Banks, juste une place sur l’Olympe

Il y a un nom que tous connaissent, les malfrats en font leur eldorado dangereux, les banks (banques en français). D’autres sentent leurs oreilles frémirent car ils ont attaché ce nom à une voix: Jillian Banks. Cette belle brune au double trait d’eye liner ombrageant son regard énigmatique a laissé tomber le J jusqu’au N pour organiser tout un mystère au tour de ces 5 lettres BANKS. Il n’aura pas fallu beaucoup de temps pour la Californienne de se faire un nom dans le monde de la musique. Son premier extended play London avait réussi à rouiller les mécanismes de nos coffres forts avec en l’occurrence Waiting Game. Une langueur troublante animait nos esprits et la danse de BANKS ne faisait que commencer, son premier album allait en être son support le plus sombre possible.

Goddess, littéralement « déesse » est le nom de ce premier opus en rouge et noire. Serait-ce une mythologie qui se raconte en mélodie ? N’est pas plutôt un titre qui veut rétablir un fait incontestable ? Banks sera une déesse dans votre vie dès que vous aurez fini d’écouter cet album ? J’aurai voulu tomber dans les bras d’Aphrodite ou Athéna, damnation j’ai sombré sous les charmes californiens de Banks.

Cela commença en douceur, trouvant un Alibi en béton pour troubler nos pensées, on se sent traîner dans la démence si longue et ténébreuse de quelques titres très RNB, rappelant sans conteste AlunaGeorge mais la voix a des atouts qu’on aurait bien du mal à énoncer. Le charme d’un chant de sirènes, trop cliché, pourtant c’est cette image qui vient car il est aussi terrible que ces monstres homériques qu’Ulysse écoutait les mains liées au mât. Ces charmes chantés sont omniprésents, parfois jumelés par des instrus électros et synths, Brain en est le parfait exemple. Thomas Azier ou encore Louis M^ttrs ont de la concurrence, le Berlinois et Britannique ont trouvé leur pendant féminin, This Is What It Feels Like ou Drowning touchent le même univers très insomniaque et torturé, plein de monstres tapis dans l’ombre.

Comme une oréade, ces nymphes des montagnes et des forêts, Banks cache beaucoup de douleurs sous des airs plus tendres que joviales. Il est parfois frappant de croire la belle brune seule dans une clairière ou dans une grotte mystique à émettre tous ses lamentations comme ses joies. Cependant quelques titres sortent du lot parfois trop rnb. Change met l’accent sur une chaleur fumante, un petit voyage dans une tribu Cheyenne tandis que You Should Know Where I’m Coming From corrobore avec les sons similaires de Birdy ou Christina Perri, avec des notes au seul don d’un piano. Après Change, Someone New se veut très intimiste et s’accompagne d’une guitare acoustique, très loin de cette généralité électrosynth. C’est dans une note très solennelle que se termine Goddess, comme pour clore un bon film, c’est là que se déroule le générique et qu’on sort un peu triste, la vague à l’âme car la déesse a fini.

Goddess de Banks, sortie 8 septembre, Universal.

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