La folk de Roo Panes se pose à Londres

Le 12 Juin dernier avait lieu à Londres, plus précisément au Ace Hotel, le concert du britannique Roo Panes. Autant vous dire que je ne pouvais pas louper cette occasion. Je vous avais déjà parlé il y a quelques mois de mon coup de cœur pour cet artiste de folk talentueux aux mélodies poétiques envoûtantes, respirant un amour profond pour la nature.

Le 12 Juin, j’ai eu la chance de rencontrer un chanteur qui s’avère en plus très sympathique et simple. Vous pourrez retrouver dans quelques jours sur le site, l’interview que j’ai pu réaliser avant le concert.

Mon impatience était à son comble quand je suis rentrée dans le petit bar intimiste, aux lumières tamisées, éclairé par des bougies, où se trouvait le concert.  Une peur légère pourtant m’envahissait et cette question qu’on a tous eu en découvrant pour la première fois l’un de nos artistes préférés sur scène : « allais-je être déçue par ce chanteur que j’avais si souvent écouté ? ». La salle se remplit bruyamment, les anglais discutant vivement entre eux au bar avant l’arrivée de la première partie sur scène. L’interlude musical arrive finalement : Josh Flowers, se présente sur scène avec pour seul instrument : sa guitare. Chanteur du groupe, Josh Flowers & The Wild, il est aussi l’un des meilleurs amis de Roo Panes, c’est pourquoi il a fait plusieurs dates de sa tournée. Les mélodies sont agréables, la voix de Josh Flowers s’accordant à merveille avec cette acoustique que j’apprécie tant.  A la fin de la première chanson, nous avons eu le plaisir d’apercevoir Roo Panes s’installant au deuxième rang du public pour soutenir son ami et l’écouter jouer.

En grande amatrice de concert intimiste, j’ai doublement apprécié cette atmosphère qui régnait dans la petite salle.  Josh Flowers enchaîne les chansons douces et authentiques, nous rappelant parfois celles de Stu Larsen, le grand ami de Passenger, surtout quand il se munit de son harmonica. Sa voix se veut douce, les chansons sont maitrisées et nous entraînent dans un cocon de bonne humeur.  Le vrai regret de cette première partie reste le comportement des anglais lorsqu’ils assistent à un concert. Le silence ne semble pas faire partie de leur vocabulaire et j’ai été choquée de constater que cela semblait si naturel pour eux de continuer à converser ensemble malgré la présence sur scène d’un artiste. Quant à moi, j’ai réellement apprécié les compositions de Josh Flowers, que je vais prendre plaisir à ré-écouter durant les journées estivales qui s’annoncent.  Une très bonne surprise.

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Une fois l’artiste ayant quitté la scène, le brouhaha déjà présent envahit encore plus l’assemblée qui rigole et qui discute joyeusement. Me trouvant de nature bavarde, j’ai pu constater que face aux anglais armés d’une bière, je suis une petite joueuse. Il est moins de 21h30 quand Roo Panes se présente sur scène. Les premières notes entonnées par sa guitare à 12 cordes suffisent à comprendre qu’il y a un petit problème technique. Il le dit lui-même « Ce n’est pas censé sonner comme ça », on le sent gêné et désireux de bien faire. Quelques secondes suffiront avant de retrouver une sonorité normale.

 Le chanteur commence par jouer Glory Days, extraite de son troisième EP Land of The Living, le public se taisant pour écouter cette mélodie profonde. La voix de Roo Panes et sa simple guitare suffisant à provoquer des émotions multiples. Aucun doute, les artifices sont inutiles pour cet artiste. Le musicien enchaîne ensuite avec Know Me Well, qui est d’après moi l’une de ses plus belles compositions mais surtout ma préférée.  L’émotion est palpable pour moi, grâce à cette chanson qu’il a écrite pour sa sœur Lucy. Les paroles de Roo Panes ne sont pas de simples mots s’enchaînant sans sens véritables, elles sont toutes emplies d’une profondeur touchante. Il le disait lui-même il y a quelques temps « i want to give to my listener  something, i want it to have substance » et il y arrive parfaitement grâce à la poésie de ses mélodies.  Les musiques s’enchaînent, le chanteur de folk nous offrant notamment la somptueuse Ran Before The Storm gorgée d’authenticité avant de jouer Silver Moon. Le silence est nécessaire pour les écouter avec attention.

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Le musicien finit cependant par quitter sa guitare à 12 cordes pour se munir d’une guitare sèche normale pour la suite du concert.  Il alternera alors parmi les titres de ses trois EP, exécutant Indigo Home, Sing for The Wind et Land of The Living avec cette douceur qui leur est caractéristique. Malgré sa timidité qui se remarque assez rapidement, Roo communique avec plaisir avec son public, le remerciant d’être présent, parlant de sa tournée qui s’achève. On le sent heureux d’être sur scène. Heureux de partager avec une audience les mots qu’il a écrits. Toutes ses compositions sont connectées à lui, se livrant ainsi à travers des métaphores poétiques sur ses sentiments, ses observations et sur sa vie. C’est beau et touchant à la fois.

Si je n’avais qu’un conseil à donner ce serait de suivre sa philosophie de vie : observer la beauté se trouvant autour de nous, se déconnecter parfois de cette technologie nous envahissant et prendre le temps d’admirer ce que les paysages nous offrent. Les chansons de Roo Panes sont toutes porteuses d’un message d’espoir et d’optimisme, Tiger Striped Sky et Little Giant en sont la preuve absolue. Little Giant, extraite de son troisième EP, mais qui sera aussi à retrouver sur l’album prévu pour Septembre, est sa chanson préférée, nous rappelant par ses paroles simples que chaque être humain se doit d’accepter ses faiblesses pour devenir plus fort. Dans chaque personne sommeille un petit géant capable de devenir un homme. En s’exprimant à travers les mots, on sent que Roo Panes a trouvé sa force à lui.

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Josh Flowers viendra le rejoindre sur scène pour jouer Tiger Striped Sky, le premier single de son futur opus. Le britannique expliquera alors que durant le concert de Bristol, il a eu une crampe au pouce qui ne voulait plus bouger et qu’il espère que ce soir ce ne sera pas le cas. Heureusement pour nous, la composition se fait sans encombre. Les deux chanteurs munis de leur guitare nous offrent quelques minutes de duo bien agréables. Le concert se finit par Awoken, une de ses compositions non réalisées, que j’espère retrouver dans l’album. Les amis du chanteur présents près de moi se donnent à cœur joie pour le soutenir et l’acclamer comme il se doit. Notamment, Miles Peckover qui fait partie de son groupe qui est clairement le plus grand hystérique qu’il m’a été donné de voir.

La déception est impossible lorsque vous avez devant vous un artiste talentueux comme Roo Panes, qui malgré sa timidité évidente, dégage une sympathie et une simplicité touchante. L’acoustique luxuriant de sa guitare se mariant à merveille avec sa douce voix folk et avec ses compositions remplies de sincérité. Un vrai bonheur pour les oreilles des mélomanes. Roo Panes n’est pas un showman, il ne le sera jamais mais il nous offre une autre chose. Vous l’aurez bien compris par mes mots, je me trouve actuellement dans cet état de plénitude où les phrases paraissent superflues.

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