Lives au pont festivaliers 2014

Festival Lives Au Pont : Partie #2

On vous a bien parlé du festival Lives Au Pont, on a fait attention à tous les petits détails mais il manque un truc : les lives pardi. Il est grand temps de faire un bilan des performances de tous ces petits et grands artistes passés nous voir dans le Gard.

Lors de la conférence de presse, les organisateurs ont insisté sur un truc qui avait l’air hyper important : ils n’invitent pas n’importe qui. Bon sur ce coup là on est bien d’accord avec eux, ils n’ont pas menti ni rien. Le petit truc en plus, c’est qu’une bonne partie des groupes présents au Lives Au Pont n’a pas d’autres dates prévues en France cet été, et ça, ça claque. Difficile en effet de voir Phoenix, London Grammar, James Blake ou encore Metronomy qui ne s’affichent pas dans tous les festivals français. Alors on en a bien profité et on va essayer de vous rendre jaloux si vous ne faisiez pas partie de la petite fête.

MOFO PARTY PLAN

Allez, je suis d’accord, le premier groupe du premier jour qui passe à 17h et des brouettes on est pas vraiment venu pour les acclamer et faire un feu de joie en leur honneur. Au Lives Au Pont, c’est Mofo Party Plan, un band nîmois qui s’y est collé après avoir remporté un tremplin au Paloma en mai dernier. Ces mecs-là, même pas plus vieux que moi évidemment, se sont donc occupé du before. Les before en toute occasion moi j’aime bien, ça sent encore la fraicheur, personne n’est trop bourré pour aller se coucher en rampant, on peut encore articuler et être satisfait en faisant l’état des lieux de son paquet de clopes. Mofo Party Plan en before, c’est pareil, ça déchire, c’est bien fait et ça fait tapper du pied. C’est un peu comme si les mecs de Foals et Bloc Party s’étaient planqués dans leurs instrus et que le singer de Kings Of Leon était aussi de la partie. Ca fait quand même un sacré beau monde sur une même scène sérieux, et quand un groupe avec autant de bonnes influences se permet de m’envoyer une reprise sexy du terrible tube Never Gonna Give You Up de Rick Astley, on peut dire qu’on m’a perdue. Bravo les enfants, c’était super chouette cette première bière au soleil avec vous, vivement les soirées.

Mofo Party Plan crédit Cordélia Soldat
Crédit photo : Cordélia Soldat

LONDON GRAMMAR

Il n’y a pas meilleur moment que la tombée de la nuit pour envoyer London Grammar sur la scène, sincèrement. Ils se sont pointés tout juste à l’heure comme la délicate rosée du soir qu’ils sont, habillés comme quand on traîne chez soi pour oublier tous les trucs qu’on a envie d’oublier. Un groupe tout con, qu’on reconnaitrait à peine dans la rue, voilà la première impression. Evidemment ça n’est pas une impression qui peut durer, et il suffit que Hannah Reid décide de chanter, même de parler d’ailleurs, et c’est complètement foutu. Si certains se posent l’inépuisable question « tu crois que le live va apporter quelque chose? » je stoppe tout net la démocratie et je réponds oui, oui, oui, point barre. London Grammar en live, c’est mieux. L’atmosphère romantico-bucolique du Pont du Gard, les petites étoiles qui s’imposent un peu partout au son de la voix surréaliste d’Hannah, même en luttant, ça a fait fondre plein de petits cœurs de festivaliers. Wasting My Young Years fut fredonnée par pas mal d’entre eux, et même si on va pas se mentir, c’était pas la plus grande éclate des corps ni la fête du bonheur, c’était cool de gambader dans nos esprits en profitant de nos plus ou moins jeunes années.

