Vieilles Charrues 2014, on vous raconte : Côté concerts

 Comme on vous en a déjà parlé dans la première partie de ce rapport de festival, la programmation était encore une fois variée, à l’image des années précédentes. On retrouvait pas mal de rock et d’électro mais aussi du rap, de la variété, des musiques traditionnelles, tout ça sous forme d’environ 70 concerts répartis sur quatre scènes.

Il y avait beaucoup de choses à voir, qu’on avait envie de découvrir et ça n’a pas toujours été facile de ce faire un planning de concerts alors on a décidé de fonctionner au coup de cœur, sans pour autant nous empêcher de faire quelques petites découvertes. Et il y en a eu de belles. Voici un petit condensé de ces quatre jours de live.

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Jeudi

Shantel. Le tout premier concert auquel on a assisté pour cette édition 2014 et autant dire qu’on s’est éclaté. C’est un croisement improbable entre de la musique électro/techno et des airs traditionnel balkanique. C’est aussi barré que ça en a l’air, Shantel met une ambiance de fou, invite des gens à danser sur scène et est accompagné du Bucovina Club Orkestar qui apporte cette touche des pays de l’Est. La découverte du festival pour moi, ça va vite finir dans ma playlist pour être de bonne humeur.

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Shantel a ouvert les festivités le 17 juillet sur le site des Charrues. Photo: Frederic Villemin

Vanessa Paradis. Première grosse tête d’affiche en ce premier jour de festival. Une prestation jolie et sincère bien qu’un peu timide qui n’a pas été un coup de foudre.

Vanessa Paradis a tenu à faire monter sur scène son ami Benjamin Biolay qui partage la même passion pour la musique… c’est romantique. Photo: SIPA

Skip The Use. Le premier concert que l’on ne voulait pas rater. Les membres du groupe nous ont offert un véritable show, le chanteur Mat Bastard est juste un grand malade qui nous a fait sauter dans tous les sens et même fait une danse de la pluie. On m’avait dit que j’allais en prendre plein les oreilles et on ne m’avait pas menti, leur rock est énergique, puissant, parfois teinté de punk et d’électro, il devait faire aussi chaud dans le public que sur la scène et ça nous a mis un coup de fouet après Vanessa Paradis.

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Comme à son habitude, Mat renverse la scène. Et les spectateurs. Photo: Frederic Villemin

The Black Keys. Également l’un des grands noms de l’affiche. La qualité est au rendez-vous avec le duo américain que l’on ne présente plus. Ils maîtrisent leur musique, mélange de rock garage, de blues et de soul avec une dextérité déconcertante. Ça en est presque rageant tellement c’est beau de classe vintage. Le seul reproche qu’on pourrait leur faire c’est peut-être justement cette trop grande « classieuseté » de leur musique, comme s’il y avait une certaine distance avec le public. Mais musicalement, il n’y a rien à jeter.

Après leur performance jugée décevante aux Eurockéennes, le défi des Black Keys a été double aux Charrues. Photo: Jerome Fouquet

Fauve. Ils ont fait beaucoup d’eux et j’avais eu un gros coup de cœur pour leurs textes et la mélodie de leurs compositions musicales. Je redoutais un peu en live, ne sachant pas trop à quoi m’attendre. Je n’ai pas réussi à me mettre dans le concert mais ce n’était pas le cas du reste du public qui a été au taquet pendant toute la prestation du collectif qui leur a bien rendu par des interactions chaleureuses.

Vendredi

Tinariwen. Très dépaysant musicalement, ce collectif offre une musique aux sonorités peu familières à nos oreilles. Ils invitent au voyage par-delà la mer, vers l’Afrique et ses déserts arides aux dunes de sable à perte de vues. Les mélodies sont étrangement hypnotiques, mariées de basse et de percussions. Peut-être un peu trop dépaysant de notre point de vue mais assurément une originalité exotique dans la programmation.

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Tinariwen, une belle et jolie découverte orientale. Photo: David Adémas

The Celtic Social Club. Jamais un groupe n’aura aussi bien porté son nom. C’est de la musique celtique qui nous pousse à danser avec les autres. Les mélodies sont entraînantes, parfois mélancoliques, teintées des accents de la Bretagne, de l’Écosse ou de l’Irlande. Petit bémol sur la maîtrise vocale, par contre. Une découverte sympathique en somme.

