Live Report: 4 jours aux Francofolies de La Rochelle

Les Francofolies ont fêté leur 30 ans et pour cet anniversaire le festival rochelais vient de battre son record de fréquentation, édition qualifiée par le directeur Gérard Pont comme étant « la meilleure (…) de l’histoire des Francos« . Il y a de quoi, avec autant de concerts et d’artistes variés, passants de titres francophones comme anglo-saxons, hispaniques, les spectateurs allaient forcément venir à la fête comme des abeilles envieuses de différentes pollens pop, folk, hip-hop, rap, etc. On a butiné, nous les 130 000 spectateurs.

VENDREDI 11 JUILLET

Arrivé à la gare,   la valise préalablement laissée à l’hôtel, quelques centaines de mètres à parcourir et déjà les rues sont à l’effigie de Bensé. On aperçoit cette arche rouge face à cette imposante grande roue où j’ai vu un pauvre garçon se heurter la tête en pensant être petit: « Bienvenue aux Francofolies ».

Le festival a commencé depuis un jour déjà, des artistes de rues profitent de l’occasion pour se produire au centre de la ville, entre le Village Francofou et la Grande Scène Saint Jean d’Acre. Je joue d’abord mon rôle de touriste, redécouvrant la ville charentaise avec plus de curiosité que ma dernière visite. La Cour des Dames est bombée, les Fréro Delavega font bonne figure, mes premiers artistes rencontrés par hasard, suivis de Jeanne Cheral toujours enceinte et le Canadien Pierre Lapointe.

Je me hâte pour mon premier concert au Village Francofou, Mofo Party Plan se produit face au Mémorial pour la Scène SFR Jeunes Talents. Le leader confie son angoisse, il s’agit de leur troisième jour de tournée et la crainte est toujours aussi grande. Simon demande donc au public de se rapprocher, ce qu’il exauce pour son grand plaisir. Le groupe de rock se montre irrésistiblement enragé, interprétant les titres de leur premier EP Chupacabra comme leur tout nouveau single Hard Time avec énergie, oubliant aussitôt les affres d’un public demandant qu’à aimer et danser.

Je m’évade un peu, décide de faire un tour à la Grande Scène Saint Jean d’Acre mais je tombe sur un artiste qui me rappelle vaguement quelqu’un. France Bleu La Rochelle s’est posée devant un bar-restaurant, non loin de ma destination et leur invité est  Simon Dalmais, fils de H.Bassam et frère de Camille. Il vient parler de son concert avec sa sœur pour l’ouverture des Folies Matinales et de leur hommage à leur père au CCN – Chapelle Fromentin. L’occasion est donnée pour évoquer la sortie de son second album Before And After en septembre 2014. Mais je me perds, je dois joindre cette grande place où une longue et épaisse file s’était déjà dessinée deux heures plus tôt.

Les France Ô Folies viennent tout juste de commencer, initiés et présentés par Marijosé Alie. Cette émission en direct sur France O a permis de découvrir plusieurs artistes venus de tous les horizons, de Bagneux à La Réunion, de la folk au hip-hop créole. Chaque artiste a pu s’exprimer à travers une seule chanson, un trac en plus pour ces jeunes talents qui se produisent pour la première fois devant des milliers de personnes. La salle est comble et le public ne demande qu’à s’amuser. La majorité des groupes met le feu tandis que la jeune Julia adoucit la salle avec son titre doux et portugais. Mon coup de cœur aura un nom Arelacoyava. Cette jeune Bordelaise à la coiffure improbable a su mettre Saint Jean d’Acre à ses pieds avec son titre tropical Wimbili. Ses chants tantôt lyrique tantôt pop et ses danses endiablées déchaînèrent nos esprits un peu fatigué: « Vous dormez? Non, pas les gens de La Rochelle ».

Les différents artistes auront bien échauffés le public avant la venue tant attendue de Tal. Tout le monde semble fiévreux à l’annonce de son nom et cette euphorie est palpable voire contagieuse. La jeune franco-israélienne est heureuse de se produire pour la première fois aux Francofolies de La Rochelle. Elle en rêvait et son souhait est devenu réalité.  Elle aura dansé sur du Michael Jackson avec ses deux danseurs bourrés d’énergie, puis s’appropria un titre de Jean-Jacques Goldman en version reggae. Les fans chantaient aussi fort qu’elle, comblés de joie à l’entente de Le Passé. J’ai moi même chanté, voyageant à travers A L’International, allant jusqu’à La Louisiane.

J’ai fait une pause, pour manger bien sûr. Cependant, avant que minuit ne sonne, j’ai fait un dernier tour au village Francofou pour entendre la jeune Owlle se produire pour la Scène Not The Francos. Il est 23h00 et voilà qu’elle se dévoile, la chevelure rouge, la Lune timide. Elle semble chanter pour elle, terriblement mystérieuse et ténébreuse avec Like A Bow ou meurtrière avec Creed. Elle finira avec une nouvelle composition, 10 minutes avant minuit pour ne pas avoirà se changer en lycanthrope juste devant nos yeux.


SAMEDI 12 JUILLET

Il fait frais en si bon matin, il aura fallu traverser un long chemin pour rejoindre le Centre Chorégraphique National, à la Chapelle Fromentin. Rue du Collège, quelques personnes sont déjà là, lisant le journal puis vient Pierre Lapointe qui veut lui aussi assister au concert de la Folie Matinale. On lui souhaite bonne chance pour sa représentation dans la même salle pour le lendemain, promettant d’être là, pourquoi j’y suis pas allé au fait? Le concert de Lior Shoov et Albin de la Simone s’annonce complet et quand tous auront pris place, le fait est indéniable: les marches sont devenus des sièges.

Personne ne semble connaitre la première partie d’Albin de la Simone. Lior Shoov? Est-elle Française? Vient-elle d’un monde imaginaire? Il y a de quoi se poser des questions quand on voit ce tapis non-volant sur la scène, un ukulélé, une guitare acoustique et des clochettes aux couleurs de l’arc-en-ciel dessus. On la présente, issue du Chantier des Francos puis on l’attend, on l’attend encore. Serait-elle stressée? Elle finit par se dévoiler et commence à jouer. Les premières notes sont fabuleuses, plongeant l’esprit du public sous les ailes de cette fée brune. On pourrait croire que j’ai consommé des champignons hallucinogènes mais la magie féerique est là. Après son premier titre on découvre son accent, son histoire de 7 ans au fil de la musique, son amour pour la langue française qu’elle manipule depuis 3 ans,  de ce pays qu’elle n’a pas réellement quitté, la controversée Israël. Elle continue en nous touchant avec sa naïveté, son humour phonétique, traînant sa langue au son du U français. Elle fait preuve d’inventivité, créant des sons avec un long tube bleu flexible, le tournoyant, nous hypnotisant sous un son indescriptible. La créature mi-humaine, mi-fée aura réussi à captiver notre attention, faisant oublier que tous attendent le brun au costume bleu de Prusse.

14449654919_b32843d163_oIl arrive seul sous les applaudissements du public et s’installe devant son piano électrique, laissant deux chaises vides à sa gauche. Deux musiciennes vont finir par le rejoindre après quelques titres, une violoniste et une violoncelliste. Albin De La Simone interprétera différents titres de ses différents albums, de « J’ai Changé » à « Un Homme« . Il aura chanté Moi Moi sans Emiliana Torrini, tandis que sa violoniste poussera aussi la chansonnette  pour un titre, tandis qu’après son single « Mes Épaules » une femme du public vient chuchoter à mon dos « c’est beau ». La fragilité masculine, Albin De La Simone semble la maîtriser sur toutes ses coutures. Il se montrera risible par son humour pince sans rire, par ses textes parfois osés sans choquer, par sa démarche curieuse, cherchant à fouiner son nez à la rencontre de l’invisible ou du rire. J’ai découvert plus qu’un musicien, un comédien prêt à divertir son public en jouant avec eux (sifflements, clappement des mains). A la sortie, un mot final se fait entendre: « c’était génial ».

Me vient l’envie de rebrousser chemin à La Coursive pour repérer la salle pour le concert de 17hOO. Le chanteur pour enfants Aldebert venait tout juste de se produire au Grand Théâtre et devait à 13h30 recevoir son disque d’or pour Enfantillages 2, lors d’un café gourmand. Après les remerciements, je repars bredouille pour manger salé, du sucré avant les moules, non merci.

