Metronomy – Love Letters, l’affinage

Love Letters, le quatrième album de la crème de la pop rock électro anglaise est sorti le 10 Mars dernier ; alors oui je vous en parle un peu tard, mais c’est ainsi, et aujourd’hui c’est Metronomy !

Extrait du clip « Love Letters » de Metronomy

Pas de fausses idées sur le titre de celui-ci, Love Letters n’est pas un album épistolaire comme je me l’étais imaginé, – c’est dommage, j’aurai tué pour un Brandt Rhapsodie version Metronomy – c’est plutôt un album assez conventionnel sans différence notable avec leurs précédentes productions, même s’il m’a laissé très perplexe et partagé à la première écoute, et pendant de nombreuses suivantes.

Tout d’abord c’est un disque qui s’écoute très vite, et honnêtement je ne l’ai pas vu passer. Une dizaine de morceaux pour près de 43 minutes, c’est concis certes, mais il ne faut pas sombrer dans les avis négatifs. Dire que ce disque et bâclé, torché, que le groupe n’avait plus ou pas assez d’inspiration et autres serait une grosse erreur de jugement ; cet album est minutieux et très travaillé. Les partis pris sur le mixage des morceaux est différent sur la quasi-totalité de ceux-ci, et résultent à chaque fois ou presque de quelque chose agréable à écouter,  parfois différent, et qui donne du sens au texte qui est évidemment toujours axé sur les sentiments relatifs à l’amour.

Dans The Upsetter la voix de Joseph Mount et du reste du groupe sont comme enregistrées dans une salle vide à l’acoustique inexistante dans les couplets et le pont, laissant imaginer une véritable discussion entre Joseph et la fille dont il est question dans le titre. Il en va de même dans I’m Aquarius où la résonance du chant créé cette atmosphère planante et voluptueuse ; on se retrouve vraiment dans l’espace en compagnie des esprits du zodiaque, non pas à lire horoscope sans intérêt, et la retrouvaille de ce genre d’effets quelque peu perdus aujourd’hui procure vraiment un plaisir fou. Le titre éponyme Love Letters, qui commence comme un requiem à l’amour au saxophone d’Oscar Cash, se transforme très rapidement en pop fraîchement chantée en chœur, encore une fois mixée comme s’il s’agissait d’une session,  mais simplement entraînante, transmettant le merveilleux sentiment de bonheur suite à l’écrit  de la lecture d’une lettre d’amour en nous jetant dans un flot de mélodies aussi psychédéliques et jazzy que le synthétiseur et le saxophone peuvent produire. On ne veut plus que chanter « Loooove Leeeeetters » !

Seulement deux derniers titres ont véritablement retenu mon attention. Tout d’abord Boy Racers, avec son synthétiseur Moroderien et sa batterie dynamique et souple, est un morceau génial. Transcendant en restant léger, il vous fera voyager autant que m’a fait voyager la B.O de Midnight Express si vous aviez aimé leur travail dans Pip Paine (Pay Back The £5000 You Owe), leur premier album. Ensuite j’insisterai une dernière fois sur Reservoir, où la bonne critique résulte uniquement d’un avis personnel positif, puisque celle-ci ne se distingue (comme le reste de l’album) pas de ce que le groupe a pu faire précédemment, excepté dans la précision. Ce titre est véritablement ma petite beauté au sein de l’album, celui qui offre une mélodie quelque peu mélancolique tout en restant légère et joyeuse, ponctuée par un riff de synthétiseur détaché qui vous fait hocher la tête de gauche à droite en vous emmenant dans ce fameux réservoir où l’on oublie le passé avec quelqu’un, ou du moins vous le laisse imaginer pendant trois petites minutes seulement.

Cet album est donc loin d’être une révolution, mais le fait de s’y retrouver dans leur travail d’une part, et d’avoir quelques morceaux novateurs d’autre part dans un laps de temps court permet de passer un moment agréable et guilleret. Le groupe n’a pas évolué en soi, mais a vraiment peaufiné sa musique en affûtant leur style. Metronomy nous fait, avec Love Letters, voyager à travers le temps en nous proposant de leur pop rock électro moderne inspirée des périodes phares des années 60-70-80 dans leur musique comme dans l’esthétique de leur clips ou de l’album en lui-même. Le groupe nous fait ici un merveilleux melting pot de 20 ans de musique, que je vous recommande d’écouter dès aujourd’hui !

Sortie: le 10 mars 2014. Love Letters, par Metronomy chez Because.

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