Malala, 17 ans, certifiée prix Nobel de la Paix en 2014

    Malala Yousafzaï, jeune militante Pakistanaise pour le droit à l’éducation des enfants a été promue ce matin Prix Nobel de la Paix de cette année 2014. Elle se retrouve aux côtés de Kailash Satyarthi, lui aussi prix Nobel et activiste Indien, également combattant pour le droit des enfants.

Alors que le monde est ravagé par des conflits éclatant à ses quatre coins, le nouveau Nobel de la Paix ne pouvait pas être un occidental. Et pour cause, depuis 113 ans qu’existe le Prix Nobel de la Paix, pratiquement tous étaient américains ou européens. Cette récompense espérée pour la jeune Pakistanaise n’était donc pas inespérée.

C’est face à une liste de 278 candidats que les deux Lauréats ont été élus ce matin vers 10h. Pour aller au delà de ça, admirons la coïncidence que ce soit deux candidats primés sur le même combat. Ajoutons que c’est un message de paix qu’est cette élection. Un message de paix surtout entre deux pays voisins et néanmoins rivaux.

« Nous ne sommes qu’au début de notre combat »

Malala est très jeune quand elle commence à mener son combat -à peine 11 ans en publiant sur son propre blog. Dans sa ville natale, le Swatt, république islamique où les talibans veulent régner, la jeune femme va se battre pour l’accès à l’éducation des Pakistanaises. L’année dernière, elle sort son livre Moi, Malala, je lutte pour l’éducation et je résiste aux talibans. Un livre qui montre une jeune Pakistanaise aidée par son père dans le but d’atteindre une liberté idéalisée.

Avec cette lutte, la jeune femme a maintes fois risqué sa vie pour son combat, elle se fera d’ailleurs agresser et plonger dans le coma en 2012 suite à une attaque par ces fameux talibans qu’elle repousse. « Mais j’avais le choix: risquer ma vie et ne pas m’exprimer ou m’exprimer et risquer encore plus ma vie » souligne Malala lors de son premier discours de Lauréate cet après-midi. « J’ai donc décidé de lever ma voix, de me battre, car je souhaitais apprendre à l’école. Je veux que chacun puisse enfin y aller, puisse recevoir l’éducation qu’il mérite, qu’il soit même le fils ou la fille d’un terroriste », précisait-elle lors de son intervention en juillet 2013 à New-York, devant l’Assemblée de jeunes de l’ONU. « Je n’ai même pas de haine pour le taliban qui m’a tiré dessus. »

« Aujourd’hui, quand la nouvelle des Prix devait tomber, j’étais en cours de chimie et je ne m’attendais à rien de spécial. A 10h15, une de mes professeurs est venue me chercher pour me l’annoncer. Je ne m’y attendais pas » explique t-elle calmement pendant son discours de presse d’aujourd’hui. « J’ai quand même insisté à assister aux cours de la journée. C’était une journée tout à fait normale. »

Malala Yousafzai à Ajuba, au Nigeria, le 14 juillet.

Malala Yousafzaï souhaite devenir une femme politique. Au Pakistan, la jeune femme qui a œuvré pour l’éducation et l’entrée des jeunes filles dans les écoles est soutenue. Très soutenue. Si son souhait se prolonge, ce qui risque fortement d’être le cas, elle aura commencé sa carrière à 11 ans. Un âge hallucinant pour une jeune Malala mature comme on aurait tous souhaité l’être à son âge. Désormais résidente en Grande-Bretagne, où elle a été soignée, la Pakistanaise a récemment créé une fondation à son nom en soutenant les campagnes en faveur de l’éducation des enfants dans les pays du Moyen-Orient mais surtout au Pakistan.

Malala a seulement 17 ans. Elle devient ainsi la plus jeune lauréate du Prix à ce jour. Il faut rappeler également que parmi les candidats au titre, était présent Julien Assange, fondateur de Wikileaks, le « lanceur d’alerte » qui avait révélé au monde le plan d’espionnage de la NSA en 2013. Une information qui avait été suivie d’une grande méfiance des citoyens du monde envers le service de sécurité des États-Unis.

Remise des prix le 10 décembre, date d’anniversaire de la mort d’Alfred Nobel, son créateur.

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