Gone Girl, méfiez-vous des apparences

L’incontournable réalisateur David Fincher récidive en 2014 pour nous offrir un thriller magnétique et envoutant qui frôle la perfection. Bien que Seven, Fight Club ou encore The Social Network suffisaient à considérer le génie de ce réalisateur qui excelle dans l’art de la mise en scène, Gone Girl forme juste la cerise sur le gâteau.

 

Dans l’Etat du Missouri, Nick et Amy Dune forment le couple Américain parfait. Mais leur histoire tourne au désastre lorsque l’épouse disparait brutalement laissant son journal intime derrière elle. Les nombreuses preuves contre Nick feront de lui le coupable idéal.

Ne vous fiez pas à la tête d’affiche s’il vous plait. Que les sceptiques vis à vis de Ben Affleck ravalent leur fierté de cinéphile (prenez mon exemple). Pour une fois, l’acteur prouve qu’il peut assumer des rôles plus graves, même si Argo avait légèrement redoré son blason de « bogoss » hollywoodien.  Joli cadeau de la part de Fincher qui aime révéler les « belles gueules » comme il l’avait fait pour Brad Pitt avec Seven ou Fight Club. Ici, Ben Affleck livre une performance très convaincante, parfait dans le rôle de l’Américain moyen, infidèle et peu délicat. Derrière la mystérieuse Amy se cache la trop peu connue Rosamund Pike, nouvelle icône hitchcockienne, héritière de Kim Novak et Grace Kelly, belle blonde douce et diabolique. Et bien sûr, il est impossible de passer à côté de la prestation de Neil Patrick Harris (Barney Stinson) révélé par How I Met Your Mother, malheureusement décevant dans le rôle qu’il endosse, trop marqué par son personnage de chaud-lapin lourd dans la série Américaine.

David Fincher exprime son génie dans une mise en scène labyrinthique à couper le souffle

Ce qui est intéressant dans le film, c’est qu’il n’est pas un simple thriller bien mis en scène, avec un jeune couple à l’apparence parfaite et à la réalité sous-jacente morbide. Le contenu offre une critique virulente à l’égard de la société et des médias qui jouent un rôle considérable dans l’oeuvre comme dans la vie. Entre leurs mains reposent le destin des personnages avec lequel ils cherchent à faire du buzz. C’est ainsi que le dénouement se construit, offrant de nombreuses péripéties et retournements de situations au rythme de l’opinion publique.

Le style de Fincher demeure assez peu reconnaissable cependant, c’est sans doute une chose que l’on pourrait lui reprocher si vraiment on cherche la petite bête. Mais les films qui composent sa filmographie sont si différents, qu’il nous est assez compliqué de définir son identité visuel. Il reste fidèle à son directeur de photographie Jeff Cronenweth à qui on doit l’univers sombre et lugubre de Fight club, de Social Network et Millenium : Les Hommes qui n’aimaient pas les Femmes« Notre mission a consisté à trouver le moyen d’auréoler de mystère cette petite ville ordinaire et ses maisons impersonnelles » explique-t-il. Le résultat est au rendez-vous !  Pour ce qui est de la B.O, Fincher ne prend plus de risques et réembauche sa combo gagnant de The Social Network qui remportait en 2010 un golden Globe et un Oscar pour ce même film : Trent Reznor et Atticus Ross. Epurée, pesante et minimaliste, cette bande son enveloppe d’un voile de crystal pure et profond l’ambiance particulièrement lisse et banale de la production.

Un seul conseil: il fait froid, c’est les vacances, alors rendez vous dans le cinéma le plus proche !

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