Quel avenir pour la presse écrite ?

Mardi matin, le prof de préparation aux concours a commencé son cours, après un questionnaire d’actu bien méchant : « La presse écrite est en crise, vous savez. »

Pas très rassurant pour un groupe d’étudiants qui espère faire du journalisme leur métier un jour. On ne veut pas tous travailler dans la presse écrite mais ça peut faire peur parce qu’on nous forme aux techniques de rédaction en presse écrite et on peut se demander : « mais si ça se casse la figure, pourquoi on apprend ça alors ? »

Parce que malgré tout, quand on dit presse, on pense avant tout aux journaux papier. Parce que la PQR (Presse Quotidienne Régionale) embauche encore pas mal de journalistes. Que la presse écrite fait partie du patrimoine, qu’il y a des gens qui aiment encore lire leur journal dans le métro ou le bus, que nos papis et mamies continuent à vouloir savoir ce qu’il se passe dans les communes d’à côté, dans leur région, dans le local. Ce n’est pas dégradant, ça peut être l’une des raisons pour lesquelles on veut faire de la PQR, être proche des gens, leur amener de l’info.

Sauf que le numérique avance. Il grignote tout, doucement. Parce qu’on est dans une génération connectée, de la communication de masse, de l’instantanéité. Qu’on veut tout, tout de suite. Et on l’a, le tout, tout de suite. Grâce à la presse en ligne, aux sites web des grands quotidiens. C’est facile.

Il semble loin le concept du 20 minutes car selon les chiffres qu’on nous a donné en cours, les gens ne lisent plus que 14 minutes en moyenne par jour. Alors les journalistes s’adaptent, ils doivent trouver des titres, des photos et des chapôs accrocheurs. Sauf que quand on entend certains journalistes de PQR on se rend compte que les formations sont à la traîne, qu’on n’est pas formés pour le web.

Bien ou pas bien l’avancement du numérique ? Ça chagrine un peu parce qu’on ne veut pas seulement que le journal papier soit seulement le souvenir de nos grand-pères pour qui la lecture du journal était un moment sacré. On veut que ça soit aussi le nôtre. On pense aux discussions de nos aînés : « t’as pas lu ça, dans le Sud Ouest ? » Peut-on vraiment les priver de ça ?

D’un autre côté, on fait partie de cette génération connectée, la génération digitale, la tactile. Les grands quotidiens nationaux et internationaux ont compris l’enjeu du numérique et tentent de développer des applications, ceux qui ne se sont pas lancés ont bien vite fait de regretter (France Soir, Newsweek, La Tribune…). On écoute la radio par Internet via les podcasts, l’émergence des nouvelles webradios, on lit la presse en ligne… Puis on écrit pour un webzine, ça serait hypocrite de dire qu’on en veut pas, de cette évolution.

C’est une période de transition, entre l’ancien temps de la presse écrite et des journaux payants, de l’information de proximité et la nouvelle ère du tout numérique et de l’info gratuite et immédiate. On est partagé entre notre nostalgie pour l’avant et notre faim d’évolution pour l’avenir. On a le cul entre deux chaises, le cœur qui balance et ça ne fait pas forcément du bien, cette hésitation permanente, cette réalité qui nous montre que ça évolue, notre envie de devenir acteur du web et cette profession, ces écoles qui nous forment à la presse écrite traditionnelle. Et on n’a pas tous une soupape de sécurité pour une éventuelle réorientation.

Alors on attend, on apprend ce que l’on nous enseigne en formation et on essaie de se débrouiller par nous-mêmes pour le côté web. En espérant que ça nous aidera à être plus polyvalents dans l’avenir, plus autonomes et adaptés.

Alors on se pose la question. Avec l’arrivée d’Internet, signe t-on la mort simplement de la presse papier ou celle du journalisme ? On verra bien assez tôt de quoi demain sera fait, n’est-ce pas.

> On vous conseille la lecture d’un article de Slate (qui est d’ailleurs un pure players, né uniquement en version numérique), assez vieux pour pouvoir avoir un peu de recul. Il annonce la mort des journaux papier en 2017 aux Etats-Unis et en 2029 en France. Qu’en pensez-vous ?

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