Pont du rock

Au Pont du Rock. Une 24e édition qui voit plus grand

  « Plutôt deux fois qu’une » – Ayant goûté à la dernière édition du festival morbihannais, qui au passage nous avait fait bonne impression, nous ne pouvions pas retenter la chose l’année d’après. Verdict.

Après les Charrues, Etienne de Crécy présentait son nouveau projet « discount » aux festivaliers.

Des éloges, on peut en faire. Plus vieux festival de rock dans le Morbihan, le festival Au Pont du Rock, créé sous l’association Aux Arts Etc est le résultat passionné d’amoureux de la musique. Et rien que pour ça, il n’a rien à envier à ses camarades qui programment des gros noms de scène américains dans leur programmation.

On y était l’année dernière, une première à ce festival où on avait pu découvrir The Struts, Buster Shuffle et Carbon Airways; une salve de nouveautés qui se sont confirmées cette année en s’invitant à l’affiche de nouveaux festivals. Si cette année défaut il devait y avoir, c’est la programmation d’artistes indé qui a été, à mon goût, mise de côté. Mais ne faisons pas nos mauvaises langues, nous avons quand même pu apprécier Von Pariahs, Griefjoy, Nasser ou encore The Skints du côté des artistes émergents.

von pariahs pont du rock
Les Von Pariahs ont fait de nouveaux adeptes bretons.

Les artistes qu’on a retenu

Le vendredi, le trio Triggerfinger a, comme à son habitude, remporté l’adhésion entière de son public en se démenant avec son rock classe et branché, un public réveillé repris après par les prodigieux FFF qui signaient leur retour sur scène et qui ont a priori été appréciés par les festivaliers de tout âge. L’artiste qu’on attendait surtout, c’était Yodelice alias Maxime qui avait, souvenez-vous, fait parler de lui avec plusieurs singles (Talk To Me, People Are Strange, Sunday With A Flu). On a à vrai dire pas été déçus non plus de sa performance, Yodelice qui a d’ailleurs emprunté le chemin de plusieurs festivals cet été.

Yodelice Pont du Rock
L’artiste pop folk Yodelice; un vrai coup de cœur qui s’est confirmé.

Le samedi était l’occasion pour le groupe The Seasons -qui avait remporté le tremplin du festival en mars- de se faire remarquer en fin d’après-midi devant un public pas encore complet. Von Pariahs, dont nous avions chroniqué leur dernier album, nous ont laissé sur une bonne impression en live sur la scène Grenouille. A vrai dire, c’était cette soirée du samedi qui nous remplissait d’espoir de trouver de nouvelles révélations live parmi les jeunes pousses. Von Pariahs en étaient. Mais il ne fallait pas oublier la britannique Anna Calvi qui aime tourner en Bretagne et toujours ovationnée sur son passage, Griefjoy, que nous avions pu retrouver au festival Les Indisciplinées l’année dernière et St Lô, le groupe anglais par excellence qu’aucun festival breton n’a encore compris qu’il fallait s’arracher cet été. Entre blues-rock futuriste, électro dansante et des pointes de hip-hop savamment dosé, mené par la chanteuse Mezz Walidah, le groupe regorge de nouveautés à nous mettre sous la dent. Malestroit l’a bien compris.

st-lo pont du rock
St Lô, la révélation cocktail musical du festival.

C’est sur l’excellente découverte électro avec Nasser et sur le set de Vitalic que le festival ferme ses portes. De l’électro transe en fin de festival, une idée saugrenue ou pas, il n’empêche que Vitalic a porté avec honneur le rôle de veilleurs de nuit transformant le festival à 3h du matin en rave-party.

vitalic pont du rock
Vitalic a littéralement transcendé le public resté les écouter jusqu’au bout de la nuit.

Ce qu’il fallait retenir

Un record de fréquentation. Près de 20 000 festivaliers sont venus fêter les 25 ans du festival breton et apprécier la programmation, pour le coup très électro du Pont du Rock. C’est encore mieux que l’année dernière où le festival avait accueilli plus de 16 000 festivaliers, pulvérisant ainsi les 19 000 festivaliers de l’édition de 2011 qui invitait alors The Dø, Lilly Wood & The Prick, Opium du Peuple, Skip The Use, Deportivo ou encore Chinese Man. Un nouveau virage pour le festival avant d’arriver dans la cour des grands ?

Au camping et sur les réseaux sociaux, des festivaliers partagés. Force est de constater que l’édition a fait parler d’elle, mais dans quel sens ? « Trop électro » cette année pour certains, « têtes d’affiche parfaites » pour d’autres, difficile de contenter tout le monde. Cette année, l’équipe du festival a emprunté un nouveau virage. Pour le meilleur comme pour le pire… Sur Twitter, Adrien, festivalier « habitué depuis cinq ans du Pont du Rock », nous avait confié être venu pour Vitalic et Skip The Use, comme la majorité de festivaliers, les têtes d’affiche achèvent de convaincre. On peut le dire, c’est un festival qui, d’année en année fait encore plus parler de lui sur les réseaux sociaux. Nicolas, de Nantes, dit avoir apprécié « en point positif: l’ambiance agréable qui incite à faire la fête, la programmation, les bénévoles au top » mais en point négatif il pointe « l’organisation des billets pour les boissons et les repas, l’attente et la non-reprise des tickets en fin de festival. » Partout sur Twitter, les festivaliers semblent s’enflammer de joie à la vue du festival qu’ils viennent de faire. Un petit passage sur le forum créé par l’association sur Facebook confirmera l’impression générale. En somme; « des découvertes musicales », « la guerre des tickets », « un festival bien desservi niveau transports », « un festival à taille humaine et agréable », « le café du matin bienvenu ». Une ambiance festive qui se poursuit chaque année jusque dans le village de Malestroit.

Des petits concerts improvisés se sont tenus dans le bourg de Malestroit, ici, devant l’église Saint-Gilles.

Du côté des artistes, les impressions fusent. Dès sa sortie de scène (ou bien le lendemain histoire de récupérer), le groupe marseillais Nasser qui avait fait une superbe ola s’est empressé de poster sur les réseaux sociaux. Et les autres aussi. Une petite sélection.

Pour cette édition, l’association Aux Arts Etc a misé gros, et elle a eu raison. Recettes engrangées, record d’entrées, humeur joviale et une programmation qui tient la route. Autant d’efforts remarqués qui n’ont cependant pas permis de communiquer comme ils l’avaient fait l’année dernière avec les médias. Peut être le petit hic de cette édition ? On espère que ça ne sera que le cas de cette année.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *