Ces artistes qui ont compris l’importance de l’identité visuelle

L’image d’un artiste n’a jamais été aussi importante qu’à notre époque. C’est aujourd’hui que nous allons aborder le thème de l’identité visuelle et nous intéresser particulièrement à quatre artistes qui accordent une place essentielle à leur image.

Mais avant tout, retour en 1982, souvenez-vous, cette année là sort le fameux clip Thriller, du roi de la pop réalisé par John Landis. Le titre va alors rencontrer un succès grandissant et va devenir très vite une musique culte. Le clip a réussi à propulser l’album Thriller en haut des hit parades et il a grandement augmenté la notoriété de Michael Jackson.

Aujourd’hui, le clip est imprimé dans toutes les mémoires (à moins de vivre dans un bunker anti-atomique) et Thriller est considéré comme un monument de la musique populaire.
Faisons maintenant un tour quinze ans plus tard, en 1997, le clip du titre Around The World de Daft Punk réalisé par Michel Gondry, vient de sortir et rencontre lui aussi un énorme succès. La vidéo fait le tour du monde, on découvre les mystérieux robots français qui ont su si bien s’exporter à l’étranger.
Le point commun entre Thriller et Around The World ? Un clip vidéo devenu ultra célèbre. L’identité visuelle a en fait pris une place très importante durant cette période.

Nous sommes en 2014 et depuis les années 2000 avec notamment l’arrivé d’Internet, la musique a pris une nouvelle dimension ; l’image et l’univers de l’artiste sont devenus primordiaux.

Il est de plus en plus dur pour les artistes de se démarquer, d’avoir une identité propre et de marquer les esprits. Impossible pour un artiste d’imaginer la promotion de son dernier single sans parler de clip vidéo, de campagne de pub et de teasing où l’on nous livre des échantillons d’exclusivités au compte goutte (cf: la campagne de teasing de Random Access Memories). Certains artistes semblent avoir trouvé la solution miracle pour vendre des disques: la provocation (un peu facile me direz-vous). C’est vrai, il trop facile pour une pseudo-lady-gaga de se faire connaître en se déshabillant dans ses clips ou pour un rappeur de se faire remarquer en tenant dans ses titres les propos les plus choquants possible. Bien que ce genre de pratique soit toujours d’actualité et existera toujours, on sent très bien ces derniers temps qu’elles s’essoufflent car en effet on a déjà tout vu et l’audience devient de plus en plus exigeante.
Laissons de côté cet aspect commercial. Certains artistes accordent une importance particulière et ne se contentent pas d’obéir docilement à un directeur artistique qu’ils ont choisi au hasard. En effet, certains artistes utilisent l’image au service de leur art, de leur univers, comme une extension à leur musique. La musique ne s’écoute plus seulement, elle se raconte, se contemple, elle se vit.
-Cette liste n’est évidemment pas exhaustive- 

FAUVE


L’autre jour en écoutant une interview de Fauve sur Le Mouv’, je fut très surpris d’apprendre que le groupe était en fait composé de 20 membres. Ces artistes accordent énormément d’importance à leur image. Ils parlent d’ailleurs de Fauve comme d’un « collectif » c’est à dire que le groupe comprend aussi bien des musiciens que des réalisateurs. Fauve a une identité visuelle bien marquée, leurs clips vidéos sont particuliers et les membres du groupe ont choisi de rester dans l’anonymat. Fauve, ce n’est pas seulement de la musique, c’est un projet artistique à part entière.

JUSTICE


Pour Justice, soigner son identité visuelle est primordial. C’est sous l’aile de SO ME, le célèbre graphiste du label parisien Ed Banger Records, que le duo s’est forgé une image. La musique de Justice a deux aspects : l’aspect « disco » (D.A.N.C.ED.V.N.OXavier de Rosnay étant fan de disco) et l’aspect « sombre et grinçant » qui est un peu la face cachée de l’iceberg (Water of NazarethGenesisStress). Le groupe a parfaitement su concilier ces deux façades, souvenez-vous des clips de D.A.N.C.E et de D.V.N.O: ces vidéos sont très colorées et dynamiques (SO ME n’y étant pas pour rien), D.A.N.C.E est d’ailleurs un hommage à Michael Jackson et donc à la musique pop des années 80.

Pourtant rappelez-vous du clip de Stress, réalisé par Romain Gravas où l’on suit un groupe de jeunes commettant des actes de violence gratuite pendant une virée dans Paris.

Je dois avouer que personnellement je trouve que le clip colle parfaitement à la musique qui est, comment dire, stressante. Ce clip avait alors fait polémique et on pouvait a l’époque lire dans les médias des jeux de mots très recherchés comme par exemple « Justice trainé en Justice ».

DAFT PUNK


Comment parler d’identité visuelle sans parler de Daft Punk ? Vous l’aurez remarqué, le duo de robots est extrêmement exigent en ce qui concerne leur image. De de leur premier album Homework à Random Access Memories en passant par la BO de Tron: Legacy, l’identité visuelle de Daft Punk a connu une évolution. Les fans le savent ; il est très difficile de réussir à obtenir une interview ou même de réussir à avoir un live du groupe dans une émission. Daft Punk se déplace rarement de telle sorte que chaque apparition soit un événement, le duo aime se faire désirer et apparemment ça marche plutôt bien. La campagne de teasing de RAM s’est exceptionnellement bien passée commercialement parlant mais aujourd’hui il est difficile, même (surtout ?) pour les fans les plus assidus de ne pas vomir son dernier repas à la seule écoute de Get Lucky tellement on nous l’a resservie à toutes les sauces durant ces derniers mois (musique la plus reprise de l’année 2013). Quoi qu’il en soit, Daft Punk joue jusqu’au bout la carte de l’anonymat, ce qui les empêche de vieillir et les rend alors mythiques, ce dernier aspect étant accentué par le côté sombre et classieux de leurs visuels et costumes.

WOODKID


Yoann Lemoine alias Woodkid a étudié à l’école Émile-Cohl puis à Londres au Collège de Swindon. Après avoir terminé ses études de graphiste, il se lance dans divers projets artistiques et de fil en aiguille il se retrouve à réaliser des clips musicaux. Sa notoriété grandissant, il réalise alors des clips pour Lana Del ReyKaty Perry, Drake ou encore Moby. C’est en côtoyant le milieu musical qu’il voudra se lancer dans la musique. Woodkid produit lui même ses clips, il est maître de son image et peut se le permettre de par ses talents de graphiste et de réalisateur. Je me souviens d’un documentaire sur Arte le concernant où il racontait qu’il concevait son art comme un triangle ; c’est en fait un ensemble composé de 3 aspects : la musique, la photo et la vidéo. Woodkid est un artiste à part entière qui maitrise son image de A à Z. Ce qu’on apprécie chez lui c’est la sincérité présente dans sa musique et mais également le côté brut et froid de son image.

 

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