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Un de nos coups de cœur de l’édition; du celte et encore du celte. En Bretagne, c’était évident. Photo: Fred Tanneau/AFP

Elton John. Un des noms qui font un peu rêver même si on est pas fan de ce genre de musique. C’est juste que voir Sir Elton John et sa veste à paillette en vrai, c’était sacrément la classe. Il fait partie de ces grands noms qu’ont proposé les Charrues, un peu comme Bob Dylan l’an dernier ou Bruce Springsteen en 2009. Sauf que Springsteen c’était génial. Pas qu’Elton John n’est pas été bon, on sent les décennies de carrière qu’il a derrière lui, il en impose sur scène, il a une voix de fou et joue du piano comme un dieu. Mais ça manquait un peu de swing ou de rock ‘n roll.

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Déjà attendu l’année dernière, Elton John a conduit son show comme un maître. Photo: Jonathan Le Borgne

Stromae. On en a entendu parler encore et encore, on nous a rabâché son succès jusqu’à l’overdose… mais bon sang ! Avec une prestation live pareille, ça ne m’étonne plus. Pourtant, ce n’est absolument pas mon genre de musique. Pourquoi j’aime autant ? Parce que je suis un mouton ? Je ne sais pas mais Stromae en live, c’est une heure presque et demie de dinguerie. La fosse se transforme en dancefloor, on crie, on saute, on chante. Sur scène, Stromae met l’ambiance et interagit chaleureusement et généreusement avec son public. Il a une maîtrise scénique, une mise en scène de sa musique qui laisse pantois. On comprend son succès quand on le voit ainsi, on ne peut que souhaiter que ça dure mais ça, le futur nous le dira.

Stromae ne défait plus sa réputation en concert depuis la sortie de son album ‘Racine Carrée’. Photo: Jérôme Fouquet

Franz Ferdinand. Également l’un des noms qui était attendu et qui a tenu sa promesse. On a même été agréablement surprise de leur pêche sur scène. Ils sont à la fois classe et rock n roll, ont mis le feu en clôture du vendredi et on n’a pas regretté un seul instant d’être restés. Franz Ferdinand, c’est une valeur sûre et quand on les voit en live, on comprend pourquoi. C’est pas des petits joueurs Alex Kapranos et ses copains. Une foule en délire, du rock bien énergique qui débouche les tympans très agréablement et qui nous a fait sauter partout. C’était juste beau.

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Franz Ferdinand a fait impression aux Charrues le vendredi. Photo: Fred Tanneau/AFP

Samedi

Benjamin Clementine. Il fait partie des belles découvertes du festival. Cet anglais à la couleur vocale étonnante et aux morceaux piano-voix intimistes a charmé le public qui était venu là le samedi en début d’après-midi. Il semblait étonné du nombre de personnes présentes, une surprise touchante qui l’a amené à partager sa musique et ses émotions avec une sincérité palpable. Musicalement, c’est très joli, à écouter allongé dans l’herbe au soleil avec une bière fraiche. Petit bonus: il nous a fait une reprise de Charles Aznavour, c’était chou. Un artiste à surveiller de près.

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Benjamin Clementine, le Londonien qui soulève notre âme avec sa voix soul. Photo: Frederic Villemin

Breton. On vous en a déjà parlé sur EC, le groupe Breton est un coup de cœur. J’avais entendu une seule de leurs chansons, je les place plutôt du côté des découvertes pour ma part. Ils envoient vraiment en live, un rock à la fois envoutant et énergique, parfaitement maîtrisé et une joie d’être aux Charrues communicative. Ils sont bons, très bons même et ont, lors de leur set, confirmé qu’ils iront loin.

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Roman, le leader du groupe anglais Breton, charmeur à ses heures perdues. Photo: Frederic Villemin

The Red Goes Black. Une prestation à laquelle on a assisté de loin à cause d’une incompatibilité d’emploi du temps mais de ce qu’on en a saisi, ça avait l’air d’envoyer sévère (je parle trop bien je sais.) Un rock avec une basse bien puissante, un groupe sur lequel on va garder un œil pour approfondir cette première bonne impression.

