tiken jah fakoly

Art Rock, 31e édition. Bilan et coups de coeur du festival

Pas besoin de vous rappeler à quel point la Bretagne est une pointe au niveau des festivals d’été. Même s’il y a pléthore de manifestations musicales à travers la France, mettons en lumière, si vous le voulez bien, l’émérite festival briochain Art Rock auquel nous avons assisté et qui se tenait du 6 au 9 juin.

Vendredi 06 juin

______________________

temples

Temples. Seul groupe de rock psyché programmé en 2014 à Art Rock, et étant une grande fan de Tame Impala et Jagwar Ma, Temples n’avait pas su remporter mon adhésion au niveau écoute studio. C’est donc en live que j’ai pu les redécouvrir et balayer les clichés que j’avais véhiculés sur leur musique. Ils ont le don de faire du jeune dans du vieux en même temps, jeune dans leur âge et leur musique et vieux dans leurs influences et style: c’est sans oublier le jean bootcut des musiciens, les cheveux longs à la Queen, et à l’étrange ressemblance aux Beatles et à Jim Morisson. Un groupe qui s’est produit en début de soirée, en plein jour, un choix toutefois discutable mais valable compte tenu d’un public plutôt venu pour les grosses têtes d’affiche de fin de soirée. Coup de cœur pour Ankh jouée en live. A retrouver au mois d’août à La Route du Rock.

cascadeur

Cascadeur. Je vous en avais parlé dans une dernière chronique, le dernier album du Messin Cascadeur ne m’avait pas emportée mais je restais quand même convaincue de la force de cet artiste qui tente de se terrer tant bien que mal dans l’anonymat alors qu’il s’envole vers la reconnaissance musicale. Ne voulant absolument pas le rater, j’ai sacrifié une partie de Foals pour pouvoir écouter Walker, Ghost Surfer et Casino, en fin de compte les trois chansons qui ont été rendues les plus célèbres. Pas de déception, l’ambiance reste fidèle à l’album: intime, planante et poétique. Un moment de calme apprécié entre deux groupes de rock qui se suivront sur la scène: Findlay et New Politics.

Samedi 07 juin

______________________

totorro

Totorro. Relativement attendu au Forum, le jeune groupe de post rock instrumental français a su amener du monde à son concert alors qu’il était le premier de la journée (à seulement 15h). Signé sur le label Recreation Center de Yelle (qu’on aura vite croisé à la soirée VIP post festival), ce jeune groupe originaire de Saint-Brieuc a mis en appétit les curieux venus les voir en début d’après-midi. A retrouver très vite en juillet aux Vieilles Charrues pour les voir défendre leur premier album Home Alone sorti en mars dernier.

dakhabrakha

Dkhabrakha. C’est sans doute le plus gros coup de cœur de cette dernière édition, Dkhabrakha, ce groupe de trois femmes et un homme au nom particulièrement imprononçable que ça en devient irritant, apporte un peu de nouveauté et des horizons assez exotiques à cette programmation complète du samedi. Entre le rap de Casseurs Flowters, le rock de -M-, la soul d’Eli « Paperboy » Reed et la pop de Saint Michel et Cats on Trees, un petit vent d’Est était particulièrement apprécié. Au début un peu dubitatif dans ses déhanchés, le public écoute interloqué de la musique qu’il n’a pas l’habitude d’écouter en dehors de la radio: du chant traditionnel ukrainien et riche en influences russes et même maghrébines. Un peu de musique pas mainstream ça fait du bien ! C’est vers la fin du concert que le public se met dans un état de transe et découvre au fur et à mesure les différentes cordes que les ukrainiens ont à leur arc: bruits de bouches cool, multi-instrumentalistes, novateurs et créateurs dans des sons musicaux nouveaux rien qu’avec… un mégaphone et un harmonica. Une jolie performance qui s’est soldée par une ovation quand le groupe déroule le drapeau ukrainien en quittant la scène.