10488005_10152633433338530_7771889062174473526_n16H30, les journalistes passent par La Coursive pour aller aux toilettes, je ne dirai pas le nom de l’un de Télématin. Pierre Lapointe et Florent Marchet passent par là. On s’installe dans la petite salle noire et trois figures se dessinent sur la même ligne imaginaire. Natas Loves You commence, un par un, la lumière infernale comme thème central. Le reste du groupe apparaît, un guitariste et le batteur. Un malaise se fait ressentir. Le mec au bonnet, le joueur de keyboard invite le public à se mettre de l’ambiance, les sièges nous paralysent, leur donnant presque l’impression que nous regardons un film. Certains s’exécutent, d’autres ne font que frapper les mains ou ne bougent pas. Peu importe, le groupe donne tout, devenant démoniaque avec Go Or Linger et langoureux sur un titre dédié à « nos amoureux ». Satan était dans tous les détails (natas, l’envers de satan), invitant le groupe et le public dans les bras de la mélancolie lumineuse, les ténèbres de la salle nous imprégnant de ses coups de soleil noir. Juste un mot: acheter leur album le 6 octobre!

Mark Daumail se prépare. L’ancien membre du groupe Cocoon a changé de bord, délaissant complètement le folk même si sa reprise de Royals de Lorde a un gout intimiste qui rappelle son passé cocooniste. Le reste du temps il interprétera les titres de son premier album Speed Of Light. La lumière est encore au rendez-vous. Mark promet que nous allons tous bouger, nous propulser hors de nos sièges. Il aura eu raison, à moitié. Coconut et Smiling Again nous aurons fait bouger mais d’autres resteront stoïques, figés par ces sièges ou c’est qu’ils dansaient comme des fous dans leurs esprits clos et top secret? L’ambiance est tout de même joyeuse. Le problème avec le micro, les grimaces de Ludo le pianiste auront amusé le public.

Le soir, il devait y avoir une déception, je me faufile au concert fraîchement gratuit des Scènes Not Ze Francos. Blind Digital Citizen se produit devant peu de monde mais c’est l’occasion de se sentir plus proche du groupe. Il se joue de nous en laissant le leader derrière deux musiciens, nous poussant à nous demander s’ils vont chanter. Les visuels aux influences eighties, les chants de sirènes du leader sont autant de détails qui donnèrent à leur univers un je ne sais quoi d’intéressant. Cependant, il y a eu un hic, l’arrivée de Spiderman. L’ambiance commençait à s’affadir, les applaudissements n’étaient plus automatiques et plusieurs groupes de drogués et de saouls curieux de découvrir ces concerts gratuits ont finalement fait retomber le soufflé au fromage. Le groupe a clos son concert dans l’indifférence même, regardant le maigrichon Spidey se faire soulever et crier: « Gwen est m**** » (attention spoiler et totalement imaginé).10525674_10152632266678530_5528021996797864500_n

S’il fallait faire un bilan de ce samedi, j’émettrais les mots joie et déception. Je ne blâme pas les artistes que j’ai trouvés géniaux, les premières parties étaient exceptionnelles et les artistes dont j’attendais le plus n’ont pas réussi à me décevoir, mais les spectateurs mériteraient un carton rouge. Evidemment qu’être installé sur un siège peut vous paralyser mais imaginez les artistes qui voient le public semblait impassible à leurs prestations, se pensant mauvais, quoiqu’ils applaudissaient fortement. Néanmoins, ce n’est pas grand chose de remuer les épaules ou les hanches, les artistes auraient apprécié ce geste.


DIMANCHE 13 JUILLET

Le jour était gris, s’il avait été le 14 juillet les feux d’artifices auraient été éteints à cause de cette pluie qui fit déserter les rues normalement bondées. Il était 10 heures et ma seule envie fut de voir deux projections gratuites au CGR Le Dragon. Ce matin-là les Rochelais pouvaient voir En Compagnie de William Scheller réalisé par Marie Guilloux d’une durée de 26 minutes et produit par Morgane Groupe, fondé par Gérard Pont. La curiosité nous guidant, nous avons pu suivre le musicien et chanteur dans une boutique de piano puis à la répétition du Conservatoire de Lille sur La Valse de Ravel pour finir par l’interprétation au piano des Miroirs Dans La Boue par William Scheller. Le documentaire me ravit pour m’avoir fait découvrir plus sur cet artiste qu’au fond je ne connais que de nom. Le second documentaire, Les Années Francofolles réalisé par Jérôme Bréhier et Stéfane Davet, traite de 25 années à travers l’histoire de la musique en France et de la naissance des Francofolies jusqu’à la démission du créateur Jean-Louis Foulquier. La projection finie, les applaudissements ont fait écho, le public était comblé.