London Grammar crédit Cordélia Soldat
Crédit photo : Cordélia Soldat

JAMES BLAKE

On arrive à un moment très obscur de la soirée (ça n’est pas juste parce que j’ai gardé mes lunettes de soleil, promis), un dancefloor géant ou le floor n’est que verres en plastique Heineken®, un truc sympa qui croustille. Tout le monde arbore des lunettes magnifiques vertes, jaunes, bleues, donc personne ne voit personne et on peut réellement s’amuser -ou se fracasser la tête-. James Blake & 1-800 Dinosaur c’est James Blake et son talent de musicologue de fou avec des beats de bonne grosse soirée d’entrepôts londoniens où il n’y a pas de drogue, non non. Ca rend un truc énorme, brutal parfois, mais que la voix de James vient à de rares moments adoucir, sublimé d’une mélancolie incroyable qu’on n’imagine pas à 2h du mat au milieu de nulle part. Le DJ set est en cela original et génial, montagnes russes de l’extrême. Tout le monde danse, on prend des photos chelou, des inconnus se font des signes que personne ne comprend mais c’est peut être juste un « bordeeeel » qui résume pas si mal le tout.

James Blake crédit Cordélia Soldat
Crédit photo : Cordélia Soldat

LA FEMME

«Allons nous baigner tout nu tous ensemble » fait le résumé parfait du live de La Femme. Ils sont allumés, habillés n’importe comment, ce sont des petits surfeurs psychédéliques très très haut perchés et ils sont aussi très très bons. Le public était à fond pour partager une demi heure d’insanité totale avec La Femme, entre deux trois courants d’air de pure liberté. On a complètement oublié le temps et l’heure, nous on était sur La Planche ou dans le Motu on sait plus trop, on s’organisait un petit road trip dans un van avec la fille et les gars de La Femme. Ils ont réquisitionné nos esprits, foutu le pied dessus, et on avait plus rien d’autre à faire que danser encore et encore. A la fin de leur live, ils auraient pu nous faire signer n’importe quoi on aurait rejoint leur secte illico et on se serait tous teint les cheveux en bicolore. Fou.

La Femme crédit Cordélia Soldat
Crédit photo : Cordélia Soldat

METRONOMY

Ces gars-là ont la classe, pure et simple. Si certains ont eu des doutes sur leur tout dernier album Love Letters, ce live prouve qu’ils n’étaient pas fondés. A la question « avez vous changé de style musical ? », ils répondent unanimement un concis « non ». Ils se sont ramenés en costumes blancs immaculés et nous ont envoyé du groove comme jamais, quelque chose d’incroyablement puissant. Imaginez quelqu’un capable de gagner le circuit arc en ciel de Mario Kart® les yeux fermés ; c’est ce que fait Metronomy avec la musique, avec les sons et les instruments. Leurs morceaux suggèrent un travail ultra-complexe qui pourtant passe incroyablement facilement à travers les corps du public. Tout s’emboite parfaitement, on ne fait même plus la différence entre anciens et nouveaux morceaux comme s’ils avaient tout prévu et qu’ils savaient qu’à la fin nous serions tous convaincus. Les festivaliers étaient nombreux pour les voir, pour lever les bras -et les jambes pour les plus allumés-, et quand les premières notes de The Look arrivent, même le gars qui s’était égaré après 7 bières sous la tente de la Croix Rouge® s’est ramené dans le public pour participer à ce live d’électro-pop parfaitement maitrisé.

Metronomy crédit Cordélia Soldat
Crédit photo : Cordélia Soldat

PHOENIX

Phoenix est pro, totalement pro. Le live des garçons a bien duré 40 minutes et comme Metronomy, ils ont fait danser la foule sans interruption. Même les journalistes sont massivement sortis de leur cachette secrète parce que merde, « c’est Phoeniiiiiix!!! ». On se serait cru dans un stade, sauf qu’on avait pas besoin de lunettes infrarouges pour en profiter. Listzmania fut scandée par tout le monde, même les évanouis, la nuit était claire et parfaite et sous les tonnes de rayons multicolores qui pleuvaient sur le public, l’énergie folle du groupe marchait comme un virus hyper contagieux. On ne peut vraiment rien reprocher à Phoenix, et en plus ils parlent français, c’est la famille, et ce soir là on préférait être avec eux qu’avec notre folle tante Monique.