Dimanche 08 juin

______________________

françois and the atlas mountains

François and The Atlas Mountains. On aurait carrément envie de vous dire: « Pas besoin de vous les présenter, on vous en a déjà parlé », ce qui est le cas, on vous avait fait un compte rendu d’un des lives de François & TAM mais il y a encore besoin de les présenter à d’autres. C’est un groupe fou qui mérite plus d’attention, alors quand j’ai vu que la première moitié du concert a été boudée par les festivaliers (parce qu’il n’y avait pas du monde à gogo il faut le dire), je me suis dit « tant pis, ils ne savent pas ce qu’ils ratent ». François & The Atlas Mountains dégage une ambiance particulière dans ses lives : chorégraphies, blagounettes, atmosphère fantastique… On a des lutins  sous nos yeux. « Mais où est blanche neige ? » Semblable à leur dernier album, leur live est transcendant, planant et rien que pour ça, on dit merci. >> A relire : Notre critique sur leur dernier album.

family atlantica

Family Atlantica. Vidée j’étais après ces trois jours de festivals avec peu d’heures de sommeil à mon actif. Par terre je pensais terminer la soirée en pensant bouger tout au plus mes deux auriculaires. Eh bien dès que j’ai entendu ces espagnols commencer leur set – alors que je n’y comprends maintenant plus rien, faute au bourrage de crâne – je me suis levée d’un bond sans penser en être capable et j’ai rejoint la fosse pour donner mon reste d’énergie à ce dernier concert qui m’aura emportée. Paré de tenues exotiques et aux sonorités méditerranéennes, ce groupe a le sang chaud et nous donne envie de danser jusqu’au bout de la nuit.

J’ai kiffé

Les stands divers de nourriture. Galette-saucisse, hamburger, crêpe, sandwich ou kebab, le choix était là. Et c’est appréciable d’autant plus que dans un festival on est normalement habitué au menu de plateau télé « pizza-frites ». Le stand Rock’n Toques a d’ailleurs fait le plein de curiosité et d’affamés d’art culinaire ce week-end.

Le festival en plein cœur de la ville. C’est parce qu’il se déroule en centre-ville que le festival de Saint-Brieuc (l’unique) se constitue une identité forte. Ce n’est franchement pas banal d’installer un festival sur le parking d’une mairie, encore moins d’assister à un concert de rock devant le bâtiment du Conseil Général. C’est d’ailleurs pour ça qu’on aime le festival, la ville vibre en même temps que chaque scène du site et elle n’est pas une frontière au festival, elle est incluse dedans et on ne sait plus vraiment où le festival s’arrête géographiquement.

L’accessibilité. Comme le festival se déroule ne ville et sur plusieurs sites, pas besoin d’assister aux concerts sur la Grande Scène du festival pour aller aux concerts dans les autres endroits. Ainsi, on pouvait retrouver les spectacles de Blanca Li au Grand Théâtre, les petits concerts gastronomiques sous le chapiteau des « musiciens du métro » et aux concerts « découvertes » au Forum et à La Passerelle. Sans compter les autres bars qui proposaient des petits sets sympa aux alentours du site, notamment au Chai Pierre où Les Gordon, Kids Of Maths et The 1969 Club se sont illustrés.

Les toilettes. Propres et nombreuses, nos intestins vous remercient. Enfin, on remercie moins ceux qui se seront précipités dans leur cabine en oubliant de refermer cette porte très utile à la vue de tous.

exposition averi

L’exposition Averi à La Passerelle ou l’art de la culture underground.

J’ai zappé

Casseurs Flowters. Au moment où Gringe et Orelsan assommaient les festivaliers de leur belle poésie, on a préféré faire un tour devant la scène des robots musiciens de heavy rock, j’ai nommé Compressorhead. Ah, les avancés technologiques sont parfois plus lyriques que ces hommes en survêt et aux cheveux attachés par des barrettes.

Joris Delacroix. L’appel de Saint Michel au Forum a été plus fort que tout. J’en ai profité pour les découvrir une deuxième fois sur scène et de me laisser emporter par leur dernier clip aux allures de Gorillaz et Moderat, nommé Bob. Pleased to meet you.

Gesaffelstein. Indisciplinée que je suis, mon oreille a trainé une fois de plus du côté du Forum où j’ai pu découvrir la version énergique et rock garage Findlay qui vient tout droit du Royaume-Uni. Alors oui, pendant le set de Gesa, j’ai préféré écouter du rock féminin qui n’est pas sans rappeler l’influence des White Stripes et des Runaways.

J’ai moins aimé

Me garer. Comment voulez-vous venir en voiture si le festival se déroule en pleine ville avec plus de 75 000 festivaliers attendus et avec peu d’aménagement organisé pour les automobilistes ? D’autant plus que les parkings restent payants pendant la durée du festival, soit 4 jours et au moins 20€ de facture de stationnement.

L’absence de camping. C’est faute à pas de chance pour ceux qui n’auront pas anticipé un camping inexistant pour les festivaliers. Enfin si, mais payant et indépendant du festival.

Crédit photo: Lucile Moy, Pascal Le Coz.

Laisser un commentaire