Superbe découverte rock et locale avec The Red Goes Black aux Charrues ! Photo: Frederic Villemin

Detroit. L’un des concerts attendus pour lequel on avait quelques craintes par le ton sombre de l’album et de ses mélodies. Si quelques chansons nous ont un peu déprimé, ça reste du grand spectacle et de la grande musique et c’était franchement génial de voir cette ambiance en fosse. Le groupe a repris trois morceaux de Noir Désir. Le public a été très réceptif à ces moments-là, pour sûr. Une prestation de qualité, il n’y a pas à dire.

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Le retour de Bertrand Cantat après son premier passage aux Charrues en 2001 avec Noir Désir. Photo: MAXPPP

Julien Doré. On s’était dit pourquoi pas. Même si on avait pas écouté Julien Doré depuis la sortie de son premier album, en dehors des morceaux diffusés à la radio, on avait eu des échos sur sa prestation scénique et on y allait plutôt optimiste. Ce n’était pas le meilleur concert du festival mais il a tenu ses promesses, nous pétant une petite pile en se jetant dans la foule et en montant sur un échafaudage pour nous lancer des confetti en pleine gueule.

Notre Julien international a largement dépassé le statut de « Nouvelle Star ». Photo: Nicolas Catard

Arctic Monkeys. L’un des concerts qu’on attendait le plus. J’avais personnellement déjà vu le groupe sur scène mais je les ai retrouvés avec une joie non dissimulée. Ils ont tout donné et on était pas mal dans le public à être en transe. Leur musique dégage en live quelque chose d’une sensualité et une classe désinvolte, un rock chargé d’électricité que la voix d’Alex Turner magnifie. Peut-être un manque d’ambiance dans certains coins du public mais pas assez pour gâcher le plaisir de les voir ou les revoir en live.

Arctic Monkeys ou l’un des groupes les plus attendus de l’édition 2014. Photo: David Adémas

Dimanche

Girls in Hawaii. On les avait loupé à Poitiers en Avril, on a donc été ravis de pouvoir les voir aux Charrues. Leurs morceaux rock sont merveilleusement bien exécutés, offrant des sensations et des émotions fortes. Ils connaissent leur musique et la maîtrise parfaitement, donnant une performance de grande qualité. Même ceux qui ne connaissaient pas avant semblent avoir adhéré.

Ces belges ont la frite ! Photo: Frederic Villemin

Ky-Mani Marley. Comme son nom l’indique, il s’agit du fils de Bob Marley. Comme l’électro, le reggae et moi on est pas très copains, ce concert a donc été l’une des bonnes surprises de cette édition 2014 parce que figurez-vous que j’ai totalement accroché. Il y avait de la bonne musique, une bonne ambiance peace and love et c’était plein de bonne humeur. Parfois un peu fougère dans les messages d’amour et d’harmonie avec le reste du monde mais hey, un peu d’amour ne fait jamais de mal ! Il a même repris quelques chansons de son père que l’on a repris en cœur avec lui, c’était fort sympathique.

Ky-Mani Marley, le dixième des onze enfants de Bob Marley, peut remercier son père de lui avoir transmis son aptitude à chanter. Photo: Jerome Fouquet

Christophe. Et oui, on en a vu des trucs chelou aussi. Il faut être ouvert d’esprit, ça fait partie de la diversité de la prog des Charrues et sur EC on vous parle de tout. Surtout que dimanche, on est restés accrochés à Glenmor et on a donc expérimenté Christophe. C’était… euh… bizarrement vintage ? On a bien aimé les chansons que l’on connaissait, au nombre réduit de deux mais ce n’est vraiment pas notre tasse de thé.

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Peu plébiscité par les jeunes, nostalgique pour les vieux, Christophe a planté son décor à Carhaix le temps d’un set. Photo: Fred Tanneau/AFP

Etienne Daho. Attendu par pas mal de festivaliers croisés tout au long du week-end, un breton jouant pour des bretons. On y a également assisté de loin, pas non plus notre truc. Prestation qualifiée d’un peu décevante selon certaines personnes qui y assistaient. De ce qu’on en a entendu, on a pas trop regretté de ne pas l’avoir mis sur notre planning.

