métamorphoses de christophe honoré

Métamorphoses de Christophe Honoré : à la rencontre des dieux à la sortie des classes

Après Les Chansons d’Amour, Non ma fille tu n’iras pas danser et Les Bien-Aimés, le prodigieux réalisateur français nous présente son film le plus audacieux : Métamorphoses. Son adaptation moderne des poèmes d’Ovide a toutes les qualités que l’on attend d’un bon film français. Cependant, même si les idées séduisent, le résultat demeure assez décevant.

Tout commence à la sortie du lycée lorsqu’Europe fait une rencontre qui va bouleverser sa vie monotone; celle de Jupiter. C’est alors que les personnages se succèdent sous forme d’épisodes.

Les hommes et les dieux s’accordent en périphérie, frontière entre la ville et la campagne, dans la forêt où figures fantastiques et mystiques prennent vie. Lieu de tournage adéquat qui symbolise bien cette frontière entre le réel et l’irrationnel. Cependant ce récit fantastique se passe d’effets spéciaux, ou presque, refusant la  démesure au profit d’une surprenante simplicité qui survole tout le film.

Afin d’éviter tout maniérisme, Christophe Honoré choisit de même, de mettre en scène des comédiens amateurs qui ne jouent pas mais récitent un  texte, ce qui hélas, le rend hermétique. D’autre part, le film est assez déséquilibré. Si quelques scènes sont finement réfléchies et brillamment travaillées, d’autres sont décevantes tant le réalisateur choisit la simplicité ou même le cliché.

La dimension symbolique du personnage de Jupiter est assez bien explorée et met en lumière toute sa puissance divine et sexuelle; et la scène d’Aphrodite pour moi demeure la plus belle du film. Mais Bacchus et ses bacchantes ainsi qu’Orphée font retomber la mayonnaise qui avait déjà du mal à prendre. L’un est un psychopathe semi punk entouré d’écervelés qui se crêpent le chignon seins nus en baskets adidas, l’autre est le prophète d’une secte qui lutte pour la paix et tente de propager la parole des dieux dans les « banlieues  chaudes » de Nîmes.

Métamorphoses de Christophe Honoré
« L’esthétique du film est l’un de ses points forts »

Tout de même, l’esthétique du film est un de ses points forts. Les images sont souvent à couper le souffle. Elles sont simples et sans fioriture comme le montrent les nombreuses scènes de nu crues et dénuées de tout érotisme.

Métamorphoses de Christophe Honoré
« Métamorphoses aurait pu être une perle rare »

Métamorphoses aurait pu être une perle rare mais beaucoup de maladresses rendent le film inégal et en somme assez ennuyeux. Christophe honoré se tourne vers un cinéma contemporain plus avant-gardiste sans savoir quoi faire exactement. Je dis oui à l’originalité, mais celle-ci reste déconcertante car elle semble parfois ne pas avoir de sens. Il prouve tout de même que le cinéma français se porte bien et se permet encore quelques audaces à l’époque où le septième art est régné par un box-office qui favorise les films de divertissement.

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