La Coupe du Monde dénoncée par le street art brésilien

ART – Alors que la France s’extasie devant la réussite de son équipe de football au Brésil, d’autres mouvements locaux hostiles se déploient pour montrer le carnage social que déclenche cette Coupe du Monde.

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Dans un pays où les besoins sont nombreux, la passivité a laissé place au mécontentement. Si la goutte d’eau qui a fait déborder le vase a été, il y a sept ans de ça, la nomination du Brésil pour organiser cette Coupe du Monde, la crainte n’a fait que grandir au sujet des dépenses.

Des milliards d’euros investis dans les infrastructures, des favelas repoussés hors de la ville, des zones intégralement détruites pour être reconstruites pour les touristes, et pourtant une croissance économique importante s’est dessinée en 2014 pour le Brésil. La monnaie de sa pièce il l’a, avec ses 4 milliards d’euros investi dans un pays où le social est délesté pour au final, une compétition de sport parrainée par de grosses FTN et une FIFA qui ne sort pas de son silence: il faut dire que le chèque est gros, 3 milliards de rente pour l’association de football.

Quand les brésiliens réagissent

Quand on sait que les sommes faramineuses utilisées pour les dépenses d’infrastructures proviennent uniquement de fonds publics et que les retombées financières iront en premier lieu dans les poches de la FIFA, la duperie, les brésiliens ne la connaissent pas.

Le 17 juin, des dizaines de milliers de brésiliens n’ont pas hésité à manifester dans les points chauds du pays avec des slogans tels que « Brésil réveille-toi, un professeur vaut plus que Neymar [jeune espoir du football brésilien] ! » pour dénoncer la corruption d’un pays qui préfère écouter les coups de sifflet des arbitres à 500 mètres d’eux, dans le stade construit pour l’occasion. Anonymous a aussi revendiqué une série d’attaques sur les sponsors du Mondial.

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Le 17 juin à São Paulo, une protestation dans la rue contre la plus grande organisation de football. REUTERS/Chico Ferreira

Pour dénoncer ce trop plein d’argent au détriment de la santé, de la sécurité et de l’éducation, Paulo Ito, graffeur et artiste de rue n’a pas hésité à sortir les pinceaux et les bombes de peinture. Voici une petite sélection d’œuvres d’art décriant une Coupe du Monde controversée, à la fois désirée et détestée.

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En France, le Mondial vu de façon originale

La Cité de l’architecture et du patrimoine revisite, à l’occasion de chaque match, notre connaissance culturelle. Pendant un mois, c’est l’occasion pour la Cité de l’architecture de remplacer les équipes de foot par les monuments emblématiques des pays qui s’affrontent. Sur leur Tumblr et chaque soir, on retrouve des matchs commentés par des GIF animés. Des rencontres interculturelles qui lient football et architecture, c’était bien pensé.

2 réflexions au sujet de « La Coupe du Monde dénoncée par le street art brésilien »

  1. A reblogué ceci sur IMPACTet a ajouté:
    Bien que je sois fan de foot et que je suis un supporter de l’équipe de France, je ne suis pas insensible aux impacts de ce que fait la coupe du monde déjà touché par la pauvreté

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