sujette à débat mais c’est avant tout une ode à l’amour sous toutes ses formes. Ou devrais-je dire à la sexualité ? Comme désir, comme celle qui nous définit.

C’est Angel of small death & the codeine scene qui prend le relais. Ici, il s’agit de la passion dévorante. Hozier nous cesse de nous surprendre avec des sens cachés, des métaphores en tout genre avec « small death » qui renvoie à l’expression « petite mort » en français. Cette formule définit l’orgasme, cet abandon de soi. Lorsqu’on lie cette expression avec la codéine, une drogue dont on ne peut se passer mais qui a pour vertu principal d’être un antidouleur, on s’interroge : quelle est la frontière entre l’amour et l’abus ?

Moins sérieuse, Jackie and Wilson, est un joyeux hommage rendu par Hozier à l’un des grands maîtres du Rythm and Blues des années 50. Sur un ton tout aussi léger, l’auteur-compositeur fait naître un air béat sur nos visages avec Someone new.

To be alone apparaît comme un remède à la culture du viol. C’est un message fort que nous livre ici Hozier, Comment se retrouver et aimer après avoir subi un traumatisme ? Être soi, vivre, aimer après un viol, une agression sexuelle est difficile voire impossible pour certaines personnes et c’est ce parcours qu’Hozier nous décrit. Après avoir vécu de telles choses, l’être humain ne peut se reconstruire et éprouver ces drogues que sont l’amour, la confiance ou de simples émotions. En réalité, ces sentiments sont des drogues dont on ne peut absolument pas se passer. Cependant, pour une victime ces drogues essentielles à la vie n’ont aucun effet car un abus détruit une personne dans son for intérieur. Encore une fois, nous vous livrons une interprétation parmi tant d’autres, c’est ce qui nous plait chez Hozier, nous ne sommes pas enfermés dans une seule et unique explication du texte.

tumblr_ndcja26u2k1qh8vqbo1_1280Introspective, From Eden est l’occasion pour Hozier de revenir à quelque chose de plus sentimentale avec un son blues, il idéalise son amour et s’interroge « Babe there’s something tragic about you, something so magic about you, don’t you agree ? », si Hozier semble souffrir d’amour dans ses chansons, il sait aussi romantiquement narrer l’amour et la mort dans In a week. Unique duo de l’album, la voix de Karen Cowey sert à merveille le propos du texte. Les amours sont belles, cependant, elles le sont moins lorsque les drogues s’en mêlent, Sedated en est la parfaite incarnation.

Gospel, un son, une idée qui apparaît dans Work Song, cette chanson semble dépeindre l’histoire d’une triste passion, teintée de regrets mais à la fois pleine d’espoir. C’est ce même espoir qui nous accompagne à l’aube d’une nouvelle relation, parfois brisés, on souhaite repartir à zéro, ardoise clean, c’est l’histoire de Like real people do. Des sentiments terrifiants peuvent naître lors d’une relation, It will come back exprime le fait qu’on puisse en arriver à supplier l’autre de nous faire du mal, c’est l’une des chansons les plus tristes de cet album. Quant à elle, Foreigner’s god se penche sur le fait de ne pas se sentir à sa place, on ressent cette peine presque physiquement avec des paroles telles que « Screaming the name of a foreigner’s god the purest expression of grief ». La fin, déjà, avec Cherry wine nous laisse sans voix en traitant une nouvelle fois d’amour, mais d’un amour adultère, cela en vaut+il vraiment la peine ?

Des mélodies qui restent, un compositeur d’exception, Hozier nous livre une part de vie dans cet album éponyme qui ne peut vous laisser de marbre tant par ses propos que par sa musicalité.

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