Etienne Daho, à vendre à prix très discount. Photo: Bruno Van Wassenhove

Lily Allen. Pas prévu sur notre planning à la base mais puisque juste avant Thirty Second To Mars qu’on voulait absolument voir, on a assisté à la presta de Lily Allen au premier rang. On pensait s’ennuyer et assister à un set pop et édulcoré mais là encore, bonne surprise. Bon c’est pop et édulcoré pour sûr, c’est girly aussi. Mais c’est frais, Lily Allen interagit beaucoup avec son public et a partagé plus d’une heure de musique avec un public bien réceptif. Chouette moment pour une soirée d’été alors que la fraîcheur tombe en même temps que le soleil rejoint l’horizon…

Lily Allen tente d’allumer la foule en plein jour. En vain. Photo: Jérôme Fouquet

Kavinsky. Mi-attendu, mi-découverte pour ma part, l’électro n’étant pas vraiment mon genre de prédilection. Le set a mis le feu à la scène Kerouac pour le dernier soir du festival, ça envoyait du lourd et les gens semblaient comme en transe. C’était l’un de mes premiers concerts d’électro, une première plus que bonne même si je préfère toujours un bon vieux groupe de rock. Mais c’était assurément une performance de grande qualité qui a ravi son audience.

Un de nos réels espoirs français: le DJ Kavinsky. Espérons qu’il fasse carrière dans les pays où Guetta n’a jamais mis pied. Photo: Jerome Fouquet

Thirty Seconds To Mars. Le groupe pour lequel j’hésite le plus entre ressenti et un avis plus objectif. Pour faire un mélange des deux, on peut dire que le trio américain mené par Jared Leto qui se prend soit-dit-en-passant un peu trop pour Jésus a enflammé les premiers rangs devant la scène Glenmor en clôture du festival, sans pour autant convaincre l’entièreté du public présent. J’étais personnellement à la barrière et ayant un passif de plusieurs années avec le groupe, j’étais un peu en mode fangirling. Pas fanatique non plus hein mais très enthousiaste. Quand on est fan, on a vécu un super concert parce que le groupe sait jouer avec ses admirateurs, ils sont aimés et ils le savent. Ils ont généreusement interagi avec nous, ont même fait monter des gens sur scène. J’ai personnellement pris mon pied mais je pense que de loin, on devait un peu ressembler à une secte. Le meilleur pour la fin pour moi même si Arctic Monkeys restera à jamais le number one de cette édition 2014 mais là aussi, sûrement par manque d’objectivité.

Les américains de 30STM clôturaient le festival en beauté. A l’année prochaine…

Ceux qu’on a manqué : Saint Michel, dont on vous a également parlé sur EC et que j’avais vu en première partie de Revolver il y a deux ans à Poitiers. Ça avait été un coup de cœur et j’aurais aimé les revoir. Bombay Show Pig, un duo de rock néerlandais qui était prometteur pour un moment sympa de musique en live. Shaka Ponk, le gros foirage de notre week-end mais l’heure tardive (1h30) 3h00 du matin nous a empêché de les voir pour cause de conduite et de fatigabilité, on les a loupé. Miles Kane, qui a dû annuler sa prestation pour cause de soucis de santé nous a grandement manqué surtout qu’on avait vu son meilleur pote Alex la veille. On n’a même pas chercher à aller voir les BB Brunes parce que frustration extrême. On aurait également voulu voir Christine and the Queens et François and the Atlas Mountains. Il faut vraiment qu’on songe à se dédoubler pour l’an prochain.

On est même tombés sur la tente de Bradley Cooper…

Bilan. Beaucoup de concerts, d’émotions, de bleus et de litres de sueur versées (c’est tellement glamour), de belles découvertes et quatre jours intenses de concerts. On reviendra sûrement l’année prochaine, c’est personnellement ma cinquième fois donc ça deviendrait presque une habitude. Allez à l’année prochaine, Kerampuilh…

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