Phoenix crédit Cordélia Soldat
Crédit photo : Cordélia Soldat

SETH TROXLERCHLOE

Je vous aurais bien parlé de l’énorme performance de Seth Troxler au Lives Au Pont mais le génie de la house avait une otite et n’a pas pu venir… Pas de quoi le détester, juste lui en vouloir à mort. Non, on déconne, mais on peut vous dire que le public n’était pas content du tout et un public pas content c’est quand même pas cool. Bref, c’est la française Chloé qui a pris le contrôle des manettes à sa place, et ça envoyait sévère -j’ai entendu cette phrase dans le public, il ne faut pas m’en vouloir-. Encore une fois, le dernier live de la soirée instaure une ambiance ahurissante de danseurs en totale transe sur des beats caverneux tout droit venus d’un site industriel à l’abandon, ou de l’espace, on sait plus trop. Chloé a totalement réussi à faire oublier le poignard dans le coeur que nous avait planté Seth et ce fut une clôture extatique bien mérité pour le Lives Au Pont.

TIM PARIS & DJ PONE

Tim Paris et DJ Pone nous ont vraiment éclatés entre les lives, histoire qu’on ne manque jamais de bouger nos petits corps et que nos oreilles restent alertes, c’est important. Si vous ne connaissez pas encore Tim Paris, son album Dancers est sorti en 2013 et, devinez quoi, il est fait pour danser sur des petits sons electro, funk et housy bien sympathiques. DJ Pone de la très belle maison Ed Banger a lui aussi tout un tas de projets dont un live qu’il prépare pour 2015, et il avoue également cherchez dans les samples hip-hop pour ses prochains morceaux.

DJ Pone Interview Lives au pont
Crédit photo : Cordélia Soldat

TODD TERJE

Todd Terje a sorti son album It’s album Time en 2014 et c’est un petit bijou d’expérimentation, de mélange de sons, d’instruments, d’influences : c’est un mec qui a recréé le melting pot en 12 morceaux. En live, ça donne un Dj set intelligent, progressif et subtil, un truc assez original qui s’aventure partout tant que personne n’arrête de bouger. De manière générale les DJ sets étaient tous adaptés au live, à une ambiance sexy-champêtre carrément étrange capable de nous anesthésier les cerveaux, et ça, ça fait vraiment du bien, merci les gars.

LES OUBLIES DE LA REDACTION

Je le concède, nous avons eu quelques soucis d’organisation qui nous ont imposé des dilemmes terrifiants et tragiques comme Roméo et sa Juliette version moderne : « on va à la conférence de presse ou à ce live ? Comment choisir ? Nous sommes perdus, finis! ». Je sais de source sûre que Method Man & Redman ont absolument foutu le feu aux festivaliers, tout le monde scandait les airs hip-hop à fond et les amateurs se sentaient comme au paradis, entre deux trois anges et Saint Pierre. Même délire pour Chinese Man et Keziah Jones qui ont ravivé la flemme du hip-hop-jazz-funk-reggae pour l’un et celle du funk pour l’autre, donnant lieu à une orgie musicale presque indécente. Enfin, nous sommes tenus de mentionner le live d’ouverture de la deuxième journée par Mummy’s Gone, le deuxième gagnant du tremplin. Les français ont été hyper pro pour ce second before, livrant un rock alternatif au son très américain, et si ça n’est définitivement pas ce qui fait battre mon coeur, renseignez-vous, ça peut redonner quelques pulsations au votre.

Quoiqu’il arrive, prévoyez de passer dans le Gard en juillet prochain et allez faire un tour ou deux au Festival Lives Au Pont. Non seulement parce que c’est un voyage musical purement génial et sûrement mieux que tous ces voyages intergalactiques, mais aussi parce que Metronomy est revenu pour la 2ème fois et que s’ils le font, il y a pas de raison que vous ne le fassiez pas.

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