La Vie rêvée de Walter Mitty : une aventure à laquelle on dit oui !

La Vie rêvée de Walter Mitty est déjà le 5ème film du trublion du cinéma américain Ben Stiller, homme aux multiples facettes qui pour la première fois ne réalise pas une comédie pure mais plutôt une comédie dramatique, un feel good movie sous forme de blockbuster, une sorte d’OFNI (Objet Filmique Non Identifié), nouvelle adaptation au cinéma de la nouvelle de James Thurber parue en 1939.

Synopsis: Walter Mitty est employé au magazine Life. Excessivement timide, il s’imagine être le héros d’aventures imaginaires pour s’évader de sa réalité stressante. Mais un jour, il doit faire face à des problèmes de la vie réelle : avouer son amour à sa collègue Cheryl Melhoff et retrouver le négatif n°25 du célèbre photographe Sean O’Connell…

La bande annonce était alléchante et promettait un voyage à la fois pour les yeux et spirituel à travers la vie de ce quadra monotone sautant le pas vers une aventure hors du commun.

Le pari est plutôt réussi, Stiller livrant un film magnifique, à la fois drôle et touchant dont le seul défaut pourrait être l’ambition probablement trop grande du projet à la base.

Stiller a toujours su s’entourer d’acteurs talentueux et surprenants, il ne déroge pas, cette fois encore à cette règle en allant choisir Kristen Wiig (la reine de l’humour US au cinéma actuellement), Sean Penn, Shirley MacLaine, Adam Scott (comme toujours parfait en odieux connard) pour leur offrir de superbes compositions, je pense notamment aux deux premiers acteurs cités.

Stiller lui-même, excellent acteur au demeurant, passant aussi bien du personnage loufoque et cinglé de Zoolander au personnage dramatique de Greenberg arrive avec aisance à installer ce personnage de quidam lunatique et rêveur.

Mais ce n’est pas là qu’il impressionne mais dans sa réalisation. Faire un film tournant autour de la photographie, c’est casse gueule car si le film est moche ou ne reçoit pas le travail adéquat sur son aspect visuel, personne ne lui fera de cadeau. Mais Stiller, qui avait déjà prouvé avec son dernier film (Tonnerre sous les Tropiques, une des meilleures comédies de ces 20 dernières années si vous ne l’avez toujours pas vue) qu’il savait manier une caméra. Il passe ici à la vitesse supérieure.

En effet, chaque plan est gratifié d’un soin méticuleux que cela soit dans le cadre, la lumière ou la composition. Le travail effectué par Stuart Dryburgh (directeur photo) pour le film est tout simplement titanesque. Chaque scène pullule de détails (très belle direction artistique au passage), chaque plan est d’un esthétisme léché incroyable, chaque mouvement de caméra est inventif, Stiller jouant avec l’imagination sans limite de son personnage pour tenter différents effets de mise en scène pour le moins réussis.

Je ne parlerai même pas du montage, tout simplement somptueux et lui aussi créatif avec des fondus comme rarement j’en avais vu auparavant.

Pour ce qui est de la promesse de voyage, elle est présente tout au long du film, que cela soit dans l’évolution psychologique du personnage ou par les paysages qu’il va visiter. Impossible de sortir de la salle sans avoir envie d’aller faire un tour en Islande.

En arrivant à magnifier par tous les moyens possibles (je ne vous explique même pas la BO absolument sublime, ou on retrouve José Gonzàlez, David Bowie, Of Monster And Men) ce voyage spirituel, Stiller nous entraine avec lui, pour peu que l’on se laisse emporter, dans une odyssée mélancolique, belle et drôle qui nous rappelle que le cinéma peut être un visa pour l’aventure.

Si petit défaut il devrait y avoir, on notera que la bande annonce en montrait beaucoup trop, gâchant la surprise par moment mais aussi que l’ambition affichée du film de voguer sur l’aspect des rêves insolites de Walter pour donner pleins de séquences délirantes sont ici réduites à peau de chagrin, la promotion nous ayant encore une fois trop vendu le film.

Si vous espériez un véritable voyage émotionnel au message profond comme pour Life of Pi l’année dernière, passez votre chemin, le film ne joue absolument pas dans la même cour. Mais si vous voulez voir une excellente dramédie doublée d’une invitation au voyage, Walter Mitty est clairement fait pour vous.

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