La pluie assez démoralisante, j’ai attendu dans ma chambre d’hôtel à savoir que faire. Ressortir sur une pluie encore plus frappante, faisant des « miroirs dans la boue »? J’ai finalement pointé mon nez dehors, mon tout nouveau parapluie acheté le matin au dessus de là jusqu’à qu’il se retourne face au vent. Peu importe je continue et me dirige au Village Francofou pour avoir un coup de foudre.

Un pancho noir, vendu 3€ par les Francofolies, nous étions en train de découvrir Lewis Evans. Ce trublion s’amuse à nous parler en anglais puis en français avec un accent anglais. Quel beau jeu de comédien, son univers musical est encore plus hallucinant. Son Hey Girl résonne encore dans ma tête et sa blague sur l’album qui n’est pas encore produit me dérange agréablement. Il aura réussi à nous faire oublier la pluie en nous faisant rire, en nous faisant danser et chanter en compagnie de ses musiciens. Une belle découverte, un talent à suivre.

Les cordes avaient commencé à se faire timide, timide comme Natalia Doco, cette Argentine aux airs fragiles et à l’accent espagnol si mignon. Les instruments qui l’accompagnent vont de la trompette à l’imposante violoncelle, nous immergeant dans son monde latino, très romantique et doux. Son duo avec les Fréro Delavega était un cadeau parmi d’autres, cependant le présent est venu à la narration émouvante de l’origine de Je T’aime. On a senti les cœurs trembler quand elle raconta que cette chanson était dédiée à un Français qu’elle aimait follement, et qu’on imagine l’avoir délaissée. Cette balade en espagnol nous a bercés sans équivoque, tendre et sincère. Un vrai coup de cœur, quelque chose de différents et latino. Les Francofolies sont réellement en train de changer, le français puis l’anglais ont un concurrent de taille.

Le temps s’est calmé, et le soleil pointe le bout de son nez. Neeskens est arrivé avec ses deux musiciens. Il vient interpréter les titres de son EP Groenlo. Ses titres folk sont moins formatés, légèrement plus pop que folk. Le moment était exceptionnel cependant, même si Neeskens tente de partager des confidences sur telle histoire, ses origines hollandaises, son amour pour la nature, le jeune chanteur semble agacé. Est-ce à cause d’une tierce personne qui applaudissait à n’importe quel moment? ou est-ce une impression ? Je ne veux pas le savoir. Son interprétation de Amersfoort et Volunteers m’ont conforté à l’idée que son premier album, sortie prévue en automne, sera un petit bijou sans prétention et sincère.

Les Scènes SFR Jeunes Talents se finissent, les Scènes Not The Francos commencent à 22h00. Je me sens poussé des ailes pour un tout dernier concert afin de me préparer pour LE concert du lendemain matin. Je sors de mon hôtel en notant tout l’amour que j’ai pour Natalia Doco et pour l’Espagne, même si elle vient d’Argentine. Je me prépare à découvrir une Réunionnaise: Maya Kamaty. Pour la seconde fois, la soirée est gratuite et enfin le public semble touché. Rien d’étonnant, la jeune chanteuse en robe d’été beige, avec son accent charmant, ses mots cherchés à la hâte nous invite à nous rapprocher et nous invite à chanter et danser avec elle et ses musiciens. Ses titres mélangeant le français et le patois réunionnais ont un pouvoir d’attraction, nous berçant à certains moment tandis qu’à d’autres instants, l’envie de danser se fait pressante. Cette chaleur est contagieuse, tropicale. Puis vient la révélation de Maya Kamaty, elle sait parler français sans accent, la belle blague assez curieuse et comique. Pendant tout ce temps elle se jouait de nous mais l’intention était bonne, son but était de nous immerger dans les forêts humides et bestiales de l’Île de La Réunion par ce jeu de comédienne. C’est donc en français qu’elle a clos son concert, de la plus tendre et meilleure façon possible.


