Interview – Marquees, la force tranquille

14 mars 2014. Direction La Dame de Canton; un bateau qui pour certaines occasions, se transforme en une véritable petite salle de concert entièrement vouée à la découverte de nouveaux talents.

Ce soir là, un quatuor Nantais est à l’affiche: Marquees, avec Pierre (chant et guitare), Fred (basse), Benjamin (clavier) et Simon (batterie). Le temps de quelques chansons, tirées de leur EP Marquees, le groupe nous fait voyager dans un univers parallèle, peuplé de sons électro et de sonorités pop.

19h. Juste après le soundcheck, l’interview commence. Pierre et Benjamin se prêtent au jeu. Ils seront rejoints par Fred à la fin. Ce passage parisien nous a également permis d’en connaître un peu plus sur le jeune groupe ainsi que sur ses projets pour l’année 2014. C’est parti.

Efflorescence Culturelle: Comment vous êtes vous rencontrés ?

Pierre: C’est Benjamin qui est à l’origine du groupe, ça remonte à il y a 2 ans et demi, et il cherchait à monter son groupe. A ce moment là, il a mis une petite annonce sur le net, et moi aussi à l’époque je cherchais un nouveau groupe. On s’est rencontrés à travers internet. Simon aussi, avec qui je jouait depuis longtemps, et Fred aussi grâce à une annonce sur internet. On s’est rencontrés comme ça.

Le français étant une langue difficile à faire passer, musicalement parlant, est-ce une raison pour laquelle vous avez choisi d’écrire vos textes en anglais ?

P: Oui, c’est une raison qui date d’il y a longtemps. J’ai commencé à écrire des chansons il y a très longtemps et je me suis mis à l’anglais au départ par facilité puis au final plus par habitude et aussi pour l’esthétique musicale.

Benjamin: C’est juste parce que c’est notre culture musicale aussi. On n’a jamais pensé à chanter en français, on s’est jamais posé la question en fait, pour nous c’est naturel.

Vous avez quitté 2013 avec une grande date: les Trans Musicales à Rennes.

P: Oui c’est un festival qui est assez réputé en France par sa programmation qui est très originale et très axée sur la découverte. C’était un honneur pour nous d’en faire partie. Ça nous est tombé dessus comme ça et nous étions super contents, tout s’est bien passé. On a eu en plus l’accompagnement de la région du pays de la Loire pour préparer le concert, c’était vraiment super !

Et sur scène vous le vivez comment ?

B: En fait ce qui était intéressant c’est qu’on a fait aussi la Tournée des Trans qui fait donc partie de la programmation des Trans Musicales. Elle donne la possibilité de faire jouer les groupes avant le festival. Nous avons donc fait 2 salles: une à Rennes (l’Ubu) et l’autre à Saint-Nazaire (Le VIP), ce qui a été vachement intéressant.

Vous avez parlé d’une probable « nouveauté » pour l’année 2014, quelle est-elle ?

P: Plusieurs choses, on va sortir dans les mois prochains un remix de notre EP qui est sorti l’année dernière. Et à la fin de l’année on sortira un nouvel EP, avec de nouvelles compositions.

Donc pas d’album pour le moment ?

P: Pas d’album pour le moment, à moins que les choses se débloquent au niveau « entourage professionnel ». Mais pour l’instant, notre plan c’est de sortir ce nouvel EP.

Sera-t-il dans les tonalités, le prolongement de votre EP « Marquees »?

B: Oui, on est parti là dedans, de toute façon on est toujours en recherche, on va peut-être aussi chercher des nouvelles choses mais oui ça va rester dans le même esprit et on ne veut pas non plus partir dans autre chose, pour l’instant on n’en est pas là donc on garde la même ligne directrice.

Y a t il un message, un sentiment, que vous souhaitez transmettre à travers vos chansons ?

P: Il n’y a pas de message politique ou engagé particulier, c’est plus soit des histoires fantastiques, axées science-fiction, un thème romanesque qui permet d’aborder plein de choses: le voyage, le don de soi (rires), le quotidien, les sensations d’enfermement qu’on peut avoir et la volonté de faire évoluer notre vie dans le bon sens. Ce sont des moments pris comme ça et mis sur un texte pour essayer d’exprimer une sensation que l’on peut percevoir à un moment, ou une gêne, un problème. C’est aussi une façon de se raconter.

Une salle dans laquelle vous aimeriez jouer ?

Fred: Il y en a plein, mais l’objectif c’est surtout de faire plein de concerts ! Après, on ne dirait pas non à 2-3 salles mythiques…

P: Un p’tit Olympia… Mais on n’a pas envie d’aller trop vite non plus, on essaye d’évoluer lentement mais sûrement, en essayant d’avoir une base bien solide; déjà au niveau de la musique, au niveau de la scène, et essayer de construire notre « carrière » en commençant par les petits clubs un peut partout en France puis après éventuellement évoluer sur des salles avec plus de capacité et de public. Le tout c’est de trouver le public, d’aller le chercher et de se faire connaître auprès de lui.

Avez-vous un rituel avant vos passages sur scène ?

P: On cherche ! (rires) On a des petits échauffements. C’est juste qu’on est en train de construire et qu’au final on est un groupe quand même assez jeune, même pas 2 ans d’existence, et du coup au fur-et-à mesure des concerts on apprend à se connaître et effectivement il y a des petits rituels qui commencent à se mettre en place comme par exemple des échauffements de voix…

F: On s’envoie des balles imaginaires ! (rires)

B: Comme au théâtre, sauf qu’on a remplacé les balles par des insultes ! (rires)

P: On se redit les choses auxquelles il faut faire attention dans tel morceau, les ambiances, les nuances. On se remémore les moments clés juste avant le concert.

Un événement marquant ?

P: Le concert à l’Ubu à Rennes où on a terminé la soirée et le public était à 200%, c’était vraiment génial, ils sont même montés sur scène, le videur a essayé de les virer mais nous on s’en foutait c’était cool. Là pour coup la réception du public était super avec un très bon retour. C’était vraiment plaisant et ça procure énormément de sensations quand les gens adhèrent à ton truc. T’arrives à les emmener, ils te suivent et même toi ils t’emmènent dans des choses que tu vis pas dans un autre concert.

Vous avez l’impression d’avoir un autre sentiment sur scène ? Quelque chose de nouveau ?

P: C’est à chaque fois différent. C’est sûr que le public ça joue pas mal mais le lieu aussi ! Comme ce soir, on joue sur une péniche qui tangue, on ne sait pas si on va avoir le mal de mer ou pas (rires). C’est des expériences sympas, on fait 400km pour venir ici puis ensuite pour repartir dans la nuit car on a un concert demain, c’est vraiment super.

A la fin de l’interview, les membres du groupe nous ont confié que les claviers, utilisés pour les sons électros, peuvent faire penser aux clavecins, instrument du Moyen-Age, d’où le clin d’œil aux marquises.

Le groupe sera de retour dans la capitale le 24 mai à Bastille.

Vous pourrez retrouver la sélection musicale de la semaine avec Marquees dans nos pages.

Un grand merci pour le moment que le groupe nous a accordé.

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