Tom à la ferme, l’amour mourant

Tom

Tom à la ferme est le quatrième film de Xavier Dolan, réalisateur prodige de sa génération. Âgé seulement de 25 ans, il était déjà au festival de Cannes de 2012 dans la sélection « Un certain regard » avec son film Laurence Anyways.

On l’y retrouve une nouvelle fois cette année avec son dernier film Mommy qu’on espère découvrir dans les salles françaises d’ici la fin de l’année. C’est grâce à lui, que vous connaissez (ou pas) Niels Schneider et que vous connaitrez le fabuleux Pierre-Yves Cardinal. Chers amateurs de musique, vous ne le savez peut-être pas mais c’est Xavier Dolan qui a réalisé le clip controversé de la chanson College Boy d’Indochine.

Tom à la ferme, ça parle de quoi ? Non, ce n’est pas une adaptation de Martine à la plage (ou je ne sais quoi encore) au masculin mais bel et bien un film qui risque de vous faire frémir. Tom, c’est un publicitaire de Montréal qui se retrouve à la campagne pour l’enterrement de son amant. Comme vous vous en doutez, tout ne se passe comme prévu, car la famille de son défunt amoureux n’est pas au courant de l’homosexualité de ce dernier et ce qui ne devait être qu’un week-end funeste va rapidement se transformer en un thriller haletant. Pourquoi allez-voir ce film ? Parce que déjà, quand on a vu un Dolan, ça impressionne dans les discussions en société.

Vous vous sentirez mal à l’aise à un moment dans la visualisation du film mais vous sortirez avec ce sentiment d’avoir vu un bon film. Je n’ai nullement envie de vous gâcher le film mais Dolan, en jouant sur les clichés qui opposent ville et campagne, aborde différents sujets qui n’ont rien d’enfantin tels que l’homosexualité, le deuil, le syndrome de Stockholm (en ai-je déjà trop dit ?) ou encore l’amitié. Contrairement aux écrits pour enfants, Tom à la ferme ne nous livre pas une morale brute de décoffrage mais nous laisse, spectateurs, seuls face à nos pensées. Xavier Dolan passe aussi devant la caméra puisque c’est lui qui interprète le rôle de Tom. Ce Tom, dont on se sent à la fois si proche mais si éloigné. L’histoire de Tom, c’est aussi celle de Francis, le frère du mort. Francis, c’est la ferme, la violence, la tendresse parfois, c’est celui qui nous fait nous interroger sur la fatalité. Celle qui fait qu’on dérive plus vers le mal que vers le bien. Pierre-Yves Cardinal, acteur prometteur, interprète ce Francis à la perfection, nouvelle étoile montante du cinéma ? On l’espère. 

Francis et Tom

Si on devait rapprocher Tom à la ferme d’une œuvre littéraire, ce ne serait pas à la série des Martine mais à celle des Rougon-Macquard d’Emile Zola. Il portait une perpétuelle réflexion sur l’être humain, les déterminismes liés à l’environnement qui nous entoure. Tom à la ferme, c’est ça, une réflexion sur la vie, sur le monde. Xavier Dolan nous livre là une œuvre quasi naturaliste. C’est l’un de ses films dont on sort de la salle en se disant, qu’est-ce qui vient de se passer ? À vous de trouver la réponse.

Note particulière pour la bande originale du film, les chansons choisies semblent avoir été écrites pour le film, certaines sont anciennes, d’autres plus récentes mais on accorde une mention spéciale à la chanson Going To A Town de Rufus Wrainwright qui nous touche peut-être plus que les autres. À elle seule, elle résume le film avec cette phrase « Tell me, do you really think you go to hell for having loved ? »

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