LUNDI 14 JUILLET

Pour le dernier jour des Francofolies je m’autorise un dernier concert avant de passer le reste de la journée loin de toutes sonos et guitares électriques. En l’occurrence celui de Christine & The Queens avec en première partie le chanteur Hildebrandt. Dernier jour des Folies Matinales au Centre Chorégraphique National à la Chapelle Fromentin, Gérard Pont est venu le clôturer avec sa voix fatiguée en présence du directeur et danseur Kader Attou du CCN.

Le tapis autrefois utilisé par Lior Shoov est à nouveau là mais cette fois c’est un autre enfant des Chantiers des Francos qui en deviendra son sultan. Il arrive seul, ce brun à la barbe de 3 jours toute aussi noire que ses cheveux et son costume deux pièces. Il y a un arrière-gout d’Albin De La Simone, même allure et on le verra par la suite, des mimiques dignes d’un clown pantin, imitant légèrement le déhanchement d’Elvis Presley. Il vient à gauche puis à droite faire une pause, la main sur le côté comme s’il voulait qu’on lui serve le thé sur sa coupe invisible. Cet air comique est transcendant jusqu’à l’intérieur de ses textes aussi, un fou je vous dis. Vos Gueules nous prête dans la confusion, mais Hildebrandt nous rassure, c’est des autres qu’il parle. Avec sa guitare formica vert anis, il nous aura bien fait rire et nous faire patienter à l’entente d’Héloïse Letissier.

14465224790_3932568f03_oOn se trépigne à frapper des mains alors que rien ne vient, le petit bout de femme n’apparaît toujours pas. J’avais tort. Starshipper s’envole, titre de son dernier EP, et on ne voit pas le capitaine du bateau jusqu’à que tout le monde tourne son regard et incline l’échine vers l’entrée du public. Elle est là, avec ses deux queens, deux hommes en pantalon noir, chemise bleu argenté, tandis que Christine se présente tout en noir, ils se sont donnés le mot ces artistes ! Peu importe, l’émotion est palpable, tous l’attendaient. Ma voisine de gauche ne peut s’empêcher d’imiter les danseurs et le groupe de filles à ma droite de se dandiner sur Half Ladies. La danse est sans conteste le fil rouge de ses prestations. La chanteuse laisse parfois ses queens se délivrer sur Narcissus Is Back, la suivre dans leurs envolées scéniques et chorégraphiques. Michael Jackson n’est pas loin, logé dans les drapés noirs ou le sol ténébreux, sous les pieds ou sur l’épaule de Christine. Saint Claude en est la preuve, chantant et dansant en solo, on sent l’aura du King Of The Pop sur chacun de ses pas et sur le mouvement de ses lèvres. Vient le titre Christine, exit Cripple. L’artiste en noir vient demander le nom de ces personnes assises au sol (c’est complet jusqu’au parquet) et le chante à tue-tête. Elle vient prendre place sur les marches, le plus haut possible et nous donne des torticolis (peut-être que pour moi) et fait « usage de la poudre d’or« . Avec la compagnie de son claviériste et du guitariste, Christine & The Queens clôt les Folies Matinales assise sur un piédestal, un bouquet de fleurs mauves à la main (rappelant la pochette de son premier album) et chante le titre homonyme à l’album Chaleur Humaine pour enfin l’offrir à une femme sur le parquet. De la chaleur humaine, la salle en était imprégnée, malheureusement elle s’était évanouie trop tôt pour nous pauvres amoureux de cette princesse de la pop.

J’ai compris une chose après 4 jours à La Rochelle, les artistes des Francofolies sortent tous de l’asile. La folie les guette, il ne fallait pas les laisser enfermer tout ce temps loin de nos yeux et nos oreilles, on ne sait jamais ce qu’ils veulent nous conter de plus beau ou de plus fou. On n’a plus qu’une seule envie en tête, que l’édition 2015 soit aussi riche et débordante d’énergie que celle qui vient de se clore le jour de la Fête Nationale sous la voix de Stromaé.

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