Découverte : le rock-psyché de Crocodiles

 

L’album Crimes of Passion du groupe post-punk Crocodiles est sorti l’année dernière, mais on s’est dit que ce serait sympa de vous les faire découvrir, parce que nous, on adore. 

Crocodiles fait donc dans le post-punk, cette petite expérimentation étrange qui mêle le bon vieux rock aux envolées psychédéliques un peu froides ; bref, un bon petit mélange indescriptible et super cool à la fois. Crimes Of Passion est déjà le quatrième album du groupe de San Diego, et c’est très certainement le meilleur – l’expérience doit y être pour quelque chose -. Remarqué sur le très élitiste Pitchfork Magazine, les guitares sauvages et les mélodies râpeuses de Crocodiles font pas mal parler d’elles. Crimes of Passion est le genre d’album qu’on se met en rentrant du boulot avec une petite bière, on écoute une petite ballade indie comme She Splits Me Up sans se prendre la tête et on monte le volume dans le mépris total du voisin d’en dessous. La voix de Brandon Welchez raisonne bien, lointaine et trainante, et on s’imagine bien en plein road trip poussiéreux et ensoleillé. On retrouve des morceaux comme Me And My Machine Gun jouant sur les échos et la lenteur suffocante immédiatement relayés par de bons petits hymnes aux guitares crades à l’image de Virgin ou Gimme Some Annihilation.

On se perd donc entre les larsens maitrisés et les échos explosés, dans le kaléidoscope rock n’roll des Crocodiles qui n’en finissent plus de jouer avec nous, et une fois encore on nous rappelle que le rock est encore un genre et qu’il est toujours aussi cool.

Et en live, ça donne quoi ? On est allés au Point Éphémère à Paris le 27 mai dernier pour le concert de Crocodiles, et comme on est cool et super sympa, on vous dit comment c’était. 

Le Point Éphémère ne mérite pas son nom. En plus d’une programmation excitante et éclectique, cette salle-de-concert-bar-lieu-d’exposition sent bon le rock n’roll, bien calée là entre deux vieux entrepôts sur le quai de Valmy. Nous étions donc tout joyeux en rentrant dans la petite salle sombre et brumeuse, bière à la main comme le veut l’usage, pour regarder tranquillou les gars de Crocodiles nous montrer ce que ça veut dire le rock et point barre.

On s’est donc retrouvés là-bas à 22h avec notre tampon sur le poignet et notre taux d’alcoolémie bien entretenu, et on a eu l’impression de se faire un bon vieux festival en plein Paris. Le temps d’une clope au bord de l’eau et les gars de Crocodiles arrivent, un peu mystiques sous ce grand nuage de brouillard qui plane dans la petite salle. Dès leurs premiers mots, leurs premiers pas même, on saisit une tension incroyable et fragile, une ambiance orageuse, électrique et sauvage. Ils enchainent les morceaux toujours plus fort, plus vite, avant de ralentir, comme une pause pour respirer, une pause pour tout le monde, pour ceux qui étaient sortis de leur corps, littéralement absorbés par le post-punk psychédélique du groupe de San Diego. Le live est convivial et simple, on voit voler des gens de bras en bras, la bière se vide plus vite encore qu’avant et tout est comme on voulait que ce soit. Crocodiles n’a pas de souci avec la transpiration et la communication, ils nous parlent comme si c’était nos bons vieux copains, l’ambiance est parfaite, ultra-cool. Le rock vicieux et moite du groupe est taillé pour le live, et nous on a participé à une soirée parisienne éclatante, un vrai petit défouloir dans nos terribles vies surchargées.

Le dernier album de Crocodiles, Crimes of Passion, est sorti en 2013.  

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