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Vianney, l’amour pastel

Avant que les mots ne s’inscrivent en noir ou en bleu, grattant la feuille avec virulence ou avec délicatesse, la main devait suivre les idées d’un amoureux des sons. Il avait ce jour-là un pull céruléen sur une chemise blanche et des cheveux collés à la tempe, drôle de coiffure. Il avait un nom Vianney et un petit bijou pastel sobrement nommé Idées blanches. Sorti lundi 20 octobre 2014, ce premier album tout en français et on peut le dire coloré nous révèle un tout jeune talent de la chanson française.

Aux Débutants De L’Amour, on aura bien des leçons à leur rapporter, mais Vianney se montre plus dur, trop sincère ? Mais je crois qu’il ouvre un premier chapitre, nous prévient que la romance qui est en train de naître risque de nous briser le cœur, dégringole, dégringole, notre idylle,  le vent levé. C’est encourageant ! Hélas, comme un arroseur arrosé, celui qui se veut moralisateur des énamourés, finit par sombrer sous la puissance irrépressible de la passion amoureuse. Tel Orphée qui tente de retrouver sa bien-aimée aux Enfers, Vianney chante tantôt l’absence les cœurs en miette dans Pas Là et une haine contrôlée dans Je Te Déteste. La comparaison avec le héros de la mythologie grecque n’est pas anodine, tous deux sont des musiciens et espérons que notre jeune poète ne connaîtra pas la même fin tragique pour avoir refusé toute autre histoire d’amour et se fixer éternellement face aux cordes et aux sons de ses instruments.  D-e-t-e-s-t-e, je te déteste, ce refrain renverse la tendance, brise la malédiction énoncée plus haut. Vianney est plus humain, moins tendre qu’on ne l’aurait cru, je viens gifler mes cordes plutôt que ton fessier.

Une petite promenade à Paris, sous le son d’une guitare et d’un chœur masculin, les marrons chauds hissés devant nos yeux, le romantique renaît face à cette jeune femme qui a les lèvres blanches. Elle s’arme d’un labello et comme un effet indésirable, forcé par le beau brun, on s’entête à chantonner labello-labello, ça vous arrivera je vous l’assure. On découvre le nom de cette demoiselle : Veronica. Ce qui aurait pu passer pour un titre simple se montre complexe et agréable, rythmé par des sifflements, des vibrations graves contrastant avec le grain de voix du conteur sylvestre. Dans leur silence, les gens sont méchants, ce titre et refrain pourrait nous tiquer puisqu’ici c’est nous qu’on pointe du doigt. Mais au regard de ce neuvième titre on peut enfin comprendre le nom de l’album. Il ne s’agissait pas des idées à transcrire par écrit ou par chanson mais de pensées positives. Ces idées blanches tentent d’écarter les brumes maussades que nous avons inconsciemment créées. En quelques mots, l’album et ses 12 titres en sont le talisman magique. Charmé par cet éclat, il serait idiot de ne pas le comparer cet album à Blonde de Coeur de Pirate. Leurs textes respectifs sont semblables, leurs sensibilités touchantes et leur amour pour Paris pour Vianney Bureau et Québec pour Béatrice Martin font figure de protagonistes à travers leurs quelques titres. Cependant, Idées Blanches est plus étincelant, plus positif à bien des égards.

VianneyIdées Blanches, sorti le 20 octobre 2014 (tôt Ou tard).

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