Le Ghost Surfer de Cascadeur, peu évolutif

Sous son masque à la kick-ass ou de catcheur, on ne sait pas trop, Alexandre Longo s’avance à nouveau sur scène avec son nouvel opus Ghost Surfer sorti le 3 février dernier. A la manière de Fauve ou des Daft Punk, le jeune musicien a décidé de renoncer à l’exposition médiatique de son nom et d’y préférer l’ambiance plus confortable dans l’anonymat avec son pseudonyme Cascadeur.

Retenue. C’est le nom qui devrait qualifier dans les meilleures circonstances son dernier album et premier grand pas en tant qu’auteur, j’ai nommé The Human Octopus. Alexandre se mure derrière un masque, un pseudo très poétique et aérien qui commencent alors à lui coller à la peau. Cascadeur grimpe sur une flottée de critiques encourageantes avec un album qui observe une linéarité exemplaire dans l’ordre des compositions. Mais il se met quelques mois plus tard à voler pour ne plus toucher terre, le cascadeur devient un avion et constate, depuis les nuages le grand nombre d’approbations sur son premier album qui sera vite qualifié de succès. Il est donc parfaitement compréhensible d’en espérer autant voire de placer la barre un peu plus haute cette fois.

Et bien pari raté pour ma part. Il ne fait guère mieux que lors de son précèdent opus, les mélodies restent coincées dans la même ambiance qu’il s’était appropriée précédemment. Cette ambiance que nous avions en effet à l’époque adoré, reste aujourd’hui peu grisante et même lassante. Là où j’attendais plus de flexibilité sur les influences musicales, j’ai retrouvé une nouvelle ouverture, certes neuve avec des collaborations intéressantes mais passées trop inaperçues à mon goût.

J’avais aimé Cascadeur avec Walker, doux morceau tortueux et sinueux, aujourd’hui en écoutant le nouveau Cascadeur je me retrouve un tantinet déçue qu’il n’ait pas été prétexte à étendre les influences des créations, peut être trop similaire à ce qu’il avait été habitué à faire. Pourtant ce n’est pas un si mauvais album que ça, on retrouve des titres sympathiques comme Dark Passenger avec Anne-Catherine Gillet, un morceau sensuel et sombre, comme le titre veut bien le dire. La voix d’Alexandre se veut saturée et méconnaissable avec une harmonie-piano voix qui s’accompagne presque main dans la main. Mais il y a aussi le fameux titre éponyme, Ghost Surfer de l’album à retenir, mixé avec DJ Pfel, morceau pop/disco un peu perdu entre deux ballades. On passe à Kisses, une autre épopée piano-voix avec un arrière-plan de violons. Très agréable.

Bref, il y a du bon comme du moins bon, et en ce qui me concerne j’ai vite fait d’avoir fait le tri. Rien de vraiment mauvais mais un album qui se disperse un peu partout, qui surfe justement comme son fantôme, on rappelle que c’est le titre de l’album en français. En fantôme qui surfe, on espère que ce n’est pas son auteur qui s’est métamorphosé.

Alors on pense avoir arraché le masque d’Alexandre, on pensait pouvoir enfin voir plus clair dans le jeu de l’interprète français mais on a foncé droit dans le mur. Il nous a encore semé et nous sommes toujours à sa recherche. La première écoute ne s’avère pas très concluante. En réécoutant la deuxième fois, je fais plus attention aux harmonies, aux paroles, à leur sens, et aux instruments utilisés, variés. Beaucoup de sonorités fantomatiques nous rappellent sans cesse au thème de l’album, c’est en ça que réside le plus gros point de l’album. Mention spéciale aux enivrantes guitares et clavier qui s’entremêlent dans Casino. Mais pour le côté folk de l’album avec Visage Pâle, veuillez bien repasser lorsque l’expérience sera concluante sur le prochain album.

Ce n’est pas un mauvais album ni l’album de l’année mais c’est certainement un opus qui fera parler de lui cette année avec mon assentiment ou non. Après tout, ce n’est qu’un avis nuancé parmi d’autres. Et comme Alexandre Longo le brillant interprète casqué a réussi à trouver la clef des scènes françaises, aucun doute qu’il la perde en chemin. Pour lui, c’est tout tracé. Bienvenue dans une nouvelle conception de la musique électronique française. Et on est content, parce que ça nous aère les oreilles et ça faisait longtemps !

Ghost Surfer – Sorti le 3 février 2014 – Universal Music

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