A l’affiche : Les Combattants, ce film qui nous fait aimer les comédies françaises

    Au cinéma, il y a deux sortes de comédies: celles adaptées d’un bestseller à la Marc Levy -ne trouvant rien de différent à raconter d’une production à l’autre- et puis il y a les comédies inattendues, surprenantes parce que différentes et attachantes. Les Combattants, dernière réalisation de Thomas Cailley fait partie de cette dernière catégorie.

Synopsis: Arnaud travaille dans l’entreprise de sa famille, spécialisée dans la construction en bois, et passe l’été au bord de la mer. Il fait la rencontre de Madeleine, qui souhaite intégrer l’armée et se montre obsédée par la fin des temps et le survivalisme. Une relation forte va progressivement les unir.

Malgré une bande-annonce qui ne rend pas complètement justice au film, c’est sur ce même court extrait d’une minute quarante que je me décide à voir la comédie. Il faut dire que, dans l’ensemble, l’été a été propice à l’efflorescence des productions françaises (Hippocrate et Lucy notamment) devançant ainsi timidement les blockbusters américains Nos Étoiles Contraires, Les Gardiens de la Galaxie et 22 Jump Street.

La liste des points forts est longue comparée aux faiblesses du film donc nous garderons ces dernières pour la fin. Visible dès lors du visionnage du trailer, ce film ne passe pas à côté de certains codes cinématographiques et surtout saisit sur l’écran de façon très juste les sentiments des personnages. Cette comédie qui est une ode à la vie, au carpe diem et à la découverte de soi-même et de ses limites tourne principalement autour des personnages de Madeleine (Adèle Haenel -qui au passage pourrait nous rappeler la trempe d’Adèle Exarchopoulos dans La Vie d’Adèle-) et Arnaud (Kévin Azaïs).

Si ces acteurs ne vous disent rien pour le moment c’est aussi parce qu’ils en sont à leur balbutiement dans la profession. Le ton est donc donné, le tandem de choc parti faire leur survival experience vampirise littéralement l’écran, encore frais de (re)découvrir la vie. Madeleine, jeune femme ambitieuse, rude et maladroite rencontre Arnaud, un gentil jeune homme naïf qui a sa bande de potes depuis toujours mais qui ne sait pas quoi faire de sa vie. Madeleine a beau se sentir désagréable avec ce dernier, il n’en est que plus attiré. Mais là encore on flaire l’histoire d’amour à deux kilomètres alors que ce sentiment fait en effet partie du film mais ne le domine pas comparé à la philanthropie et à la solidarité qui en ressort.

Deuxième sentiment qui embaume l’atmosphère du film, c’est cette franchise désarmante du duo d’acteurs, comme s’ils jouaient le rôle de leur propre vie devant la caméra. Cette franchise et ce caractère brute de décoffrage de Madeleine face à la répartie d’Arnaud est même sincèrement drôle. Tout le long du film, pas une dizaine de minutes se passe sans qu’il n’y ait d’éclats de rires.

Adolescents, un acteur qui pourra vous faire écarquiller les yeux de surprise, c’est bien William Lebghil. Le copain Slimane qui joue aux côtés de Kev Adams dans Soda -pour en retenir le pire- mais aussi acteur secondaire dans Mythos et Jacky au Royaume des filles. Ici, Xavier, le personnage de William fait preuve de maturité, pêche, arrache les capsules de bières avec ses dents – comme si ça avait toujours été un don.

Un autre bon point à mon goût qui enjolive le tout : la bande son travaillée et recherchée, en choisissant notamment pour la scène dans la boîte de nuit le remix de Yuksek Right Now par KOSTROK qui a valu d’être aussi présente sur la bande-annonce.

Primé lors de la Quinzaine des Réalisateurs à Cannes, la comédie fustige les préjugés sur le cinéma français et prouve que la pépite cinématographique made in France n’est pas libérale et n’a nul besoin de se délocaliser pour trouver preneur. S’il y a un défaut que nous devions reprocher à la comédie c’est sur sa longueur arrivé aux dernières minutes et une fin assez incompréhensible, presque bâclée parce qu’on ne sait plus sur quel sentiment apocalyptique terminer cette comédie qui ronge de l’intérieur. Une comédie originale et audacieuse à voir et à revoir !

Les Combattants, de Thomas Cailley. 1h26. En salles depuis le 20 août.

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